jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2023, M. A B, représenté par
Me Tourbier, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour revêtu de la mention "salarié", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement :
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, dès lors que, d'une part, le refus de titre de séjour est stéréotypé et ne précise pas les raisons pour lesquelles il ne justifie pas d'une intégration particulière en France et que, d'autre part, la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours ne mentionne pas son activité professionnelle ;
- le refus de titre de séjour méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, dès lors que sa demande de titre n'a pas été examinée sur ce fondement ;
- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Le préfet de la Somme n'a pas produit d'observation.
Par ordonnance du 23 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 juin 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les observations de Me Delort, assistant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien, né le 17 mars 1994, déclare être entré en France le 28 septembre 2015, sous couvert d'un visa de court séjour valable jusqu'au 18 janvier 2016. Débouté de sa demande d'asile en dernier lieu par un arrêt de la cour nationale du droit d'asile le 23 octobre 2017, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français le 2 février 2018. Ayant par la suite demandé un titre de séjour en qualité de salarié, qui lui a été refusé, il a fait l'objet d'une deuxième obligation de quitter le territoire français le 24 avril 2019. Puis, le 25 octobre 2021, le droit au séjour lui a de nouveau été refusé et une troisième obligation de quitter le territoire français a été prononcée à son encontre. M. B a formulé une nouvelle demande de carte de séjour temporaire, mention "salarié" le 16 février 2023. Par un arrêté du
3 avril 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, d'une part, la décision refusant à M. B le droit au séjour vise le b. de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et précise que l'intéressé n'a pas présenté de contrat de travail visé par les autorités administratives. Elle comporte, par conséquent, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, la circonstance que les termes de la motivation de cet acte soient identiques à ceux de la précédente décision lui refusant le droit au séjour étant sans incidence sur sa légalité. D'autre part, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dans ces conditions, M. B n'est fondé à soutenir qu'aucune de ces deux décisions est insuffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire, qu'il n'a pas d'enfant à charge et ne fait état d'aucune attache particulière en France. L'intéressé n'est ainsi pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour méconnaitrait les stipulations du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, alors qu'en tout état de cause, sa demande était formulée sur le fondement des stipulations du b. de l'article 7 de l'accord précité, en qualité de salarié.
4. En troisième lieu, M. B est entré en France en septembre 2015, sans qu'il ne puisse toutefois justifier de la continuité de son séjour sur le territoire au plus tôt avant le mois de janvier 2021. Il se prévaut par ailleurs d'un contrat de travail, au demeurant conclu avec la société dont il est le responsable, en vertu duquel il exerce depuis le 1er janvier 2021 la profession de vendeur d'accessoires de téléphonie et de matériel informatique, et il ressort des pièces du dossier que le salaire qu'il perçoit est proche du salaire minimum de croissance. Enfin, alors même qu'il établit être locataire de son logement depuis le mois d'octobre 2022, M. B est célibataire, n'a pas d'enfant à charge et ne fait état d'aucune attache particulière en France. Par suite, et alors au surplus qu'il a précédemment fait l'objet de trois mesures d'éloignement, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle pour lui refuser le droit au séjour.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fins d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026