lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302019 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUGLO LEPAGE AVOCATS SAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2023, M. et Mme A B, représentés par Me Szymanski, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Plailly a délivré à l'OPAC de l'Oise un permis de construire modificatif pour la construction d'un ensemble immobilier sur les parcelles cadastrées section AI n°s n°21, 23 et 230 situées 35 rue de Paris à Plailly, ensemble la décision du 14 avril 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Plailly a refusé de leur communiquer le dossier de la demande de permis de construire modificatif ;
3°) d'enjoindre au maire de Plailly de lui communiquer le dossier de la demande de permis de construire modificatif dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Plailly une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire modificatif attaqué a été délivré en méconnaissance des articles 1, 3, 4, 6, 7, 9, 10, 11, 12 et 13 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Plailly applicable au secteur Ua ;
- le refus de communication du dossier de la demande de permis de construire modificatif est illégal ainsi qu'il résulte de l'avis du 24 mai 2023 de la commission d'accès aux documents administratifs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2023, l'OPAC de l'Oise et la commune de Plailly, représentés par Me Lepage, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'une somme de 4 000 euros soit solidairement mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation de la décision de refus de communication du dossier de la demande de permis de construire modificatif ni sur celles présentées à fin d'injonction, dès lors que ce dossier est joint à leur mémoire ;
- à titre principal, les conclusions en annulation de l'arrêté attaqué sont irrecevables en l'absence, d'une part, de justification de leur qualité de propriétaires du bien situé 31 rue de Paris et, d'autre part, d'intérêt à agir des requérants ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants sont inopérants et, au surplus, ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 août 2024 à 12h00.
Un mémoire présenté par M. et Mme B a été enregistré le 16 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lapaquette, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 novembre 2019, le maire de Plailly a, au nom de la commune, délivré à l'OPAC de l'Oise un permis de construire portant sur la réalisation d'un ensemble de
34 logements, 3 commerces, un local de télétravail et une maison d'assistantes maternelles sur des parcelles cadastrées section AI n°21, 23 et 230 situées au 35 rue de Paris. Le 19 juillet 2022, l'OPAC de l'Oise a présenté une demande de permis de construire modificatif portant sur la modification des façades des bâtiments 6 et 8 en fond de parcelle avec remplacement des volets battants par des volets roulants à coffres intérieurs, du matériau des bâtis de fenêtres et portes fenêtres de l'ensemble des bâtiments et des matériaux de couverture des bâtiments 2, 3 et 4, la reconstruction à l'identique et non plus la réhabilitation des pignons des bâtiments 1 et 2, la création d'un logement supplémentaire en rez-de-chaussée du bâtiment 6, le remplacement du local de télétravail par un local dédié à un futur commerce, la modification de la localisation de deux places de stationnement, le déplacement de l'aire de collecte des ordures ménagères situées au sud-ouest du terrain d'assiette du projet et l'ajout de terrasses aux bâtiments 5 et 8. Par un arrêté du 5 janvier 2023, le permis de construire modificatif demandé a été délivré à l'OPAC de l'Oise. Par un courrier du 24 février 2023, les époux B ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté et ont sollicité du maire la communication du dossier de permis de construire modificatif. Par une décision du 14 avril 2023, le maire de Plailly a rejeté ce recours gracieux et n'a pas répondu à la demande de communication du dossier de demande du permis de construire modificatif. Par leur requête, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du
5 janvier 2023, ensemble la décision du 14 avril 2023 rejetant leur recours gracieux, ainsi que le refus de communication du dossier de demande du permis de construire modificatif.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du refus de communication du dossier de la demande de permis de construire modificatif et d'injonction de communication de ce dossier :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de l'instance, la commune de Plailly a produit le dossier de la demande de permis de construire modificatif, lequel a été communiqué aux requérants le 2 octobre 2023. Il n'y a, par conséquent, plus lieu de statuer sur les conclusions en annulation de la décision refusant la communication de ce dossier ni sur celles présentées à fin d'injonction.
Sur les conclusions à fin d'annulation des autres décisions attaquées :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () "
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Les requérants, qui n'ont pas contesté le permis de construire initial, se bornent à invoquer leur qualité de voisins immédiats du terrain d'assiette du projet, sans faire état d'aucun élément relatif à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction tel que modifié par le permis de construire modificatif attaqué et à l'encontre duquel les intéressés ne justifient dès lors pas d'un intérêt à agir. Par suite, la commune de Plailly est fondée à opposer une fin de non-recevoir sur ce fondement aux conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté et de la décision du 14 avril 2023 rejetant le recours gracieux dirigé à son encontre.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Plailly, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme B une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'OPAC de l'Oise et la commune de Plailly et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le maire de Plailly a refusé de communiquer à M. et Mme B le dossier de la demande de permis de construire modificatif.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : M. et Mme B verseront une somme globale de 1 500 euros à l'OPAC de l'Oise et à la commune de Plailly au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B, à la commune de Plailly et à l'OPAC de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Lapaquette, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Lapaquette
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2302019
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026