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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300349

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300349

mercredi 8 février 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300349
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMEGHERBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2023, Mme A B, représentée par Me Megherbi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de l'Aisne, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de lui fixer un rendez-vous dans un délai de 48 heures afin de déposer une demande de certificat de résidence portant la mention " salariée " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est constituée dès lors que le préfet de l'Aisne a commis une erreur sur son adresse et qu'elle se trouve dans une situation de précarité et d'insécurité juridique du fait de l'absence de titre de séjour ;

- la condition de l'utilité est remplie dès lors qu'elle a accompli toutes les démarches en vue de pouvoir déposer une demande de titre de séjour et que, contrairement à ce que le préfet a estimé, elle remplit la condition de résidence dans le département de l'Aisne ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Mme B, de nationalité algérienne, demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui fixer un rendez-vous afin de déposer une demande de certificat de résidence portant la mention " salariée ". Il résulte toutefois de l'instruction que, par une décision du 18 octobre 2022, le préfet de l'Aisne a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme B au motif que sa résidence dans le département n'était pas établie. Ainsi, la mesure sollicitée par Mme B a pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision de refus. La requérante ne démontre pas, par ailleurs, que l'absence de rendez-vous aurait pour conséquence un péril grave qu'il serait nécessaire de prévenir. Par suite, la requête de Mme B, présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est irrecevable et ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Amiens, le 8 février 2023.

La juge des référés,

Signé :

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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