jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2204026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 novembre 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé son admission au séjour au titre de l'asile et a abrogé son attestation de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile valable pendant l'instruction de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que, compte-tenu des risques qui pèsent sur elle en cas de retour en Grèce, elle souhaite obtenir le renouvellement de son attestation de demandeur d'asile pour pouvoir être présente lors de l'examen de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir que la demande d'asile de Mme A a été estimée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la préfète de l'Oise ne pouvait refuser le titre de séjour sollicité au titre de l'asile au seul motif que le droit au maintien de l'intéressée sur le territoire français avait cessé sans méconnaître le champ d'application de la loi qui réserve à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou à la Cour nationale du droit d'asile, la compétence pour reconnaître ou non le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire qui conditionne la délivrance ou le refus ultérieur d'un tel titre par l'autorité préfectorale.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- et les observations de Me Pereira, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de la République démocratique du Congo, née le 15 mai 1988, déclare être entrée en France le 19 mai 2022. Elle a sollicité l'asile le 21 juin 2022 mais a vu cette demande rejetée pour irrecevabilité par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 août 2022 au motif qu'elle bénéficiait du statut de réfugiée en Grèce. La préfète de l'Oise a, en conséquence, refusé de lui délivrer un titre de séjour pour ce motif par la décision attaquée du 16 novembre 2022, l'a invitée à rejoindre la Grèce et a abrogé son attestation de demandeur d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 513-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité de réfugié est reconnue et le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans les conditions prévues au chapitre I du titre III ou par la Cour nationale du droit d'asile dans les conditions prévues au chapitre II du même titre. () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de résident prévue aux articles
L. 424-1 ou L. 424-3 dans un délai de trois mois à compter de la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. Ce délai n'est pas applicable aux membres de famille visés à l'article L. 561-2. ". Aux termes de l'article R. 424-7 de ce code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 424-9 ou L. 424-11 dans un délai de trois mois à compter de la décision d'octroi de la protection subsidiaire par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. Ce délai n'est pas applicable aux membres de famille visés à l'article L. 561-2. ".
3. Alors que les dispositions précitées de l'article L. 513-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile réservent à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou à la Cour nationale du droit d'asile la compétence pour reconnaître ou non le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire qui conditionne la délivrance ou le refus ultérieur d'un tel titre par l'autorité préfectorale en application des articles R. 424-1 et R. 424-7 du même code, la préfète de l'Oise ne pouvait, sans méconnaitre le champ d'application de la loi, refuser un titre de séjour au titre de l'asile à Mme A au seul motif que son droit à se maintenir sur le territoire français avait cessé, alors qu'un recours avait été présenté devant la Cour nationale du droit d'asile sur la décision d'irrecevabilité prise par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Pour ce motif, la décision refusant un titre de séjour au titre de l'asile à Mme A doit être annulée.
4. En revanche et en second lieu, aux termes de l'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : 1° Lorsque le demandeur bénéficie d'une protection effective au titre de l'asile dans un Etat membre de l'Union européenne () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : / a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a, ainsi qu'il a été dit, pris, au motif que Mme A bénéficie d'une protection internationale en Grèce, une décision d'irrecevabilité de sa demande d'asile. La situation de Mme A entre donc dans le champ d'application du a) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 août 2022 rejetant sa demande d'asile comme irrecevable a été notifiée à Mme A le 6 octobre 2022. Par suite, en application des dispositions citées au point précédent, le droit de se maintenir en France de Mme A avait pris fin et Mme A ne saurait utilement se prévaloir de ce qu'elle souhaite être présente lors de l'examen de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile, alors qu'au demeurant elle n'a pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement, pour contester la légalité de la décision attaquée en tant qu'elle abroge l'attestation de demandeur d'asile dont elle bénéficiait.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 16 novembre 2022 en tant qu'elle lui refuse un titre de séjour au titre de l'asile.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation en tant qu'elles sont dirigées contre la décision abrogeant l'attestation de demandeur d'asile dont disposait
Mme A, n'implique pas qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile valable pendant l'instruction de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile. Les conclusions à fin d'injonction de la requérante doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 novembre 2022 de la préfète de l'Oise est annulée en tant qu'elle refuse à Mme A un titre de séjour au titre de l'asile.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026