jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2301818 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2023, M. A B représenté par
Me Tourbier, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la décision du 4 avril 2023 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée le prive de tout hébergement et de tout moyen de subsistance pour satisfaire ses besoins élémentaires, qu'il vit dans la rue lorsqu'il n'est pas hébergé par l'internat de son établissement scolaire, qu'il ne dispose d'aucun revenu et que la décision attaquée a des répercussions sur sa santé mentale ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision attaquée n'a pas été prise après un examen sérieux de sa situation particulière ;
- elle méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'OFII n'a pas pris en compte sa situation de vulnérabilité et qu'il ne saurait être regardé comme étant en fuite, puisqu'il a honoré le rendez-vous du 7 octobre 2022, qu'aucun billet de voyage ne lui a été délivré pour voyager vers la Suède et que le délai pour exécuter le transfert a expiré le 15 janvier 2023 ;
- qu'en outre, si un billet de voyage lui a été délivré le 27 janvier 2023 par la préfecture, le voyage est programmé un dimanche, jour durant lesquels il n'existe pas de liaison par bus entre Doullens, où il est hébergé, et Arras, d'où il doit prendre le train pour Roissy, de sorte qu'il ne pouvait être regardé comme étant en fuite, et que le préfet ne pouvait refuser d'autoriser le dépôt de sa demande d'asile en France, le délai de six mois prévu par l'article 29 du règlement (UE) 604/213 étant expiré, d'autant que son adresse postale est connue de l'administration ;
- la décision de l'OFII porte une atteinte manifeste au droit d'asile.
La requête a été communiquée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 juin 2023 sous le numéro 2301828 par laquelle
M. B demande l'annulation de la décision par laquelle le directeur de l'OFII a prononcé la cessation de ses conditions matérielles d'accueil ;
Vu :
- le règlement (CE) n°1560/2003 ;
- le règlement (UE) n°604/2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 16 juin 2023 :
- le rapport de Mme Galle,
- les observations de Me Delort, qui conclut aux mêmes fins que sa requête et précise en outre que M. B n'est hébergé que durant la semaine dans son internat, et doit faire appel au 115 pour les fins de semaine et les vacances, dès lors que sa mère, elle-même hébergée en centre d'accueil pour demandeurs d'asile, n'a pas le droit de l'accueillir ; qu'il est scolarisé en classe de première ; que ni lui ni sa mère, accompagnée de deux enfants mineurs, ne touche l'allocation pour demandeur d'asile ; qu'il ne pouvait être regardé comme étant en fuite le 7 octobre 2022 dès lors qu'il a honoré ses rendez-vous et que les billets pour voyager vers la Suède ne lui ont pas été donnés ; que le délai de six mois ayant expiré le 15 janvier 2023 la France devait être déclarée responsable de l'examen de sa demande d'asile et il ne pouvait être déclaré en fuite.
Le 19 juin 2023, l'OFII a produit une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 23 avril 2004, est entré sur le territoire français afin de solliciter le bénéfice d'une protection internationale. Il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 11 mai 2022. Par un arrêté du 17 juin 2022, le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités suédoises, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un jugement en date du 13 juillet 2022 notifié le 15 juillet 2022, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. B contre cet arrêté. En novembre 2022, il a été déclaré en fuite et il a été mis fin au versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Par une décision du 4 avril 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé la cessation de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il ne s'est pas présenté aux autorités chargées de l'asile et lui a imposé de quitter son lieu d'hébergement. M. B demande la suspension de l'exécution de la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile du 4 avril 2023.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
En ce qui concerne l'urgence :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il résulte des pièces du dossier que M. B, né le 23 avril 2004, est scolarisé en classe de première et qu'il est interne au lycée polyvalent de l'Authie du lundi au vendredi. Toutefois, il fait valoir sans être contesté, l'OFII n'ayant produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l'instruction intervenue à l'issue de l'audience, et n'ayant pas été représenté à l'audience publique du 16 juin 2023, qu'il ne dispose plus d'aucune solution d'hébergement durant les fins de semaine et les vacances scolaires dès lors qu'il s'est trouvé dans l'obligation de quitter le centre d'accueil des demandeurs d'asile situé à Doullens où il était accueilli à la suite de la décision contestée du 4 avril 2023, qui précise d'ailleurs que M. B doit quitter son lieu d'hébergement. Si sa mère, faisant également l'objet d'une procédure de transfert vers la Suède, est actuellement hébergée avec ses deux autres enfants mineurs dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile, elle n'est pas autorisée à y accueillir le requérant, qui est majeur. Au demeurant, il résulte des explications fournies à l'audience que la mère du requérant a été déclarée en fuite par la préfecture du fait de son absence d'embarquement sur un vol prévu le 10 octobre 2022 pour elle et ses deux enfants mineurs et qu'elle ne touche plus l'allocation de demandeur d'asile. Par ailleurs, il n'est pas contesté que le requérant ne dispose d'aucune ressource, l'OFII ayant mis fin au versement de l'allocation de demandeur d'asile depuis le mois de novembre 2022. Compte tenu de l'état de précarité dans lequel le place la décision attaquée, et alors que le requérant ne disposera à l'issue de l'année scolaire, soit dans un délai proche, d'aucune solution d'hébergement, la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil doit être regardée comme portant une atteinte suffisamment grave à la situation de M. B. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Aux termes de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; ".
