jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301240 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2023, M. C G, M. F H, M. F G, Mme B E, représentés par Me Pereira, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de les admettre immédiatement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à leur avocate, Me Pereira, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- l'urgence de leur situation est avérée dans la mesure où ils sont dépourvus de ressources et que l'état de santé de M. H et de Mme E nécessite qu'ils aient un hébergement ;
- il est porté atteinte au droit d'asile ;
- cette atteinte est grave et manifestement illégale dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration leur a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sans motif légitime et sans tenir compte de la vulnérabilité particulière de M. H et de Mme E.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie dans la mesure où les requérants n'ont pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, n'ont pas sollicité une évaluation de leur état de santé et qu'ils sont hébergés par le 115 ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
M. C G a déposé une demande d'aide juridictionnelle, enregistrée le 14 avril 2023.
M. F H, a déposé une demande d'aide juridictionnelle, enregistrée le 14 avril 2023.
M. F G a déposé une demande d'aide juridictionnelle, enregistrée le 18 avril 2023.
Mme B E a déposé une demande d'aide juridictionnelle, enregistrée le 14 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 20 avril 2023 en présence de Mme Chatellain, greffière d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu les observations de Me Pereira, avocate de M. H, de Mme E et de MM. G.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () ".
2. Il résulte de l'instruction que M. C G, M. F H, M. F G et Mme B E ont chacun déposé une demande d'aide juridictionnelle. Alors qu'ils ont présenté une seule requête contenant une argumentation similaire et des conclusions identiques pour eux quatre, il convient de considérer que leur avocate réalise à leur égard une seule et même mission au titre de l'aide juridictionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C G, premier dénommé, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. En revanche, il n'y a pas lieu d'admettre à titre provisoire les autres requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de référé :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. "
5. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le juge des référés, qui apprécie si les conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont remplies à la date à laquelle il se prononce, ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de cet article en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte-tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille. Dans cette hypothèse, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier au regard de la situation du demandeur d'asile et en tenant compte des moyens dont dispose l'administration et des diligences qu'elle a déjà accomplies.
6. M. H et Mme E, nés respectivement les 3 février 1967 et 1er mars 1969, ainsi que leurs deux petits-fils, A. C et F G, âgés de 18 ans et 20 ans, de nationalité arménienne, ont sollicité l'asile en France. Le 8 mars 2021, ils ont été placés en procédure Dublin et ont été admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. A la suite de leur refus d'embarquer à destination de l'Allemagne, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a, par une décision du 15 décembre 2021, cessé de leur accorder les conditions matérielles d'accueil au motif qu'ils n'avaient pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Le 31 janvier 2023, les requérants ont présenté une nouvelle demande d'asile qui a été enregistrée en procédure accélérée. Le même jour, ils ont sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, qui leur a été implicitement refusé. M. H, Mme E et MM. G demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de les admettre immédiatement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
7. M. H, Mme E et MM. G ne font état d'aucune raison valable justifiant leur refus d'embarquer à destination de l'Allemagne, pays initialement responsable de l'examen de leur demande d'asile, et le non-respect de leurs obligations. Il ne ressort par ailleurs d'aucune pièce versée au dossier que MM. C et F G présentent une situation de particulière vulnérabilité. Si les requérants évoquent l'état de santé de M. H et de Mme E et soutiennent qu'ils doivent être hébergés, il résulte de l'instruction que ces derniers sont pris en charge par le 115 et que, dans ce cadre, ils sont accueillis tous les soirs au centre d'hébergement de la Croix rouge à Amiens. Les certificats médicaux produits ne permettent pas d'établir, eu égard aux termes dans lesquels ils sont rédigés, qu'un tel accueil est incompatible avec les pathologies de M. H et de Mme E et que ceux-ci seraient dans une situation de vulnérabilité nécessitant qu'ils bénéficient d'un hébergement permanent. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le refus de rétablir leurs conditions matérielles d'accueil porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile à laquelle il appartiendrait au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre fin.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. H, de Mme E et de MM. G doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C G est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : M. F H, M. F G et Mme B E ne sont pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La requête de M. C G, M. F H, M. F G et Mme B E est rejetée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C G, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Pereira.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 20 avril 2023.
La présidente,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026