LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300943

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300943

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300943
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 et 27 mars 2023,

M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé la Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet de la Somme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen, dès lors que n'y figurent ni les raisons pour lesquelles il a quitté son pays d'origine, ni les éléments relatifs à la stabilité de son intégration en France et à son état de santé ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que son droit à être entendu n'a pas été respecté ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors que, d'une part, il est intégré à la société française depuis son arrivée en 2017 et y suit actuellement des études et que, d'autre part, son état de santé nécessite un suivi particulier dont il serait privé en cas d'éloignement ;

S'agissant de la décision de refus d'octroyer un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il n'est pas établi qu'il risque de se soustraire à la décision d'éloignement ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il n'est pas établi qu'il risque de se soustraire à la décision d'éloignement ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que ses intérêts familiaux et privés se situent en France et qu'il serait isolé en cas de retour sans son pays d'origine ;

S'agissant de la décision l'assignant à résidence :

- elle est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne comporte ni les considérations de droit, ni les considérations de fait, en particulier relatives à sa vie privée et familiale, à son intégration dans la société française et à son état de santé, sur lesquelles elle se fonde ;

- elle méconnait les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que les modalités d'application sont disproportionnées aux objectifs poursuivis.

Le préfet de la Somme a produit des pièces le 24 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rondepierre, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 27 mars 2023 à 15h.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rondepierre, magistrate désignée,

- et les observations de Me Delort, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, en soutenant en outre que le préfet n'a pas tenu compte de son ancienneté de résidence en France, qu'une mesure d'éloignement serait incompatible avec son état de santé, qui l'expose à un risque de cécité en cas de retour en Guinée et qu'il envisage de déposer prochainement un dossier en vue de l'obtention d'un titre de séjour.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, né le 14 février 1994 à Conakry, est entré en France le 27 mai 2017, sous couvert d'un visa court séjour. A la suite d'une interpellation par les services de police aux frontières lors d'un contrôle d'identité le 22 mars 2023, M. A a fait l'objet de deux arrêtés du 23 mars 2023 par lesquels le préfet de la Somme, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé la Guinée comme pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de séjour sur le territoire français d'une durée d'un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence // l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut-être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, par application de ces dispositions, d'admettre M. A à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 obligeant M. A à quitter le territoire français :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision litigieuse, d'une part, vise les textes dont elle fait application, notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, d'autre part, rappelle ses conditions d'entrée en France, mentionne les éléments de sa situation personnelle et familiale, ainsi que les refus de titre de séjour qui lui ont été opposés les 4 avril 2019 et 9 juin 2020. Par suite, elle comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation sera écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation sera également écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; / () ". Si l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne concerne non les États membres, mais uniquement les institutions, les organes et les organismes de l'Union, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Cependant, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

5. Il ressort du procès-verbal d'audition dressé par les autorités de police le 23 mars 2023, que M. A a été notamment interrogé sur les raisons du départ de son pays d'origine, sur son parcours, sur sa situation personnelle et familiale, ainsi que sur sa situation administrative au regard des règles du droit au séjour en France. En outre, l'intéressé, qui a été informé de l'éventualité d'une mesure d'éloignement vers son pays d'origine, a été invité à faire part de tout élément sur sa situation personnelle qu'il souhaitait porter à l'attention de l'autorité préfectorale. Par suite, il n'a pas été privé du droit d'être entendu préalablement à toute mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement, principe général du droit de l'Union européenne. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu préalablement à la mesure d'éloignement attaquée doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