7. Aux termes des dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil : " 1. Le transfert du demandeur () de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27 /()/ 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite () ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 9 du règlement (CE) n°1560/2003 : " 2. Il incombe à l'État membre qui, pour un des motifs visés à l'article 29, paragraphe 2, du règlement (UE) no 604/2013, ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) no 604/2013 incombent à cet État membre conformément aux dispositions de l'article 29, paragraphe 2, dudit règlement. "
8. Il résulte clairement de ces dispositions que le transfert vers l'Etat membre responsable peut avoir lieu pendant une période de six mois à compter de l'acceptation de la demande de prise en charge et est susceptible d'être porté à dix-huit mois si l'intéressé " prend la fuite ", cette notion devant s'entendre comme visant le cas où un ressortissant étranger se serait soustrait de façon intentionnelle et systématique au contrôle de l'autorité administrative en vue de faire obstacle à une mesure d'éloignement le concernant.
9. Par ailleurs, le transfert d'un demandeur d'asile vers un Etat membre qui a accepté sa prise ou sa reprise en charge, sur le fondement du règlement du 26 juin 2013, s'effectue selon l'une des trois modalités définies à l'article 7 du règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, c'est-à-dire à l'initiative du demandeur, sous la forme d'un départ contrôlé ou sous escorte. Lorsque le transfert d'un demandeur d'asile faisant l'objet d'une procédure de transfert s'effectue sous la forme d'un départ contrôlé, il appartient, dans tous les cas, à l'État responsable de ce transfert d'en assurer effectivement l'organisation matérielle et d'accompagner le demandeur d'asile jusqu'à l'embarquement vers son lieu de destination. Une telle obligation recouvre la prise en charge du titre de transport permettant de rejoindre l'État responsable de l'examen de la demande d'asile depuis le territoire français ainsi que, le cas échéant et si nécessaire, celle du pré-acheminement du lieu de résidence du demandeur au lieu d'embarquement. Dans l'hypothèse où le demandeur d'asile se soustrait intentionnellement à l'exécution de son transfert ainsi organisé, il doit être regardé comme en fuite au sens des dispositions de l'article 29 du règlement du 26 juin 2013.
10. Il ressort des pièces du dossier que le 7 octobre 2022, M. B, sa mère et ses deux sœurs mineures ont fait l'objet d'une convocation à la préfecture afin de leur délivrer des billets de transport vers la Suède. M. B et sa mère se sont rendus à cette convocation. Toutefois, M. B soutient que seuls les billets de transport de sa mère et de ses deux sœurs mineures ont été remis à la famille à cette occasion, aucun billet ne lui ayant été délivré. A l'appui de ses allégations, il produit les billets délivrés à sa mère et ses sœurs, ainsi qu'un courriel du 7 octobre 2022 par lequel un travailleur social du centre d'hébergement de la famille a écrit à la préfecture que la famille acceptait ce transfert mais qu'aucun billet de train pour se rendre à l'aéroport n'avait été remis à M. B. Aucune pièce produite au dossier ne démontre en outre la remise d'un billet d'avion à M. B. Si, par son courriel de réponse du 11 octobre, la préfecture a reconnu qu'il manquait un billet et a indiqué qu'un billet de transport pour un nouveau transfert pouvait être délivré " sur demande expresse de
M. B ", il est constant que la préfecture n'a adressé aucune convocation à l'intéressé avant l'expiration du délai de transfert qui expirait le 15 janvier 2023, soit six mois après la notification du jugement du tribunal en date du 13 juillet 2022. Ainsi, M. B ne pouvait être déclaré en fuite au seul motif de son refus d'embarquer sur un vol prévu le 10 octobre 2022. Il ne ressort par ailleurs d'aucune pièce du dossier que la préfecture aurait informé la Suède en application de l'article 9 du règlement (CE) n°1560/2003 de la prolongation du délai de transfert de M. B en raison d'une situation de fuite avant l'expiration du délai de six mois dont la France aurait disposé pour procéder au transfert du demandeur si ce dernier n'avait pas pris la fuite. Par suite, la France étant redevenue responsable de l'examen de la demande d'asile de
M. B dès le 15 janvier 2023, la circonstance que l'intéressé a ensuite refusé d'embarquer sur un vol prévu le 30 janvier 2023, pour lequel des billets lui ont été délivrés le 27 janvier 2023, ne permettait pas davantage de le déclarer " en fuite ". En conséquence, le moyen tiré de ce que l'OFII, en décidant de suspendre ses conditions matérielles d'asile le 4 avril 2023 au motif que M. B ne s'était pas présenté aux autorités chargées de l'asile, a méconnu les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est de nature à faire naître un doute quant à la légalité de la décision contestée.
11. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du directeur territorial de l'OFII du 4 avril 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir, à titre provisoire dans l'attente du jugement de la requête au fond, les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de
M. B, dans un délai de 7 jours compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, accordée à titre provisoire par la présente ordonnance, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Tourbier, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Tourbier d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 4 avril 2023 est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir, à titre provisoire, les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile au bénéfice de
M. B dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Tourbier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII versera à Me Tourbier, avocat de M. B, la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Tourbier et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 22 juin 2023.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle
La greffière
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026