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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2300998

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2300998

mercredi 19 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2300998
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantJOSSEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal le 28 mars 2023, sous le

n°2300998, M. A B représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 13 mars 2023 par laquelle le préfet de la Somme a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois.

M. B soutient :

- que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu'il a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son activité professionnelle dans le domaine de l'aéronautique et la réparation de motocycles ainsi que les nécessités de la vie quotidienne s'agissant d'un père de plusieurs enfants ;

- qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il n'est pas fait la preuve de la compétence du signataire, qu'elle ne satisfait pas à l'exigence de motivation, est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle a été prise en méconnaissance les dispositions des articles L. 224-2 du code de la route et L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

Par mémoire en défense enregistré 19 avril 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- qu'il n'est pas justifié de l'urgence à suspendre la décision contestée à défaut pour le requérant d'établir l'impossibilité d'être reclassé ;

- qu'il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

Vu la décision attaquée.

Vu :

- la requête n° 2300963 enregistrée le 27 mars 2023 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

- le code des relations entre le public et l'administration.

La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, dans les fonctions de juge des référés.

Les parties ayant été régulièrement convoquées à l'audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le

19 avril 2023 à 14 heures 45, en présence de Mme Grare, greffière.

Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à 15 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ()". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : "La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l 'urgence de l'affaire".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte de l'instruction que M. B a été contrôlé par un officier de police judiciaire le 10 mars 2023 à 18 h 45 sur la RD 12 traversant le territoire de la commune de Berteaucourt-les-Dames (Somme) à une vitesse de 146 km/ h (retenue pour 138) pour une vitesse autorisée de 80 km/h. Le 13 mars 2023, le préfet de la Somme a pris à son encontre une décision de suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois. Si M. B soutient que la décision par laquelle le préfet lui a notifié la suspension de son permis de conduire porte une atteinte grave et immédiate à ses conditions d'existence s'agissant d'une personne ayant besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son activité professionnelle, et les nécessités de la vie quotidienne, s'agissant d'un père de plusieurs enfants, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route commise par l'intéressé à savoir la conduite d'un véhicule à une vitesse retenue de 138 km/h pour une vitesse autorisée de 80. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard aux exigences de sécurité routière, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement n'est pas remplie. Par suite, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin de suspension de la décision le concernant.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Somme.

Fait à Amiens, le 19 avril 2023.

Le magistrat désigné, La greffière,

Signé : Signé :

G. Truy S. Grare

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300998

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