mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2204017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2022, M. B A, représenté par
Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022, par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour mention "étudiant", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour mention "étudiant", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, dès lors que le préfet n'indique pas précisément en quoi il ne justifie pas d'études sérieuses et que la motivation est stéréotypée ;
- la décision de refus de délivrer un titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors, d'une part, que la faiblesse de ses résultats est à relativiser compte tenu de ses problèmes de santé et de langue et que, d'autre part, ses bulletins ne font pas état de beaucoup d'absences injustifiées ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le préfet aurait dû prendre en compte les circonstances particulières de sa situation ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il vit en France depuis plus de quatre ans, qu'il s'insère progressivement dans la société française et qu'il n'a jamais constitué une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 4 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les observations de Me Basili, assistant M. A, ainsi que celles du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 1er août 2002, déclare être entré en France en janvier 2018, démuni de visa. Le 27 octobre 2022, il a demandé à la préfecture de la Somme à bénéficier d'un titre de séjour mention "étudiant". Par arrêté du 25 novembre 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, d'une part, l'arrêté litigieux mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui le fondent. D'autre part, il rappelle les conditions d'entrée en France du requérant, ainsi que les principaux éléments de son parcours scolaire et de formation et précise sa situation personnelle et familiale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté, qui contient les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, est entaché d'une insuffisance de motivation.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an.
En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A soit entré en France sous couvert d'un visa de long séjour. Dans ces conditions, après avoir relevé cette circonstance, et alors que l'intéressé, qui poursuit depuis 2021 une formation de préparation au certificat d'aptitude professionnelle "cuisine", ne justifie ni de la poursuite d'études supérieures, ni d'ailleurs d'une entrée régulière sur le territoire français, l'autorité administrative, n'a en tout état de cause pas méconnu les dispositions précitées en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant pour ces seuls motifs, sans qu'ait par suite d'incidence le bien-fondé du motif relatif au défaut de caractère sérieux de ses études également relevé aux termes de l'arrêté attaqué.
5. En troisième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa demande de titre a été présentée sur le fondement de l'article L. 422-1 du même code et que l'autorité administrative ne s'est pas prononcée sur le fondement de ces premières dispositions.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
7. Si M. A déclare être entré en France en janvier 2018 où il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance par ordonnance du 8 mars 2018, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui est célibataire et sans enfant, ne démontre pas détenir des attaches personnelles ou familiales particulières sur le territoire français, ni en être dépourvu dans son pays d'origine. En outre, il a précédemment fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 7 octobre 2020 à l'exécution de laquelle il s'est soustrait. Il ressort des pièces du dossier que lors de ses deux premières années de scolarisation en France de 2019 à 2021, il a obtenu des résultats faibles, alors qu'un nombre important d'absences sont demeurées injustifiées. Enfin, si, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'intéressé est inscrit depuis 2021 en formation de préparation au certificat d'aptitude professionnelle "cuisine" et a conclu un contrat d'apprentissage, il ne démontre qu'il ne pourrait poursuivre sa formation dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour étudiant, alors qu'en tout état de cause ce moyen est inopérant à l'encontre de cette décision, et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de la Somme n'a pas porté d'atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu les stipulations précitées.
8. En cinquième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point précédent, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation, ainsi que celles qu'il a présentées à fin d'injonction et celles qu'il a présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Richard, premier conseiller,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026