jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GRÉGOIRE HERVET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin et 26 août 2023, M. A B, représenté par Me Hervet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2023 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé d'enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut " salarié ", dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à l'enregistrement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans les conditions exposées au 2°) ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision par laquelle la préfète de l'Oise a refusé d'enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour :
- est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa demande ne présente pas un caractère abusif ou dilatoire ;
- est entachée de défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 août 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Menet, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant kosovar né en 1984, entré en France en 2016 selon ses déclarations, a présenté le 24 mars 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfète de l'Oise. Par une décision en date du 27 avril 2023 dont l'intéressé demande l'annulation, l'administration a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour au motif qu'elle présenterait un caractère abusif et dilatoire. En l'absence de toute décision portant refus de titre de séjour prise par la préfète de l'Oise à l'issue du dépôt de sa demande, les moyens présentés par M. B contre un prétendu refus de titre de séjour doivent être regardés comme étant dirigés contre la décision portant refus d'enregistrement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du 27 avril 2023 a été signée par M. Sébastien Lime, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à qui la préfète établit avoir délégué sa signature aux fins de signer toute décision relevant des attributions de l'État dans le département de l'Oise, par un arrêté en date du 6 février 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ". Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger soit sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser.
4. D'une part, en ce qui concerne les précédentes demandes de titre de séjour présentées par le requérant, il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté en 2016 une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, laquelle a été rejetée par une décision du 15 mars 2017. Les deux demandes de réexamen présentées par l'intéressé devant l'Office ont également été rejetées, de même que les recours formés par M. B devant la Cour nationale du droit d'asile. C'est dans ces conditions que l'intéressé a fait l'objet d'un premier arrêté du 18 février 2019 par lequel le préfet de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Kosovo comme pays à destination duquel il pourrait être éloigné. La décision fixant le pays de destination a toutefois été annulée par un jugement du 16 mai 2019. C'est dans ces conditions que par un deuxième arrêté du 30 juillet 2019, pris après avoir examiné une nouvelle demande de titre de séjour présentée par le requérant sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, le préfet de l'Oise a de nouveau refusé d'accorder un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé les pays à destination desquels il pourrait être éloigné. Le recours formé par l'intéressé contre cet arrêté a été rejeté par le tribunal administratif d'Amiens par un jugement du 7 novembre 2019. L'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre n'a toutefois pas été exécutée par M. B, qui a présenté le 5 novembre 2021 une troisième demande de titre de séjour, cette fois au titre de l'admission exceptionnelle au regard de sa vie privée et familiale. Sa demande a été rejetée par une décision du 16 mars 2022, assortie d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B a contesté sans succès ce troisième arrêté devant le tribunal administratif d'Amiens, puis devant la cour administrative d'appel de Douai. Il a présenté le 24 mars 2023 une quatrième demande de titre de séjour, soit moins d'un an après l'ordonnance rendue par la cour administrative d'appel de Douai le 22 août 2022.
5. D'autre part, s'agissant de sa dernière demande de titre de séjour, M. B affirme qu'elle était fondée sur l'existence de circonstances nouvelles tenant en particulier à sa situation professionnelle, dès lors qu'il a conclu un contrat à durée indéterminée en qualité d'ouvrier polyvalent à compter du 27 janvier 2023. Il ressort toutefois du formulaire de demande renseigné par l'intéressé, ainsi que de la lettre d'accompagnement rédigée par son avocat, produits en défense, que l'intéressé n'a nullement porté à la connaissance de l'administration les éléments nouveaux dont il fait état devant le tribunal. En outre, en se prévalant devant l'administration de son intégration dans la société française ainsi que de celle de son épouse, qui suit des cours de français depuis 2019, et de ses trois enfants scolarisés depuis 2016, le requérant n'a fait état d'aucune circonstance nouvelle. Aussi, au vu de tout ce qui précède, la préfète de l'Oise n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant d'enregistrer la demande d'admission au séjour présentée par M. B le 24 mars 2023 au motif qu'elle présentait un caractère abusif et dilatoire.
6. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande au regard des éléments nouveaux qu'il entendait présenter ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, en l'absence de toute décision portant refus de titre de séjour prise par la préfète de l'Oise à l'issue du dépôt de sa demande, le requérant ne peut utilement se prévaloir à l'encontre de la décision refusant d'enregistrer sa demande d'admission au séjour de l'insuffisance de motivation de cette décision, de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou encore des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'État qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. BoutouLa greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026