jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 janvier 2023 et 22 mars 2023, M. B A, représenté par le cabinet SAS Itra Consulting, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a invité à quitter le territoire français dans un délai de deux mois ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " et, à titre subsidiaire, de lui enjoindre de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de
2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa durée de présence en France ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'invitation à quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'invitation à quitter le territoire français ne fait pas grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fumagalli, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérian né le 22 mai 1979, est entré sur le territoire français le 18 avril 2018 selon ses déclarations. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 16 décembre 2022, la préfète de l'Oise a refusé de faire droit à sa demande et l'a invité à quitter le territoire français dans un délai de deux mois. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Lorsque le refus de titre de séjour ou le retrait de titre de séjour opposé à la demande d'un étranger s'accompagne d'une invitation à quitter le territoire français, cette invitation, qui est la conséquence nécessaire de la décision de refus ou de retrait de titre ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas, dès lors, une décision susceptible de recours. Par suite, et ainsi que le fait valoir la préfète de l'Oise en défense, les conclusions de M. A dirigées contre l'invitation à quitter le territoire français sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise n'aurait pas procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant avant d'édicter l'arrêté litigieux. Ce moyen doit, par conséquent, être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 () ".
6. La préfète de l'Oise a refusé de faire droit à la demande de M. A au motif qu'il était entré sur le territoire français le 17 avril 2018 et qu'il avait déposé sa demande de délivrance le 21 décembre 2021, soit au-delà de la période de trois mois suivant son entrée en France. Il ressort des pièces du dossier que M. A est titulaire d'une carte de résident italienne de longue durée délivrée le 22 juillet 2020. Après avoir déposé une première demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant a fait l'objet d'une décision du 20 septembre 2021 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté sa demande et l'a invité à quitter le territoire français dans un délai d'un mois. A l'appui de sa requête, M. A soutient avoir exécuté cette invitation en rejoignant Pise (Italie) le 16 octobre 2021, puis être entré en dernier lieu à Paris le 18 octobre 2021 et avoir formulé sa demande de titre de séjour le 21 décembre 2021, soit avant l'expiration du délai de trois mois qu'il y aurait lieu de computer depuis son dernier retour en France. Toutefois, dans le cadre de son dossier de titre de séjour, il est constant que le requérant a déclaré être entré en France le 17 avril 2018. Au vu des pièces versées à l'instance, notamment une attestation établie par un tiers indiquant héberger à titre gratuit M. A depuis 2018, ainsi que des bulletins de paie au titre des mois de janvier, février et mars 2019, et en l'absence de toute pièce relative à son séjour en Italie depuis le 17 avril 2018, l'intéressé doit être regardé comme s'étant installé sur le territoire français à compter de cette date. Dans ces conditions, compte tenu de son séjour en France et de l'extrême brièveté de son dernier séjour en Italie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que sa deuxième demande de titre de séjour aurait été présentée avant l'expiration du délai de trois mois suivant son entrée en France. Par suite, la préfète de l'Oise n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent.
7. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la préfète de l'Oise lui aurait illégalement opposé l'absence de production de visa long séjour, dès lors que la décision attaquée n'est pas fondée sur un tel motif. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A se prévaut notamment de sa présence en France depuis 2018, où il aurait, selon ses dires, établi le centre de ses intérêts vitaux. Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. A est célibataire, père d'un enfant vivant dans son pays d'origine et qu'il n'a pas d'attaches familiales en France. Dans ces conditions, compte tenu des conditions du séjour en France de l'intéressé, la décision litigieuse n'a pas porté au son droit au respect de la vie privée et familiale de M. A, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Lebdiri, président,
- M. Richard, premier conseiller,
- M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
Le président,
signé
S. Lebdiri
Le rapporteur,
signé
E. Fumagalli
La greffière,
signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2300235
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026