mardi 22 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | DORE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 23 mai 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. A.
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2023 au tribunal administratif de Paris, M. A, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision quant à sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2023, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, vice-présidente,
- les observations de Me Doré, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et soutient également que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, qu'il est entaché d'un défaut d'examen de la situation personnelle de M. A, qu'il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3, paragraphe 1 de la convention relative aux droits de l'enfant dès lors que ses deux enfants sont scolarisés et que son épouse est enceinte, et qu'il est entré en France avec un visa délivré par l'Autriche dont il ne détient cependant pas de copie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 27 avril 1982 est entré sur le territoire français en novembre 2021 selon ses déclarations. Par arrêté du 5 mai 2023, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles se fonde la décision d'obligation de quitter le territoire français. Il vise ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment le 1° de l'article L. 611-1 ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne que M. A est dépourvu de passeport et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et ne justifie pas d'un titre de séjour l'autorisant à se maintenir sur le territoire français. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments propres à la situation personnelle du requérant, est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait entaché sa décision d'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en novembre 2021, accompagné de son épouse et de leurs enfants nés en 2016 et 2019. Il n'a pas sollicité de titre de séjour depuis son entrée en France. Si ses enfants sont scolarisés, et si son épouse suit des cours des français, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir le caractère ancien stable et intense des attaches personnelles et familiales du requérant sur le territoire français. En outre le requérant ne justifie d'aucun obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine, où M. A et son épouse ont vécu la majeure partie de leur existence. Par suite, le préfet de police n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant par rapport aux buts en vue desquels la mesure attaquée a été prise. Ainsi, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision d'obligation de quitter le territoire français attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle et familiale de M. A.
5. En dernier lieu, compte tenu des éléments exposés au point qui précède et de la circonstance que les enfants du requérant peuvent poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine, le moyen tiré de de la violation de l'article 3, paragraphe 1 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 mai 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 août 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. Galle
La greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026