jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2023, M. A B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation, dès lors qu'il est nécessaire de maintenir des liens thérapeutiques et que son état de santé est grave ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit, dès lors que, d'une part, il n'a pas demandé de titre de séjour revêtu de la mention " étudiant " et que, d'autre part, les documents d'identité qu'il a présentés à l'appui de sa demande font foi ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le défaut de prise en charge médicale est susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que les liens thérapeutiques qu'il a tissés en France ne peuvent pas être rétablis dans son pays d'origine ;
- l'arrêté porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de l'ancienneté de son séjour en France, de sa maitrise de la langue française, des liens sociaux qu'il a tissés en France et de l'absence de lien dans son pays d'origine depuis la perte de sa fille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2023.
Le 12 septembre 2023, des pièces complémentaires ont été demandées à l'office français de l'immigration et de l'intégration, qui les a produites le 4 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les observations de Me Delort, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 27 juillet 1975, déclare être entré en France le 17 août 2016. Le 8 décembre 2022, il a demandé un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 22 mai 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à
M. B vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde et notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise que si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par ailleurs, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision lui refusant un titre de séjour. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions lui refusant le droit au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français sont insuffisamment motivées.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".
4. D'une part, il ressort tant de l'arrêté contesté, que de l'avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 4 mai 2023, que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut néanmoins bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. D'autre part, si M. B se prévaut de cinq certificats médicaux établis entre le 15 juillet 2019 et le 9 décembre 2022, dont il ressort qu'il doit faire l'objet d'un suivi médical régulier, ce qui n'est pas remis en question par la décision contestée, il n'établit ni que les liens thérapeutiques qu'il aurait tissés en France, à les supposer démontrés, ni qu'un traitement adapté à sa pathologie ne pourrait lui être prodigué dans son pays d'origine, la seule attestation de l'hôpital général de Kinshasa étant insuffisante à contredire l'avis précité du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur ce point. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, si l'arrêté contesté relève une fraude s'opposant à la délivrance d'un titre de séjour revêtu de la mention "étudiant", cette erreur, pour regrettable qu'elle soit, ne constitue qu'une erreur de plume. En tout état de cause, la décision refusant d'octroyer un titre de séjour à M. B était justifiée par le seul motif exposé au point précédent. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté est entaché d'une erreur de droit.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
7. Si M. B soutient être entré en France le 17 août 2016, il n'établit pas de preuve de sa présence avant le 29 décembre 2016, date à laquelle il a présenté une demande d'asile, laquelle a fait l'objet d'un refus par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, le 31 mai 2017, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le
16 novembre 2017. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet de deux précédents refus de titre de séjour, les 7 décembre 2017 et 11 juin 2021, assortis de mesures d'éloignement à l'exécution desquelles il s'est soustrait. Par ailleurs, s'il soutient avoir tissé des liens sociaux en France, il ne l'établit pas, non plus qu'aucune activité professionnelle. Dans ces conditions, et alors que l'épouse et l'enfant de M. B, ainsi que l'ensemble des membres de sa famille résident en République démocratique du Congo, M. B, qui ne justifie pas d'attache d'une particulière intensité en France, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait les stipulations citées au point précédent, la circonstance qu'un de ses enfants soit décédé en République démocratique du Congo n'étant pas de nature à le priver de tout lien dans son pays d'origine.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761 1 du code de justice administrative et
37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026