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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300629

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300629

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300629
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 février, 28 août et 10 novembre 2023, la SCI Uka, Mme G C et Mme E D, représentés par Me Martin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Cires-lès-Mello a délivré à la SCCV Les Romarins un permis de construire 30 logements collectifs sur une parcelle cadastrée section AC n°425 située rue de la Station à Cires-lès-Mello, ensemble les décisions des 27 décembre 2022 rejetant leurs recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Cires-lès-Mello une somme de 5 000 euros chacun sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles ont intérêt à agir contre le permis de construire délivré à la SCCV les Romarins, les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien étant directement affectées par la construction en cause ;

- leur requête est recevable pour avoir été enregistrée dans le délai de recours contentieux ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée ;

- le dossier de demande de permis de construire était incomplet dès lors qu'en méconnaissance du b du 2°) de l'article R. 431-8 et du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, la notice du projet architectural et les documents graphiques de ce dossier ne permettent pas de visualiser le projet par rapport aux constructions avoisinantes, que les informations demandées par l'architecte des bâtiments de France dans son avis du 1er septembre 2022 ne leur ont pas été transmises ni celles demandées par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Oise dans son avis du 23 juin 2022 favorable sous condition de production d'un dossier technique concernant l'aire de retournement de la voie en impasse ;

- la convention de rétrocession de la voie nouvelle est irrégulière du fait de l'absence au dossier de la délibération du conseil municipal autorisant le maire à la signer et du défaut de date apposée sur ladite convention ;

- compte tenu de l'irrégularité de la convention de rétrocession, il n'est pas possible de vérifier que les accès au projet sont suffisants ;

- le permis de construire attaqué méconnaît l'article UA6 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors que le projet ne respecte pas, s'agissant de la voie nouvelle, la règle de construction soit à l'alignement, soit, en cas de retrait, une implantation à 5 mètres minimum de l'alignement, que le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucune indication quant à l'aspect et à la hauteur du mur situé à l'alignement de la rue de la Station et que les bâtiments A et B sont implantés au-delà de la bande de constructibilité de 40 mètres comptés à partir de cet alignement ;

- le mur situé à l'alignement de la rue de la Station est d'une hauteur supérieure à celle autorisée par l'article UA11 du règlement du PLU ;

- le permis de construire a été délivré en violation de l'article UA7 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors que les bâtiments A et B ne s'implantent pas en limites séparatives et la demande de permis de construire modificatif ne régularise pas ce vice ;

- le permis de construire attaqué méconnaît l'article UA10 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucune cote altimétrique permettant d'apprécier si la hauteur des constructions respectent la règle de hauteur maximale au faîtage énoncée par l'article UA10 ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de l'atteinte portée par le projet au caractère des lieux avoisinants ;

- le permis de construire a été délivré en violation de l'article UA12 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors, d'une part, que le projet comportant 30 logements et seulement 27 places de stationnement nécessitait en application de ces dispositions 60 places de stationnement et, d'autre part, que si le projet est situé à moins de 500 mètres d'une gare, il ne ressort pas de la demande de permis de construire que les logements étaient au nombre de ceux énumérés par l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme pour lesquels les dispositions de l'article

L. 151-35 du même code prévoient que ne peut être exigée la réalisation de plus de 0,5 aire de stationnement par logement.

Par des mémoires, enregistrés les 8 juin, 24 octobre et 19 décembre 2023, la SCCV Les Romarins, représentée par Me Vital-Durand, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit solidairement mise à la charge des requérantes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérantes ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA11 s'agissant de la hauteur du mur s'implantant à l'alignement de la rue de la Station est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;

- les autres moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés les 24 juillet, 24 octobre et 28 novembre 2023, la commune de Cires-lès-Mello, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérantes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérantes ;

- les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 16 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 mars 2024 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lapaquette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,

- les observations de Me Kogeorgos, représentant la SCI Uka, Mme C et

Mme D,

- les observations de Me Alibay, représentant la commune de Cires-lès-Mello ;

- et les observations de Me Vital-Durand, représentant la SCCV Les Romarins.

