jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCALBERT |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 25 janvier 2023 sous le n° 2300250, Mme D E épouse B, représentée par Me Scalbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord-franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la préfète de l'Oise aurait dû user de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation au regard notamment des critères de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 2 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de procéder à une substitution de base légale entre l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lequel l'arrêté attaqué est fondé, et le pouvoir général de régularisation de la préfète.
II- Par une requête enregistrée le 25 janvier 2023 sous le n° 2300251, M. C B, représenté par Me Scalbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 décembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord-franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la préfète de l'Oise aurait dû user de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation au regard notamment des critères de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 2 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de procéder à une substitution de base légale entre l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lequel l'arrêté attaqué est fondé, et le pouvoir général de régularisation de la préfète.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bazin, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et Mme E épouse B, ressortissants algériens, sont nés respectivement les 8 juillet 1977 et 18 septembre 1984. Selon leurs déclarations, ils sont entrés en France le 26 août 2016 munis de visas C délivrés par les autorités consulaires espagnoles valables du 5 août 2016 au 3 septembre 2016, accompagnés de leur premier enfant mineur. Le 10 novembre 2021, ils ont sollicité un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 26 décembre 2022, dont M. B et Mme E épouse B demandent l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de leur reconduite à la frontière.
2. Les requêtes n°s 2300250 et 2300251 concernent la situation d'un couple, présentent à juger des mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
3. Par un arrêté du 5 août 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 8 de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. F A, sous-préfet hors classe, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer en toutes matières, tous actes, arrêtés, correspondances, décisions, requêtes et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des étrangers. Dès lors, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doivent être écartés comme manquant en fait.
Sur la légalité des décisions portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, les arrêtés attaqués mentionnent les textes dont ils font application, notamment les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils précisent les éléments pertinents relatifs aux conditions d'entrée et de séjour en France de M. B et de Mme E épouse B, ainsi qu'à leur situation personnelle et familiale. Ils font notamment état de leur mariage en Algérie le 8 septembre 2009, de leurs deux enfants nés en 2011 et 2021, et de ce qu'ils font valoir la présence en France de certains membres de leur famille, mais conservent des attaches familiales en Algérie. Les arrêtés en concluent qu'ils ne justifient pas de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser leur séjour porterait une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale et que leur admission au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires ou ne se justifie pas au regard de motifs exceptionnels. Les décisions attaquées, qui ne sont pas rédigées de façon stéréotypées et ne sont pas tenues d'énumérer l'ensemble des éléments du dossier, comportent ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doivent être écartés, ainsi que, pour les mêmes motifs, les moyens tirés du défaut d'examen de leur situation personnelle.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
6. M. B et Mme E épouse B font valoir qu'ils sont présents sur le territoire français depuis plus de six ans, que leur fille aînée est scolarisée en France depuis plus de six ans, que leur second enfant est né en France en 2021, que Mme E épouse B exerce une activité professionnelle depuis mars 2018 et qu'ils possèdent des attaches familiales en France à savoir les parents, le frère, la belle-sœur et les neveux de M. B. Toutefois, les requérants n'établissent pas que leur présence auprès des membres de leur famille présents en France est indispensable. Ils ne font état d'aucune circonstance qui ferait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays dont les requérants ont la nationalité, où ils se sont mariés, où ils ont eu leur premier enfant, dans lequel ils ont résidé respectivement jusqu'à l'âge au moins de trente-neuf et trente-et-un ans et où il n'est pas contesté qu'ils disposent d'attaches familiales. Dans ces conditions, les requérants, qui se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire français depuis le 3 septembre 2016, ne sont pas fondés à soutenir que la préfète de l'Oise a méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils ne sont pas davantage fondés à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation personnelle et familiale.
7. En troisième lieu, l'accord du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète et exclusive les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de la validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. Il s'ensuit que pour rejeter les demandes de titre de séjour présentées par M. B et Mme E épouse B, la préfète de l'Oise ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord du 27 décembre 1968. Il y a lieu, dès lors, de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir dont dispose l'autorité administrative de régulariser ou non la situation d'un étranger, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver les intéressés d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans sa mise en œuvre et que les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur ce point. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En dernier lieu, d'une part, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ces dernières sont, dépourvues de caractère réglementaire et ne comportent aucune ligne directrice opposable à l'administration. D'autre part, pour les mêmes raisons que celles qui ont été exposées au point 6, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer un titre de séjour sur le fondement de son pouvoir de régularisation, l'autorité administrative aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire :
9. En premier lieu, aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions portant refus de titre de séjour n'est fondé. Par suite, les moyens tirés de l'illégalité de ces décisions, soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
11. Les requérants font valoir que leur fille aînée née le 25 août 2011 est scolarisée en France depuis 2016, qu'elle a quitté l'Algérie à l'âge de cinq ans et que ses attaches se situent en France. Toutefois, les requérants, qui n'établissent pas la nécessité de leur présence auprès des membres de leur famille présents en France, ne font valoir aucun obstacle empêchant de reconstituer la cellule familiale dans leur pays d'origine, et ne démontrent, ni n'allèguent que leur fille aînée, âgée de onze ans, ne serait pas en mesure d'y poursuivre une scolarité normale. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 11, les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle et familiale des requérants.
Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, les arrêtés attaqués mentionnent l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont ils font application. Ils mentionnent que les intéressés se réclament de nationalité algérienne, qu'ils ne sont pas demandeurs d'asile et qu'ils ne justifient pas de motifs sérieux et avérés de croire que leur vie ou leur liberté serait menacée dans leur pays ou qu'ils seraient exposés à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, la préfète de l'Oise a suffisamment motivé ses décisions fixant le pays de destination.
14. En deuxième lieu, les moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas fondés. Par suite, les moyens tirés de l'illégalité de ces décisions, soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions fixant le pays de destination, doivent être écartés.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 11, les décisions fixant l'Algérie comme pays de destination de reconduite à la frontière de M. B et Mme E épouse B ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 26 décembre 2022 présentées par M. B et Mme E épouse B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2300250 de Mme E épouse B et n° 2300251 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E épouse B, à M. C B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
signé
L. Bazin
La présidente,
signé
C. GalleLe greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 2300250 et 2300251
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026