vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP HOUDART ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mars 2023, M. D C, représenté par
Me Begou, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 22 août 2022 par le centre hospitalier de Beauvais et de le décharger de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge par ce titre ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Beauvais de lui restituer les sommes versées ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Beauvais la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception contesté ne comporte pas les nom, prénom et qualité de son signataire dont la compétence n'est pas établie ;
- il n'indique pas ses bases de liquidation ;
- il ne pouvait être considéré en absence injustifiée alors qu'il était inapte à son poste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le centre hospitalier de Beauvais, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de
1 500 euros soit mise à la charge de M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête a perdu son objet alors que M. C a versé les sommes en cause ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;
- le titre de perception litigieux pouvait également être fondé sur l'épuisement des droits de M. C à percevoir un traitement en application de l'article 12 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière.
La requête et les pièces présentées dans le cadre de la présente instance ont été communiquées à la trésorerie de Clermont qui n'a pas présenté d'observations.
Par ordonnance du 20 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- les conclusions de M. Menet, rapporteur public,
- et les observations de Me Chenaoui, représentant le centre hospitalier de Beauvais.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui avait été recruté par le centre hospitalier de Beauvais en tant que brancardier par contrat conclu le 25 mars 2019, a été victime d'un accident reconnu imputable au service le 4 juin 2020. Il a été licencié pour inaptitude le 13 juillet 2022. Par un titre de perception du 22 août 2022, le centre hospitalier de Beauvais lui a demandé de rembourser les traitements perçus du 14 mai au 12 juillet 2022. Par la présente requête, M. C conteste ce titre de perception.
Sur le bien-fondé de la créance :
2. L'article 2 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière prévoit que les agents contractuels des centres hospitaliers sont, dans tous les cas, sauf dispositions contraires, affiliés aux caisses primaires d'assurance maladie pour les risques maladies professionnelles et que les prestations en espèces versées par les caisses de sécurité sociale en matière de maladies professionnelles sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par l'établissement durant les congés. Aux termes de l'article 12 du même décret : " L'agent contractuel en activité bénéficie en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle d'un congé pendant toute la période d'incapacité de travail jusqu'à la guérison complète, la consolidation de la blessure ou le décès. L'intéressé a droit au versement de son plein traitement dans les limites suivantes : 1° Pendant un mois dès son entrée en fonctions ; 2° Pendant deux mois après un an de services ; 3° Pendant trois mois après trois ans de services. ".
3. Il résulte de ces dispositions que M. C, employé en qualité de brancardier depuis le 25 mars 2019, avait droit, à la suite de son accident de service du 4 juin 2020, au versement de son plein traitement pendant deux mois, puis de percevoir au-delà de cette période des indemnités journalières au titre de son affiliation à la caisse primaire d'assurance maladie dont il relève. Par suite, et alors même que son absence était due à son inaptitude à exercer ses fonctions, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le centre hospitalier de Beauvais lui a demandé, par le titre de perception litigieux, de reverser les traitements perçus par lui à tort du 14 mai au 12 juillet 2022, sans qu'aient d'incidence à cet égard les conditions dans lesquelles sont perçues ou non d'éventuelles indemnités journalières par l'agent.
Sur la régularité du titre de perception :
4. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ".
5. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénom et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que si le titre de perception contesté comporte les nom, prénom et qualité du directeur du centre hospitalier de Beauvais, il a été signé par
Mme B A, directrice adjointe chargée des finances. Par suite, M. C est fondé à soutenir que ce titre est irrégulier en la forme.
7. En outre, si le centre hospitalier de Beauvais produit la délégation de signature du 24 juin 2021 donnant compétence à Mme A, il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que cette délégation aurait fait l'objet de mesures de publicité. Par suite, M. C est également fondé à soutenir que la signataire du bordereau de titres de recettes était incompétente faute de disposer d'une délégation de signature opposable.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de régularité de M. C, que celui-ci est seulement fondé à demander l'annulation du titre de perception du 22 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui prononce l'annulation du titre de perception contesté pour un motif de régularité en la forme, n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes dues, ni, par voie de conséquence, le remboursement des sommes déjà saisies par le créancier ou payées par M. C. Les conclusions de la requête présentées en ce sens doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Beauvais demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier de Beauvais la somme que demande M. C au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis à l'encontre de M. C le 22 août 2022 par le centre hospitalier de Beauvais est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au centre hospitalier de Beauvais et à la trésorerie de Clermont.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
Mme Sako, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026