mercredi 2 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BIBARD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 25 avril 2023, M. B A, représenté par Me Bibard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023, par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Maroc comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale", dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence ;
- le refus de titre de séjour est intervenu en méconnaissance des dispositions des articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été consultée, alors qu'il justifie d'une présence en France de plus de dix ans ;
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur, dès lors qu'il réside depuis plus de dix ans en France, qu'il y a occupé de nombreux emplois et qu'il dispose d'un réseau amical ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, notamment dès lors que le préfet l'a maintenu dans l'interdiction de travailler, sur le seul fondement d'un courrier électronique de son employeur indiquant à tort qu'il l'avait licencié ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors que le refus de titre l'est également ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne vit pas en situation de polygamie.
Par une décision du 7 juin 2023, M. A s'est vu refuser le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Par ordonnance du 11 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 mai 2023, à 12 heures.
Le 30 mai 2023, le préfet de la Somme, a produit des pièces, qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 8 septembre 1993, déclare être entré en France en 2012 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités italiennes le
14 septembre 2012. Par un arrêté du 7 mars 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Maroc comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Somme a donné délégation à
Mme Myriam Garcia, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /
Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ". Selon l'article L. 432-13 du même code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ".
4. D'une part, en se bornant à produire son passeport revêtu d'un tampon des autorités italiennes daté de septembre 2012 et la déclaration d'un tiers, M. A n'établit pas être entré en France en 2012, contrairement à ce qu'il soutient. D'autre part, il ressort des fiches de paie dont se prévaut M. A pour les années 2013 et 2014 qu'il a été embauché en tant que salarié à compter du 29 avril 2013. Dans ces conditions, alors qu'aucune pièce du dossier n'établit sa présence en France avant à cette date, M. A ne justifiait pas, le 7 mars 2023, d'une ancienneté de plus de dix ans en France. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que le refus de lui délivrer un titre de séjour serait intervenu en méconnaissance de l'obligation de saisine préalable de la commission du titre de séjour résultant des dispositions des articles L. 435-1 et L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
6. S'il ressort des pièces du dossier que M. A a occupé plusieurs emplois dans la restauration rapide entre le 29 avril 2013 et le mois de mars 2020 et s'il se prévaut d'un réseau amical sur le territoire français par la production de plusieurs attestations, au demeurant postérieures à la décision attaquée, il ne conteste pas être célibataire, ne pas avoir d'enfant, ni d'attache familiale en France. Par suite, M. A, qui ne pouvait utilement se prévaloir des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu, dans le cadre de la politique du Gouvernement en matière d'immigration, adresser aux préfets, sans les priver de leur pouvoir d'appréciation de chaque cas particulier, pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu les stipulations citées au point précédent.
7. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 6 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa vie privée et familiale, la circonstance, au demeurant non établie, que le préfet se serait fondé sur la production d'un courrier électronique de son ancien employeur pour classer sans suite le 8 mars 2021 sa précédente demande de titre de séjour étant sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 7 mars 2023 qu'il conteste au titre de la présente instance.
8. En dernier lieu, l'obligation de quitter le territoire français émise à son encontre se fonde sur le refus de titre de séjour, dont l'intéressé n'a pas établi l'illégalité. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie d'exception, ni qu'elle serait entachée d'une erreur de droit, la circonstance qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne vive pas en situation de polygamie étant sans incidence sur la légalité de cette décision, qui ne se fonde en tout état de cause sur aucun de ces motifs.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026