Une note en délibéré, présentée par la SCI Uka, Mme C et Mme D, a été enregistrée le 13 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. La SCCV Les Romarins a déposé le 7 juin 2022 une demande de permis de construire, complétée le 13 juin suivant, portant sur la réalisation de 30 logements collectifs sur une parcelle cadastrée section AC n°425 située rue de la Station à Cires-lès-Mello (Oise). Par un arrêté du 27 septembre 2022, le maire de Cires-lès-Mello a délivré à la SCCV Les Romarins le permis de construire demandé, puis, par décisions du 27 décembre 2022, a rejeté les recours gracieux présentés à l'encontre de cet arrêté. Par un arrêté du 8 décembre 2023, le maire a délivré à la SCCV Les Romarins un permis de construire modificatif portant sur la modification des aménagements extérieurs, des façades, le déplacement des bâtiments A et B et la modification de la convention de rétrocession de la voie nouvelle. La SCI Uka, Mme G C et Mme E D demandent au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2022 portant délivrance du permis de construire initial, ensemble les décisions des 27 décembre 2022 rejetant leurs recours gracieux.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal ". L'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. "

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 7 juillet 2020 affiché en mairie le jour même jusqu'au 7 août 2020, ainsi qu'en atteste le certificat du 5 avril 2022, le maire de Cires-lès-Mello a délégué au signataire de l'arrêté attaqué, M. B F, premier adjoint au maire, l'exercice de ses fonctions en matière d'urbanisme. Il ressort, en outre, des mentions de cet arrêté que celui-ci a été transmis à la préfecture de l'Oise le 10 juillet 2020. Par suite, dès lors que M. F bénéficiait d'une délégation de fonction en vigueur et exécutoire à la date de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du

projet : / () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / () "

5. D'une part, lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale.

6. D'autre part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. Il ressort des mentions de la notice du projet architectural du permis de construire modificatif que la parcelle d'assiette du projet se trouve au centre de la commune de Cires-lès-Mello, que le bâti environnant est composé de maisons individuelles en R+1+combles et que le projet se trouve dans le périmètre de l'Eglise Saint-Martin classée monument historique et située à plus de 400 mètres du projet, sans qu'il y ait toutefois de covisibilité avec ce dernier. Ces mentions sont complétées par des documents graphiques d'insertion et des photographies respectivement prises depuis la rue des Saules et la rue de la Station faisant apparaître que le projet s'insère dans un secteur comportant, d'une part, dans son environnement proche, une maison de maître sur la parcelle voisine du terrain d'assiette des constructions envisagées et des maisons individuelles en R+1+combles de facture plus contemporaine et, d'autre part, dans son environnement lointain, des bâtiments présentant les mêmes caractéristiques que ces dernières. Par suite, le service instructeur disposait de suffisamment d'éléments pour apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit, par conséquent, être écarté.

8. En troisième lieu, si les requérantes soutiennent que les informations demandées par l'architecte des bâtiments de France aux termes de son avis du 1er septembre 2022 ne lui ont pas été transmises, il n'est pas démontré que cette circonstance ait pu avoir une incidence sur le sens de cet avis ni, par suite, sur celui de la décision de l'autorité administrative, qui n'était au demeurant pas liée par le premier, faute de covisibilité entre l'Eglise Saint-Martin et le projet.

9. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'avis du 23 juin 2022 du SDIS de l'Oise que celui-ci est favorable au projet sans aucune réserve, contrairement à ce que soutiennent les requérantes. Si, d'une part, cet avis mentionne la nécessité de prévoir une aire de retournement sur la voie en impasse afin de faciliter les manœuvres des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie, il ressort toutefois du plan de masse PC2.1 du permis de construire initial qu'une telle aire, dont les dimensions sont d'ailleurs précisées, est prévue. D'autre part, si la remise d'un dossier technique concernant cet ouvrage est en outre exigée par le SDIS, la production d'un tel document n'est cependant requise qu'après l'achèvement des travaux et non préalablement à l'exécution de ceux-ci, de sorte que cette circonstance n'a pas d'incidence sur la légalité du permis de construire attaqué.

10. En cinquième lieu, si les requérantes soutiennent que la convention de rétrocession de la voie nouvelle est irrégulière du fait de l'absence au dossier de la délibération du conseil municipal autorisant le maire à la signer et du défaut de date apposée sur ladite convention, il ressort toutefois du dossier de demande de permis de construire modificatif que celui-ci régularise en tout état de cause, par la production de cette convention dûment datée et signée, l'éventuel vice qui aurait pu affecter sur ce point le permis de construire initial. Si la délibération du conseil municipal autorisant le maire à signer cette convention n'a pas été produite, le service instructeur communal disposait nécessairement de celle-ci, de telle sorte que son appréciation de la conformité du projet à la réglementation applicable n'a pu s'en trouver faussée.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article UA6 "Implantation par rapport aux voies et emprises publiques" du règlement écrit du plan local d'urbanisme de Cires-lès-Mello : " () 146A6 Les constructions doivent être implantées : / - soit à l'alignement, / - soit avec un retrait d'au moins 5 m par rapport à l'alignement. / () 150A6 Aucune construction à usage d'habitation ne peut être implantée au-delà d'une bande de 40 m de profondeur comptée à partir de l'emprise de la voie publique (existante ou future) qui dessert la construction projetée. ".

