jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301596 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SORRIAUX JONATHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 mai, 24 mai et 10 juin 2023, M. A se disant M. B C, représenté par Me Sorriaux, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Mali comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de délivrance d'un titre de séjour est entaché d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas établi que les documents d'état-civil qu'il a produits étaient frauduleux et qu'il a établi son identité et sa nationalité notamment par le biais du jugement supplétif qu'il a produit ;
- le refus de délivrance d'un titre de séjour est entaché d'erreur de droit dès lors que la préfète ne pouvait se prononcer sur l'authenticité du jugement supplétif en se fondant sur celle de l'acte de naissance ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation relative à sa situation personnelle ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui a été opposé ;
- les décisions fixant le Mali comme pays de destination en cas d'exécution d'office de la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de cette dernière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte pas de moyen et de conclusion en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée le 14 juin 2023 à 12 heures.
M. A se disant M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Richard, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant M. B C, ressortissant malien né le 13 janvier 2005, soutient être entré sur le territoire français en janvier 2020 et a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance le 10 mars 2020. Le 19 décembre 2022, il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 mars 2023 dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Mali comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française ".
3. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être contestée par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
4. M. A se disant M. C a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance à compter du 10 mars 2020 en qualité de mineur sans représentant légal et isolé sur le territoire français. Pour justifier de son état civil lors de sa demande de titre de séjour, l'intéressé a présenté un jugement supplétif du 28 janvier 2020, un acte de naissance du 29 janvier 2020, une copie littérale de ce dernier du 31 janvier 2020 ainsi qu'une carte d'identité consulaire et qu'un passeport. La préfète de l'Oise a estimé que l'acte de naissance et le jugement supplétif étaient dépourvus de valeur probante en se fondant sur des rapports de la police aux frontières du 17 février 2023, indiquant que l'imprimé de l'acte de naissance comporte une erreur dans ses mentions désignant un " offier de l'Etat-civil ", que les cases relatives à l'heure de naissance, l'âge des parents et leur nationalité ne sont pas remplies dans l'acte de naissance et que le tampon humide présente des anomalies avec des cercles discontinus. Par ailleurs, ce même tampon porte la mention fautive de " centre secondaire de hippodrome ", l'imprimé du jugement supplétif comporte la mention erronée " pour tenir à l'intéressé d'acte de naissance ", la mention manuscrite sur le jugement supplétif indique que ce dernier est " trancrit " au registre d'état-civil et la copie littérale de l'acte de naissance retient deux dénominations pour le tribunal à l'origine du jugement supplétif dont au moins une ne correspond pas à ce qui apparaît sur ce dernier. En outre, si M. A se disant M. C produit la copie d'une carte consulaire délivrée le 24 août 2021 et d'un passeport du 21 septembre 2021, ces documents, délivrés postérieurement et, pour la carte consulaire, sur le fondement du même acte de naissance produit devant la préfète de l'Oise, ne constituent pas des actes d'état civil pour lesquels la présomption de validité prévue à l'article 47 du code civil s'applique. Dans ses conditions, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance que relève le requérant que la préfète ait relevé à tort que le jugement supplétif procédait de l'acte de naissance, la préfète a pu considérer, sans commettre d'erreur de fait, que les documents d'état civil présentés par M. A se disant M. C n'étaient pas authentiques et que l'intéressé n'établissait pas son identité.
5. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit, la préfète pouvait légalement former sa conviction sur l'authenticité des documents d'état civil qui lui étaient présentés au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Dès lors, M. A se disant M. C n'est pas fondé à soutenir que le refus de délivrance d'un titre de séjour est entaché d'erreur de droit dès lors que la préfète ne pouvait se prononcer sur l'authenticité du jugement supplétif en se fondant sur celle de l'acte de naissance.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. A se disant M. C n'a pas établi son identité et, en conséquence, les conditions de sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, la préfète a pu prendre l'arrêté attaqué sans méconnaitre les stipulations citées au point précédent ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle.
8. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que certaines des décisions attaquées seraient illégales à raison des illégalités entachant les décisions antécédentes résultant du même arrêté et sur lesquelles elles se fondent doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué de M. A se disant M. C doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir que leur oppose la préfète. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A se disant M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant M. B C, à la préfète de l'Oise et à Me Sorriaux.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2301596
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026