7. M. A est entré en France le 27 mai 2017, sous couvert d'un visa court séjour. S'il ressort des pièces du dossier qu'il suit, depuis 2019, des études en France et qu'il a obtenu en 2020 un diplôme de brevet de technicien supérieur, il n'établit pas, contrairement à ce qu'il soutient, avoir tissé de liens sociaux et amicaux particuliers. Par ailleurs, en se bornant à produire un compte-rendu de l'opération qu'il a subie en 2017, une prescription pour une consultation ophtalmologique de contrôle en 2018, des ordonnances pour des lunettes, ainsi que l'existence d'un rendez-vous médical programmé le 27 juin 2023, il n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier du suivi médical ophtalmologique dont il aurait besoin en cas d'éloignement. Enfin, M. A, qui est célibataire et n'a pas d'enfant, n'établit pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. A, qui ne peut utilement soutenir qu'il envisage de déposer une demande de titre de séjour, ce qui, au demeurant, n'est pas établi, et a fait l'objet de deux décisions d'éloignement les 4 avril 2019 et 9 juin 2020, auxquelles il s'est soustrait, n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire prononcée à son encontre porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie personnelle et familiale.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, la décision litigieuse, qui vise le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle que l'intéressé s'est soustrait aux mesures d'éloignement dont il fait l'objet les 4 avril 2019 et 9 juin 2020, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet " et aux termes de l'article 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

10. Comme cela a été exposé au point 7 du présent jugement, M. A a fait l'objet de deux précédentes obligations de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutées. Il ressort en outre de ses propres déclarations aux autorités de police, lors de son audition du 23 mars 2023, que l'intéressé souhaite rester en France et déclare avoir perdu son passeport. Il s'ensuit que le préfet de la Somme n'a pas méconnu les dispositions précitées en estimant que M. A présentait un risque de soustraction à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

11. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ", selon l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () " et l'article L.613-2 du même code dispose que : " Les décisions () d'interdiction de retour () prévues aux articles

L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

12. En premier lieu, il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour sur le territoire français de faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

13. La décision interdisant à M. A de retourner sur le territoire français vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables et mentionne la date de son entrée sur le territoire français, la nature de ses attaches en France et les précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Ainsi, en l'absence de comportement de M. A constituant une menace pour l'ordre public, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, tant dans son principe que dans sa durée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

14. En deuxième lieu, d'une part, comme cela a été rappelé au point 7 du présent jugement, M. A s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement prononcées à son encontre les 4 avril 2019 et 9 juin 2020 et, d'autre part, l'intéressé a indiqué vouloir rester en France lors de son audition du 23 mars 2023. Par suite, le préfet de la Somme n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à l'encontre de M. A, sans que ce dernier ne puisse utilement soutenir que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, dès lors qu'une telle circonstance n'a pas été retenue au nombre des motifs de cette décision.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. A, qui n'établit pas que ses intérêts privés et familiaux se situent en France, ni qu'il serait isolé dans son pays d'origine, n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, ou méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 l'obligeant à quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 assignant M. A à résidence :

17. En premier lieu, l'arrêté assignant M. A à résidence vise les articles L. 731-1 et

L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, mesure d'éloignement qui demeure une perspective raisonnable, bien que l'intéressé ne puisse quitter immédiatement le territoire, ainsi que les éléments de sa situation personnelle. Par suite, l'arrêté, qui n'avait pas à énumérer l'ensemble des considérations de fait prises en compte lors de l'examen de la situation de M. A, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré de son insuffisance de motivation doit être écarté.

18. En second lieu aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles

L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 () " et selon l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles

L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

19. La mesure assignant M. A à résidence l'oblige à demeurer dans les locaux où il réside, dans la commune de Bernaville, de 14 heures à 17 heures, à se présenter à la brigade de gendarmerie de Domart en Ponthieu les lundis, mercredis et vendredis à 9 heures, et lui interdit de sortir du département de la Somme sans autorisation écrite du préfet, pour une durée de 45 jours. Eu égard à la situation de M. A, décrite au point 7 du présent jugement, ce dernier, qui soutient que l'arrêté l'empêcherait d'honorer des rendez-vous médicaux, alors qu'il ressort des pièces du dossier l'existence d'un unique rendez-vous avec un ophtalmologue le 27 juin 2023, et dont il ne serait en tout état de cause pas démontré l'incompatibilité avec les obligations rappelées ci-dessus, n'est pas fondé à soutenir que les modalités d'application de l'assignation à résidence dont il fait l'objet sont disproportionnées aux objectifs poursuivis, ni que l'arrêté méconnait les dispositions précitées.

20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Somme et à Me Tourbier.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

signé

A. Rondepierre

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions