jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TAGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 mars 2023 et le 16 mai 2023, Mme C I, représentée par Me Tagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Cameroun comme pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou un titre de séjour l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'arrêté attaqué ;
- le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité commise par le père de son enfant né en France le 24 juin 2019 n'est pas établi ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence en raison de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle indique, à tort, que M. F résidait en 2019 au Portugal jusqu'à son décès le 30 novembre 2019 alors qu'il était revenu vivre en France en 2018 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant protégé par les stipulations de l'article 3, paragraphe 1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme C I a produit une note en délibéré, enregistrée le 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Pellerin.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I, ressortissante camerounaise née le 9 mai 1998, déclare être entrée en France le 22 mars 2019. Après avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 16 septembre 2021 au 15 septembre 2022, elle a sollicité, le 14 juillet 2022, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 février 2023, dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Cameroun comme pays de destination.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. G A, sous-préfet hors classe, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer en toutes matières, tous actes, arrêtés, correspondances, décisions, requêtes et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. ( ) ".
4. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il dispose d'éléments précis et concordants de nature à établir, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou après l'attribution de ce titre, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français ou de procéder, le cas échéant, à son retrait.
5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a eu un enfant né en France le 24 juin 2019 qui a été reconnu, le 1er juin 2019, par M. H F, de nationalité française. Ce dernier est décédé le 30 novembre 2019. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme I, la préfète de l'Oise s'est fondée sur l'absence de lien de filiation entre cet enfant et M. F en raison du caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité, en relevant notamment l'absence de liens entre M. F, qui vivait au Portugal avant son décès et l'enfant, l'orientation sexuelle de M. F telle qu'affichée sur les réseaux sociaux, et le fait que Mme I s'est déclarée à l'appui de sa demande de titre de séjour en concubinage avec un tiers, M. D B, qui avait travaillé dans la même entreprise que M. F et chez qui Mme I et M. F se déclaraient tous deux domiciliés à la naissance de l'enfant. La requérante conteste le caractère frauduleux de cette reconnaissance de paternité en soutenant avoir tissé une forte relation d'amitié avec M. F lors d'une rencontre en Allemagne en 2018 et que ce dernier souhaitant avoir un enfant en dépit de son orientation sexuelle, elle lui a apporté son aide en portant son enfant. Elle indique également être venue vivre définitivement en France avec M. F en mars 2019. Toutefois, en se bornant à verser une seule photographie la représentant en compagnie de M. F, la requérante n'établit pas la réalité des liens qu'elle entretenait avec ce dernier. Elle n'établit pas que M. F ait résidé en Allemagne, lieu de leur rencontre selon la requérante. Cette absence de liens est également corroborée par la circonstance qu'elle ne s'est pas présentée avec l'intéressé à la convocation du 7 octobre 2019 de la préfecture de l'Oise qui leur demandait, dans le cadre d'une demande de passeport et d'une carte nationale d'identité pour le compte de l'enfant, la production d'éléments complémentaires quant à la participation du père à l'éducation et à l'entretien de l'enfant, ainsi que cela ressort du signalement que le préfet de l'Oise a effectué auprès du procureur de la République le 25 novembre 2019. Par ailleurs, aucune pièce du dossier autre que celle relative à la reconnaissance de paternité ne permet d'établir que M. F aurait entretenu des relations avec l'enfant ou contribué à son éducation et à son entretien entre les mois de février 2019 et 30 novembre 2019, date de son décès. A cet égard, il ressort de l'acte de décès de M. F qu'il disposait d'une adresse au Portugal et non en France. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la préfète de l'Oise pouvait légalement estimer que la reconnaissance de paternité effectuée par M. F présentait un caractère frauduleux, de nature à remettre en cause le lien de filiation.
6. En troisième lieu, si la requérante se prévaut de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, la décision portant refus de titre de séjour n'est pas fondée sur l'absence d'une telle contribution par la mère, mais sur le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité, faisant échec à ce qu'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français lui soit délivré. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Mme I soutient que la décision attaquée la prive de son choix de vivre en France où elle a établi sa vie sociale et professionnelle. Toutefois, elle n'établit par aucune pièce versée au dossier la réalité de son insertion dans la société française. Elle ne démontre pas, en outre, la réalité et l'ancienneté de la relation de concubinage qu'elle invoque avec son concubin titulaire d'un titre de séjour. En outre, compte tenu de ce qui a été dit au point 5, les circonstances liées à la nationalité française de l'enfant de la requérante, à l'attachement de cette dernière aux valeurs de la République française et à ce que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ne suffisent pas à établir une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Oise a méconnu les dispositions précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour vise les textes dont elle fait application. Elle détaille les motifs pour lesquels le titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ne peut être délivré à la requérante en raison du caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité ayant permis l'établissement d'un lien de filiation entre son enfant et un ressortissant français. Elle fait état de la date d'entrée en France déclarée par la requérante, du caractère récent de son concubinage, de la possibilité pour la cellule familiale de se reconstituer au Cameroun, de son absence d'intégration dans la société française. Par suite, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté par application des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En troisième lieu, la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle indique, à tort, que M. F résidait en 2019 au Portugal jusqu'à son décès le 30 novembre 2019 alors qu'il était revenu vivre en France en 2018. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F résidait en France entre les mois de février 2019 et 30 novembre 2019, date de son décès en Espagne. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté.
12. En quatrième lieu, si Mme I soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, elle se borne à contester à l'appui de ce moyen le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de son enfant né le 24 juin 2019 en France par M. F. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, le caractère frauduleux de cette reconnaissance est suffisamment établi par les pièces du dossier.
13. En cinquième lieu, la requérante, qui soutient vivre avec un compatriote titulaire d'un titre de séjour fait valoir que la mesure d'éloignement a pour effet de séparer la cellule familiale eu égard à l'impossibilité pour son compagnon de quitter la France en raison de la présence du fils de ce dernier né le 13 octobre 2019 d'une première union. Toutefois, la requérante n'allègue pas que cet enfant réside avec son compagnon, et il n'est pas établi que son compagnon entretienne des relations avec cet enfant. Par ailleurs, la réalité de la vie commune de la requérante avec son compagnon ne sont pas établies par les pièces versées au dossier. Ainsi, Mme I n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Oise a méconnu les dispositions précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
15. Mme I soutient que la mesure d'éloignement privera l'enfant né le 13 octobre 2019 de la présence de son père, et qu'elle privera son enfant, né le 24 juin 2019, de la présence de son beau-père. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 13, la requérante n'établit pas la réalité des liens entre son compagnon et le fils de ce dernier ni la réalité d'une vie commune avec son compagnon et donc avec son enfant né le 24 juin 2019. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué porterait atteinte à l'intérêt supérieur des enfants doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par Mme I doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme I et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 juin 2023.
La rapporteure,
signé
C. PellerinLa présidente,
signé
C. Galle
La greffière,
signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026