mercredi 23 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301769 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | CARDON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 23 mai 2023, le président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. B.
Par une requête enregistrée le 9 mai 2023 au greffe du tribunal administratif de Lille, et un mémoire complémentaire enregistré le 7 août 2023 au greffe du tribunal administratif d'Amiens, M. B, représenté par Me Cardon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour en France pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à l'effacement de son signalement dans les fichiers SIS et FPR ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que les conditions de déroulement de la procédure contradictoire préalable ne lui ont pas permis de faire valoir utilement ses observations, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur de base légale dès lors qu'elle est fondée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il a été titulaire d'un titre de séjour valable du 13 octobre 2020 au 13 octobre 2021 et d'un récépissé de demande de titre de séjour valable du 29 octobre 2021 au 28 avril 2022 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits dès lors que contrairement à ce qui est indiqué, il a été titulaire d'un titre de séjour, il dispose d'attaches familiales en France, il justifie de son insertion professionnelle, la procédure pénale a fait l'objet d'un classement sans suite ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les articles L. 423-22 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, du protocole du 28 avril 2008 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;
- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de circonstances particulières justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts dès lors qu'il ne s'est pas opposé à la consultation des fichiers permettant de vérifier son identité et qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, la procédure pénale ayant été classée sans suite, et qu'il justifie d'un domicile fixe ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 721-3 et L. 721- 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;
- elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même entachée d'illégalité ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense du 17 mai 2023 et du 11 août 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient à titre principal que la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte pas de moyens et de conclusions et à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- l'accord cadre du 28 avril 2008 relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire entre le gouvernement de la République Française et le gouvernement de la République Tunisienne ;
- le protocole du 28 avril 2008 relatif à la gestion concertée des migrations entre le gouvernement de la République Française et le gouvernement de la République Tunisienne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, vice-présidente, qui a informé les parties de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur une substitution de base légale, dès lors que l'arrêté attaqué, fondé à tort sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est susceptible d'être légalement fondé sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 15 décembre 2001 est entré sur le territoire français en janvier 2017. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance à compter du 25 janvier 2017 jusqu'au 15 décembre 2019. Il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable du 14 octobre 2020 au 13 octobre 2021, ainsi qu'un récépissé de demande de titre de séjour valable du 29 octobre 2021 au 28 avril 2022. Par un courrier du 18 août 2022, les services de la préfecture de l'Oise ont procédé au classement sans suite de sa demande de titre de séjour faute de production des documents nécessaires à l'instruction de sa demande, sollicités par courrier du 29 novembre 2021. Par un arrêté du 7 mai 2023, la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 février 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à Mme C D, sous-préfète de Senlis, à l'effet de signer, notamment, les décisions d'obligation de quitter le territoire français durant les permanences du corps préfectoral. Il ressort des pièces du dossier que Mme D était le membre du corps préfectoral de permanence désigné pour la période du 5 mai 2023 à 20h00 au 8 mai 2023 à 8h00 et que l'arrêté attaqué a été signé le 7 mai 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles se fonde la décision d'obligation de quitter le territoire français. Il vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment le 1° de l'article L. 611-1 ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne que M. B est célibataire et sans enfant à charge, qu'il n'a pas attaches familiales en France, qu'il n'a pas d'emploi déclaré et ne justifie pas d'une intégration ancienne intense et stable dans la société française. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments propres à la situation personnelle ou professionnelle du requérant, est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée n'aurait pas été notifiée à l'intéressé dans une langue qu'il comprend est sans incidence sur sa légalité.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré / ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
6. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
7. Il résulte de la combinaison, d'une part, des articles L. 411-1, L. 611-1, L. 611-3 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour et, d'autre part, de l'article R. 431-5 du même code, qu'un étranger mineur entré irrégulièrement en France doit, pour se conformer à l'obligation de possession d'un titre de séjour qui pèse sur lui à compter du jour où il devient majeur, solliciter un tel titre dans les deux mois qui suivent son dix-huitième anniversaire. Il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que s'il s'est abstenu de solliciter un titre pendant cette période.
8. Pour obliger M. B à quitter le territoire français, la préfète de l'Oise s'est fondée, en visant le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur la circonstance que l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Or, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ordonnance de placement provisoire en date du 25 janvier 2017, que M. B est entré mineur sur le territoire français. En outre, la préfète de l'Oise ne conteste pas qu'il a sollicité un premier titre de séjour à la sous-préfecture de Compiègne le 7 octobre 2019, soit avant sa majorité, ce qui ressort également de la note sociale du 12 juin 2020 produite au dossier. A la suite de cette demande, un titre de séjour valable du 13 octobre 2020 au 13 octobre 2021 lui a été délivré. Par suite, M. B est fondé à soutenir qu'il n'entrait pas dans le cas prévu au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français.
9. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier qu'à l'expiration de sa carte de séjour temporaire valable jusqu'au 13 octobre 2021, le requérant a sollicité le 20 octobre 2021 le renouvellement de son titre de séjour mais n'a pas envoyé à la préfecture les pièces complémentaires nécessaires à l'instruction de son dossier demandées par courrier du 29 novembre 2021, de sorte que sa demande de titre de séjour a été classée sans suite, ainsi qu'il en a été informé par courrier du 18 août 2022, et qu'aucune décision de refus de titre de séjour n'est intervenue. Par suite, le requérant, qui ne peut être regardé comme ayant sollicité le renouvellement de son titre de séjour faute de production d'un dossier complet, entrait dans le cas prévu par les dispositions du 2° de l'article L. 611-1. Ces dispositions peuvent être substituées à celles du 1° de l'article L. 611-1 dès lors que cette substitution de base légale ne prive l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Le moyen tiré de l'erreur de base légale doit par suite être écarté.
10. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de police mentionnant la consultation de l'application de gestion des données des ressortissants étrangers en France avant l'édiction de l'arrêté attaqué, et de l'audition de l'intéressé, qui a confirmé à cette occasion ne pas avoir envoyé à la préfecture les documents sollicités en novembre 2021 pour l'instruction de son dossier, et n'avoir jamais tenté de régulariser sa situation depuis, que la préfète de l'Oise a procédé à un examen suffisamment sérieux de la situation de l'intéressé, nonobstant la circonstance que son arrêté était, ainsi qu'il a été dit au point 8, entaché d'une erreur de base légale.
11. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué et qu'il a été mis à même de présenter utilement ses observations sur sa situation personnelle et familiale. Les circonstances qu'il n'était pas assisté d'un avocat lors de cette audition, ou qu'aucune question ne lui a été posée sur son activité professionnelle ou sur sa relation de concubinage avec une ressortissante française, sont sans incidence sur la régularité de la procédure suivie en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu doit être écarté.
12. En septième lieu, la décision attaquée indique que M. B est entré irrégulièrement en France. Si le requérant établit être entré mineur en France et avoir sollicité un titre de séjour avant sa majorité, cette erreur n'est pas de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée, pour le motif exposé au point 9. D'autre part, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'inexactitude matérielle des faits au seul motif que le préfet a estimé que M. B ne justifiait pas de l'existence d'attaches familiales suffisamment fortes sur le territoire français ou que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public.
13. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. B est entré mineur en France et a été confié à l'aide sociale à l'enfance, et s'il a obtenu un premier titre de séjour valable du 13 octobre 2020 au 13 octobre 2021, il est constant qu'il n'a pas produit les pièces nécessaires à l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, et qu'il s'est maintenu irrégulièrement en France après l'expiration de son dernier récépissé de demande de titre de séjour le 28 avril 2022 sans jamais tenter de faire régulariser sa situation. L'intéressé ne justifie pas avoir travaillé au-delà du 31 juillet 2021, date de la fin de son contrat d'apprentissage, et s'il produit une promesse d'embauche, dont la date n'est pas lisible, ce seul élément ne suffit pas à établir son insertion professionnelle en France. Le requérant n'a produit aucun document de nature à établir qu'il travaille en qualité de peintre en bâtiment ainsi qu'il l'a indiqué lors de son audition, ou qu'il travaillerait effectivement en qualité de livreur de repas ainsi qu'il le précise dans sa requête. D'autre part, si le requérant se prévaut d'une relation de concubinage avec une ressortissante française, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, l'existence d'une communauté de vie stable et ancienne avec Mme E, aucune pièce antérieure à l'arrêté attaqué ne faisant état d'une adresse commune entre le requérant et l'intéressée. A cet égard, les seules photographies et attestation produites au dossier ne peuvent suffire à établir l'intensité et la stabilité de la relation de concubinage alléguée. De même, la présence en France d'une tante et de cousins, qui n'est d'ailleurs pas établie, ne suffit pas à caractériser des liens familiaux intenses et stables sur le territoire. Dans ces conditions, et alors que le requérant n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. "
15. Si le requérant soutient qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé a déjà bénéficié d'une telle carte de séjour dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, et que sa demande de renouvellement de ce titre a été classée sans suite faute de production des éléments sollicités par la préfecture. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que M. B remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
16. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. En dernier lieu, le requérant se prévaut des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, du point 2.3.3 du protocole relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en soutenant que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant sa régularisation au titre de sa durée de séjour et de son activité professionnelle. Toutefois, d'une part, M. B ne remplit pas les conditions pour se voir octroyer un titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien. D'autre part la circonstance que M. B pourrait bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié est sans incidence sur la légalité de la décision d'éloignement prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B remplirait les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à Mme D s'étend aux décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
20. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué cite les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise que M. B ne justifie pas de son entrée régulière sur le territoire français et n'a pas demandé de titre de séjour, qu'il ne justifie pas de garanties de représentation suffisantes en ce qu'il ne justifie pas d'un document d'identité ou de voyage en cours de validité, que l'effectivité et la stabilité de son logement ne sont pas avérées et que le risque de soustraction à une mesure d'éloignement peut être regardé comme établi, l'intéressé ne justifiant pas de circonstances de nature à renverser cette présomption. L'arrêté précise que M. B se trouve dans le cas prévu au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est suffisamment motivée.
21. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée n'aurait pas été notifiée à l'intéressé dans une langue qu'il comprend est sans incidence sur sa légalité.
22. En quatrième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
23. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :
1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
24. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. B doit être regardé comme n'ayant pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour dont la validité expirait le 13 octobre 2021, faute d'avoir produit un dossier complet de nature à permettre l'instruction de sa demande. Par suite, il entrait dans le cas visé au 2° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le risque que l'étranger se soustraie à la décision d'obligation de quitter le territoire français peut être considéré comme établi, sauf circonstance particulière. En outre, il ressort des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir la préfète de l'Oise en défense, qu'il a déclaré lors de son audition qu'il ne quitterait pas le territoire français en cas d'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre, ce qui permettait également, en application du 4° de l'article L. 612-3 précité, de caractériser l'existence d'un risque de soustraction à une mesure d'éloignement. Enfin, si le requérant a déclaré être hébergé par Mme E et indiqué son adresse, il n'a pas souhaité contacter cette personne au cours de la procédure préalable à l'édiction de cet arrêté, et n'a fourni aucune pièce ni élément de précision susceptible d'établir le caractère stable de cet hébergement, l'attestation d'hébergement fournie au dossier étant postérieure à la décision attaquée. Par suite, alors même que, comme le relève le requérant, la préfète ne pouvait légalement se fonder sur l'absence de détention d'un passeport en cours de validité dès lors que M. B dispose d'un passeport valide, les éléments précités suffisaient à établir le risque de soustraction à une mesure d'éloignement au sens du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B, qui ne fait état d'aucun élément d'insertion en France à la date de l'arrêté attaqué, et n'a pas tenté de régulariser sa situation administrative depuis l'expiration de son dernier récépissé de demande de titre de séjour le 22 avril 2022, n'établit pas l'existence d'une circonstance particulière faisant obstacle à ce qu'il soit privé d'un délai de départ volontaire. Par suite, l'autorité préfectorale pouvait légalement prendre une décision de refus de délai de départ volontaire en application de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
25. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à Mme D s'étend aux décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
26. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et précise que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité, en l'espèce la Tunisie, ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible, à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de cette décision doit être écarté.
27. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée n'aurait pas été notifiée à l'intéressé dans une langue qu'il comprend est sans incidence sur sa légalité.
28. En quatrième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
29. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
30. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à Mme D s'étend aux décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
31. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. B est entré sur le territoire français en 2017, qu'il est dépourvu d'attaches familiales en France, qu'il ne justifie pas d'une intégration notable sur le territoire français, qu'il est défavorablement connu pour des faits d'usage illicite de stupéfiants et de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et sous l'empire de stupéfiants de sorte que sa présence est susceptible de menacer l'ordre public. Par suite, la décision d'interdiction de retour est suffisamment motivée.
32. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée n'aurait pas été notifiée à l'intéressé dans une langue qu'il comprend est sans incidence sur sa légalité.
33. En quatrième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
34. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
35. Il résulte des éléments exposés au point 13 du présent jugement que M. B ne justifie pas d'un séjour ancien et stable sur le territoire français, son titre de séjour expirant en 2021 n'ayant pas été renouvelé. Il ne justifie par les pièces produites au dossier d'aucune insertion professionnelle à la date de l'arrêté attaqué, les seuls éléments produits concernant un apprentissage terminé en 2021. Il ne conteste pas qu'il conduisait sans être titulaire d'un permis de conduire et sous l'empire de produits stupéfiants lors de son interpellation du 6 mai 2023, ce qui ressort au demeurant des pièces produites par la préfète en défense. Enfin, si le requérant invoque ses attaches familiales en France et notamment une relation de concubinage avec une ressortissante française, les pièces produites au dossier ne permettent pas d'établir, ainsi qu'il a été dit au point 13, la réalité, l'ancienneté et la stabilité de cette relation. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances humanitaires pouvaient justifier que la préfète de l'Oise s'abstienne d'édicter une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, la durée de cette interdiction n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
36. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 mai 2023 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. Galle
La greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026