12. D'une part, il ressort des dossiers de demande de permis de construire tant initial que modificatif que la voie nouvelle pour la réalisation de laquelle les autorisations d'urbanisme correspondantes ont été délivrées, aura de manière suffisamment certaine et en exécution de la convention de rétrocession de celle-ci à la commune de Cires-lès-Mello évoquée au point 10, le caractère d'une voie publique, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance qu'aucun des permis de construire ne comporte de prescription sur ce point. Il s'ensuit que les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que l'autorité administrative ne pouvait prendre en considération cette voie nouvelle pour apprécier la régularité de l'implantation des constructions envisagées au regard de la limite d'alignement.

13. D'autre, part, le vice entachant le permis de construire initial tenant à ce que le bâtiment A serait situé à moins de 5 m de l'alignement de l'aire de retournement attenante à cette voie a été régularisé par le permis de construire modificatif, ainsi qu'il ressort du plan de masse de ce dernier localisant ce bâtiment à 5,58 m comptés à partir de l'alignement précité.

14. Enfin, il ressort des pièces des dossiers des permis de construire initial et modificatif, notamment des plans de masse, que les constructions projetées se trouveront à l'angle de la future voie publique et de la rue de la Station, de telle sorte qu'en l'absence de règle spéciale contenue dans le PLU, la bande d'une profondeur de 40 mètres prévue par les dispositions de l'article UA6 peut être déterminée à partir de l'alignement de l'une ou l'autre voie. Or, il ressort de ces mêmes pièces que les trois bâtiments projetés s'implanteront au sein de la bande de 40 mètres comptée depuis l'emprise de la rue de la Station.

15. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article UA6 citées au point 11 doivent, sur tous ces points, être écartés.

16. En septième lieu, aux termes du même article UA6 du règlement du PLU : " Dans tous les cas où la construction est implantée en retrait / Lorsque la construction () à édifier, n'est pas implantée à l'alignement, ou lorsque la construction projetée n'occupe pas la totalité de la façade du terrain concernée par l'alignement, une continuité visuelle devra être conservée par l'édification en façade d'une clôture minérale dont les caractéristiques sont développées à l'article UA11. "

17. D'une part, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, notamment de la notice du projet architectural, que, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, si le bâtiment C n'est pas destiné à être implanté à l'alignement de la rue de la Station, la continuité visuelle avec les propriétés voisines sera assurée par la conservation du mur de clôture existant, situé à l'alignement, qui sera restauré par le remplacement de ses parties en ciment par du mortier de chaux et de sable. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA6 citées au point précédent doit, par suite, être écarté.

18. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. "

19. Il ressort des pièces du dossier que le premier mémoire en défense produit par la société pétitionnaire a été enregistré le 8 juin 2023 et que les autres parties, dont les requérantes, en ont pris connaissance le 12 juin suivant. Par suite, le moyen tiré de ce que le mur situé à l'alignement de la rue de la Station serait, en méconnaissance des dispositions de l'article UA6 citées au point 16 d'une hauteur supérieure à celle prescrite par l'article UA11 s'agissant des clôtures sur rue, qui a été soulevé pour la première fois dans le mémoire complémentaire des requérantes enregistré le 28 août 2023, doit, comme il est soutenu en défense, être écarté comme irrecevable.

20. En huitième lieu, aux termes de l'article UA7 du règlement écrit du PLU : " 2A7a Les constructions doivent être contigües à une limite séparative au minimum. "

21. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse du dossier du permis de construire modificatif, que le bâtiment C est contigu à la limite séparative. Il ressort par ailleurs de la confrontation du plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif avec les plans des façades des bâtiments A et B que si ces derniers ne sont certes pas implantés en limite séparative, ils sont prolongés par des terrasses en saillie de 25 centimètres par rapport au niveau du terrain naturel respectant la règle de contiguité des constructions à de telles limites. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA7 du règlement du PLU doit, par suite, être écarté.

22. En neuvième lieu, aux termes de l'article UA10 "Hauteur maximale des constructions" du règlement écrit du PLU : " 28A10a Définition de la hauteur au faîtage : / La hauteur au faîtage des constructions est mesurée à partir du sol naturel (avant travaux) jusqu'au sommet du bâtiment. () / Lorsque l'implantation de la construction projetée se fait sur un terrain en pente, la hauteur est mesurée au point médian pris au niveau du terrain naturel bordant le bâti. / 29a10 La hauteur maximale de toute construction est limitée à 12 m au faîtage, soit R+1+C aménageables pour les habitations. () "

23. Il ressort des pièces du dossier que si le mode de calcul de la hauteur au faîtage des trois bâtiments ne figurait pas au dossier du permis de construire initial, la notice du projet architectural du permis de construire modificatif a intégré la méthode de calcul retenue, laquelle est conforme aux dispositions du paragraphe 28A10a de l'article UA10 citées au point précédent. Il en résulte que le point médian pris au niveau du terrain naturel en pente bordant les bâtiments A, B et C s'établit à 36, 15 m A. Dès lors qu'il ressort du plan de masse du permis de construire modificatif que les hauteurs au faîtage des trois bâtiments correspondent à une cote altimétrique de 48,15 m A, la hauteur maximale de 12 mètres au faîtage fixée par l'article UA10 du règlement du PLU est ainsi respectée.

24. En dixième lieu, aux termes de l'article UA11 " Aspect extérieur " du règlement écrit du PLU : " 36B11 GENERALITES / Les dispositions de l'article R. 111-21 du code de l'urbanisme restent applicables. / 36B11d ASPECT / 44B11 Toute architecture étrangère à la région est interdite. / 45B11b L'ensemble des bâtiments doit présenter un aspect soigné () ". Selon l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, reprenant les dispositions anciennement codifiées à son article R. 111-21, auquel renvoient ces dispositions du plan local d'urbanisme de la commune : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

25. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies et documents graphiques corroborés par les photographies produites par les parties, qu'hormis la présence d'une maison de maître à proximité immédiate de la parcelle d'assiette du projet ainsi que de l'Eglise Saint-Martin, monument historique se trouvant à 400 mètres du projet, le site dans lequel sont destinées à s'implanter les constructions projetées se compose de pavillons récents de type "R+1+ combles" de couleurs blanc cassé ou orangée avec des toitures à deux pans couvertes de tuiles de couleur flamme ou ardoises et ne présente, par suite, pas d'intérêt particulier. En tout état de cause, à supposer même que tel soit le cas, il ressort des pièces du dossier que les constructions envisagées, également de type "R+1+combles", seront revêtues en rez-de-chaussée d'un enduit taloché à faux joints teinte pierre naturelle et au niveau des étages supérieurs d'un enduit blanc perle taloché. Elles seront couvertes de toitures à deux pans inclinés à 45° en ardoises, comportant des lucarnes de couleur gris anthracite et, en façades, des fenêtres en polychlorure de vinyle blanc cassé fermées en rez-de-chaussée par des persiennes en bois de couleur vert clair et aux niveaux supérieurs par des volets roulants en polychlorure de vinyle avec coffrets intérieurs. Il ressort également des pièces du dossier que les espaces restés libres de constructions seront largement végétalisés. Dès lors, en dépit du caractère relativement massif des constructions envisagées, le maire de la commune, en admettant même établis le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, n'a pas méconnu les dispositions précitées du plan local d'urbanisme, ni, à plus forte raison, commis d'erreur manifeste dans l'application de celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, en considérant que les constructions projetées n'étaient pas de nature à leur porter atteinte.

26. En onzième lieu, d'une part, aux termes de l'article UA 12 " Stationnement des véhicules " du règlement écrit du PLU : " 71B12 Le stationnement des véhicules correspond aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques. / 72B12 En particulier, il est exigé au minimum : 73B12 - pour les constructions à usage d'habitation, .1 place de stationnement par tranche de 60 m² de plancher de construction avec au minimum 2 places par logement. () "

27. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme : " " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; () " Aux termes de l'article L. 151-35 du même code : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. / Toutefois, lorsque les logements mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34 sont situés à moins de cinq cents mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre et que la qualité de la desserte le permet, il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé la réalisation de plus de 0,5 aire de stationnement par logement. () "

28. Il est constant que le projet est situé à moins de 500 mètres de la gare de Cires-lès-Mello. Il ressort en outre du formulaire de demande du permis de construire que les logements projetés seront locatifs et financés avec des prêts aidés par l'Etat, de telle sorte qu'en application de l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme, il ne pouvait pas être exigé plus de 0,5 aire de stationnement par logement. Il en résulte qu'en prévoyant 27 places de stationnement, ainsi qu'il ressort de la notice du permis de construire modificatif, le projet est conforme à l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UA12 du règlement du PLU, dont il y a lieu d'écarter l'application, doit, par suite, être écarté comme inopérant.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les requérantes ne sont pas fondées à demander l'annulation du permis de construire délivré le 27 septembre 2022 à la SCCV Les Romarins par le maire de Cires-lès-Mello, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir que les défendeurs opposent à ces conclusions, ensemble les décisions des 27 décembre 2022 rejetant leurs recours gracieux.

30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cires-lès-Mello, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la SCI Uka, Mme C et Mme D au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérantes les sommes demandées par la SCCV Les Romarins et la commune de Cires-lès-Mello au même titre.

31.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Uka, Mme C et de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Cires-lès-Mello et de la SCCV Les Romarins présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Uka, à Mme G C, à Mme E D, à la commune de Cires-lès-Mello et à la SCCV Les Romarins.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- M. Lapaquette, premier conseiller,

- M. Harang, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

A. Lapaquette Le président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300629

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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