mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2023, l'établissement public Voies Navigables de France (VNF) demande au tribunal :
1°) de liquider l'astreinte fixée par le jugement n° 2200680 à la charge de M. A B à qui il était enjoint de procéder à l'enlèvement de son bateau " La Perousse " stationné sans autorisation en rive gauche de la rivière Oise au point kilométrique 58.370 sur le territoire de la commune de Creil, pour la période courant du 9 décembre 2022 au 28 février 2023 ;
2°) de condamner M. B à lui payer la somme de 4 050 euros.
VNF soutient que depuis l'expiration du délai d'un mois à compter de la première signification du jugement n° 2200680 du 23 septembre 2022, le bateau de M. A B est toujours en occupation illicite du domaine public de sorte qu'en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative, l'astreinte fixée par ce jugement peut être liquidée.
La procédure a été communiquée à M. A B qui a été mis en demeure de produire par courrier du 5 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truy, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Beaucourt, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'acquiescement aux faits :
1. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Il résulte de ces dispositions que, sous réserve du cas où, postérieurement à la clôture de l'instruction, le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier.
2. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 5 février 2024 par le greffe du tribunal et dont il a pris connaissance le 8 février 2024, M. A B n'a produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l'instruction. Ainsi, il est réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction au requérant.
Sur la liquidation de l'astreinte :
3. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte. Lorsqu'il a prononcé une astreinte dont il a fixé le point de départ, le juge administratif doit se prononcer sur la liquidation de l'astreinte, en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive. Il peut, le cas échéant, modérer l'astreinte provisoire ou la supprimer, même en cas d'inexécution de la décision juridictionnelle.
4. Par un jugement n° 2200680 du 23 septembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Amiens a réprimé les faits constitutifs de contravention de grande voirie tenant au stationnement irrégulier du bateau "La Perousse ", appartenant à M. A B, sur le domaine fluvial et a enjoint à cette personne de procéder à l'enlèvement de ce bateau hors du domaine public fluvial dans un délai de trente jours suivant la notification de ce jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai. Il résulte du procès-verbal établi le 28 février 2023 par un agent assermenté de Voies Navigables de France et il n'est pas contesté, que M. A B n'a pas exécuté ce jugement. Il est, en outre, constant que l'intéressé n'a pas entrepris de démarches de nature à régulariser sa situation. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que l'établissement public Voies navigables de France aurait, depuis l'intervention du jugement du 23 septembre 2022, pris des mesures en vue de faire exécuter la décision d'injonction alors que ce jugement lui permettait de faire procéder au déplacement du bateau aux frais de son propriétaire. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée par le jugement du 23 septembre 2022, au taux de 50 euros par jour pour la période courant du 9 décembre 2022 jusqu'au 28 février 2023, date à laquelle un procès-verbal de constat a été dressé par VNF par un agent assermenté, soit 81 jours, et de mettre en conséquence à la charge de
M. A B le versement à Voies navigables de France de la somme de 4 050 euros.
D E C I D E :
Article 1 : M. A B est condamné à verser la somme de 4 050 euros à Voies Navigables de France pour la période du 9 décembre 2022 au 28 février 2023.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Voies Navigables de France et à M. A B, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
M. Truy, premier conseiller honoraire,
Mme Parisi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
G. Truy
Le président,
Signé
C. Binand
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2301747
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