LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300201

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300201

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300201
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSORRIAUX JONATHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 21 janvier 2023 et le 23 février 2023, Mme B E épouse D, agissant au nom de M. C E en vertu d'un jugement d'habilitation familiale et représenté par Me Sorriaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. E, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise, sous astreinte de 150 jours de retard à l'expiration du délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer le certificat de résidence sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnaît les dispositions du point 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien dès lors que son frère ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Algérie ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 14 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme F a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E, ressortissant algérien né le 12 juin 1985, déclare être entré en France le 6 avril 2015 démuni de tout visa régulièrement délivré. Par un arrêté du 21 octobre 2022, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de séjour portant la mention " vie privée et familiale " du fait de son état de santé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution de cette mesure d'éloignement. Par sa requête, Mme B E épouse D, agissant pour le compte de M. E, son frère, en vertu d'un jugement d'habilitation familiale générale, demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Pour refuser à l'intéressé la délivrance d'un certificat de résidence à M. E, la préfète de l'Oise, s'étant approprié les motifs de l'avis rendu le par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), a estimé, d'une part, que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences du exceptionnelle gravité, il existe dans son pays d'origine un traitement approprié à ses pathologies et d'autre part, qu'il n'est pas justifié en quoi le requérant ne pourrait pas effectivement bénéficier d'un tel traitement en Algérie du fait, notamment, de circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle.

3. Il est constant qu'au mois de novembre 2020, M. E a été victime d'une importante chute de laquelle a résulté un traumatisme cranio-encéphalique grave ainsi qu'un coma prolongé, ayant nécessité deux interventions chirurgicales, dont une cranioplastie, en janvier 2021. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé présente, depuis cet accident, d'une hémiplégie droite spastique prédominante au niveau du membre supérieur droit, des troubles phasiques sévères touchant ses fonctions expressives de compréhension ainsi qu'une épilepsie secondaire. En outre, les divers documents médicaux produits au dossier font apparaître que l'état de santé du requérant, lequel souffre d'une altération définitive en voie d'aggravation lente de ses facultés mentales et physiques, requiert une prise en charge à vie sur le plan neurologique par l'intermédiaire de traitements antalgique, antidépresseur et anti-épileptique à fortes doses ainsi que qu'un suivi kinésithérapique et orthophoniques régulier.

4. D'autre part, les difficultés rencontrées par M. E ayant des conséquences majeures sur son autonomie individuelle et nécessitant une aide et une surveillance constante dans sa vie quotidienne ont été évaluées par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Oise à hauteur d'un taux d'incapacité supérieure ou égal à 80%. A cet égard, il ressort également des pièces du dossier que M. E est pris en charge par sa sœur, ressortissante algérienne résidant en France sous couvert d'un certificat de résidence valable jusqu'en 2029, laquelle l'héberge et bénéficie, en raison des liens étroits et stables qu'ils entretiennent et d'une pratique antérieure, d'une habilitation familiale générale pour le représenter pendant 120 mois, délivrée par une décision du juge des tutelles rendue le 14 février 2022. Par ailleurs, si les parents de M. E résident toujours en Algérie, la requérante fait valoir, sans être contestée, qu'étant âgés de 73 et 68 ans, ceux-ci ne sont pas en mesure de subvenir aux besoins quotidiens de son frère. Dès lors, et alors que le suivi et la prise en charge sur le plan médical et paramédical de M. E sont rendus possibles par l'accompagnement et le soutien apportés par sa sœur désignée en qualité d'aidante familiale et de représentante légale, la préfète de l'Oise a, dans les circonstances particulières de l'espèce, entaché sa décision portant refus d'admission au séjour d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé en ne délivrant pas à titre gracieux le titre de séjour sollicité.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 21 octobre 2022 portant refus de délivrance d'un certificat de résidence doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, celles portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

6. Compte tenu de son motif, l'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement qu'il soit délivré le certificat de séjour sollicité par M. E. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 21 octobre 2022 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " à M. E dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse D pour M. C E et à la préfète de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt, conseillère,

- M. A, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

La rapporteure,

signé

P. FLe président,

signé

C. BINAND

Le greffier,

signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

5

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions