lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2204093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MARTIN HAMIDI |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 24 et 31 décembre 2022, et le 1er mai 2024, Mme C, représentée par Me Martin Hamidi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2022 par laquelle l'office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait ;
2°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la motivation de la décision attaquée est erronée, dès lors qu'elle a omis de prendre en compte son état de santé faisant obstacle à ce qu'elle se présente aux autorités chargées de l'asile;
-l a décision attaquée méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 13§2 de la directive 2003/9/CE du 27 janvier 2003 ;
- la décision attaquée est entachée d'illégalité, dès lors qu'elle n'a pas tenu compte de sa situation particulière de vulnérabilité ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, dès lors qu'elle s'apparente à un traitement dégradant ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'elle place ses enfants dans une situation d'extrême précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 30 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 mai 2024, à 12 heures.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfants ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Le Gars, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante de la République démocratique du Congo, a sollicité le bénéfice de l'asile le 12 mai 2022 et a, le même jour, accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'office français de l'immigration et de l'intégration pour elle-même et ses deux enfants. Par une décision du 25 octobre 2022, dont l'intéressée demande l'annulation, l'office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait au motif qu'elle ne s'était pas présentée aux autorités chargées de l'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ".
3. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B au visa des dispositions précitées des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter au bureau de l'asile de la préfecture du Nord le 14 septembre 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui vivait seule avec ses deux enfants âgés de huit ans et quatre ans et était enceinte de cinq mois à la date de la décision attaquée, avait prévenu le 13 septembre 2022 les services préfectoraux que son état de santé, au demeurant justifié par un certificat médical, même établi à une date ultérieure, faisait obstacle à sa présence à l'entretien prévu le lendemain. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, alors qu'elle établit que son état de santé l'a empêchée d'honorer sa convocation, la requérante est fondée à soutenir que le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne pouvait lui opposer le motif tiré de son défaut de présentation aux autorités chargées de l'asile pour mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 25 octobre 2022 par laquelle le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement que l'office français de l'immigration et de l'intégration réexamine la situation de Mme B. Il y a lieu d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir, à ce stade, cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme B sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 octobre 2022 par laquelle le directeur territorial de l'office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont Mme B bénéficiait est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à l'office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Hamidi.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026