mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juin 2023 et le 30 août 2023, M. A B, représenté par Me Berdugo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les articles L. 311-1 et L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet n'était pas fondé à lui opposer l'absence de déclaration prévue par l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen puisqu'il est entré sur le territoire français avec un visa délivré par les autorités françaises, que l'administration ne met pas en mesure les étrangers d'effectuer cette formalité et qu'en tout état de cause cette déclaration n'est pas une condition de régularité de l'entrée sur le territoire français ;
- elle méconnaît les articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie d'une entrée régulière sur le territoire français et qu'il justifiait, à la date de la décision attaquée, d'une vie commune de plus de six mois avec son épouse française ;
- elle méconnait les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2023 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 9 mars 1995 relatif à la déclaration d'entrée sur le territoire français ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Parisi, conseillère ;
- les observations de Me Petit substituant Me Berdugo représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 3 janvier 2000 à Casablanca, est entré sur le territoire français le 28 août 2014 muni de son passeport revêtu d'un visa court séjour. Le 15 février 2023, M. B a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français sur le fondement des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à titre subsidiaire, sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code. Par un arrêté du 30 mai 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur la légalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne que, dans la mesure où M. B ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire en application de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen, il ne peut bénéficier des dispositions prévues à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il est entré en France en 2014, qu'il y a obtenu son baccalauréat en 2021, et qu'il n'est pas porté, au regard de sa situation personnelle et familiale, une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée. Par suite, cette décision qui mentionne les considérations de droit et de fait propres à la situation de M. B, sur lesquelles elle est fondée, est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ressort des motifs mêmes de la décision litigieuse que la situation personnelle de M. B a été examinée par le préfet de l'Aisne. Le moyen tiré du défaut d'examen personnalisé et complet de sa situation personnelle ne peut donc qu'être écarté.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen : " Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des parties contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque partie contractante, aux autorités compétentes de la partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque partie contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la partie contractante sur lequel ils pénètrent () ". D'autre part, il résulte du rapprochement des articles L. 611-3 et R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que cette déclaration est souscrite, par les étrangers qui n'en sont pas dispensés en vertu de l'article R. 621-4 du même code, auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale et donne lieu à la délivrance d'un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage et qui permet de justifier de l'accomplissement de cette formalité. Les mentions de cette déclaration et son lieu de souscription, ont été fixés par arrêté du 9 mars 1995. Enfin, aux termes de l'article R. 621-4 du même code : " N'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français l'étranger qui se trouve dans l'une des situations suivantes : / 1° N'est pas soumis à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; / 2° Est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ; toutefois un arrêté du ministre chargé de l'immigration peut désigner les étrangers titulaires d'un tel titre qui demeurent astreints à la déclaration d'entrée ". Ainsi, la souscription de la déclaration prévue par cet article 22, et dont l'obligation figure aux dispositions de l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est une condition de la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à cette convention qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire.
6. Il résulte de ces dispositions que l'entrée d'un étranger en France muni d'un visa de court séjour, même délivré par les autorités françaises, ne peut être regardée comme régulière si celui-ci, en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen, n'a pas souscrit à la déclaration d'entrée qu'elles prévoient.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré le 28 août 2014 sur le territoire français muni de son passeport revêtu d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises et valable du 19 août au 18 novembre 2014, en provenance directe de l'Espagne, Etat partie à l'accord de Schengen, qui l'a admis à entrer sur son territoire par la voie maritime. Par conséquent, contrairement à ce que soutient M. B, il était soumis à l'obligation de déclaration aux autorités françaises à son arrivée sur le territoire français, comme le prévoient les stipulations précitées de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen et les dispositions de l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort également des pièces du dossier qu'il n'était pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un État partie à la convention d'application de l'accord de Schengen et ne pouvait donc se dispenser de cette formalité en vertu des dispositions précitées de l'article R. 621-4 du même code. Enfin, s'il se prévaut d'un courrier du 5 juin 2013 de la Direction centrale de la police aux frontières, selon lequel cette formalité déclarative n'aurait jamais été " réellement mise en œuvre ", il n'établit pas par cette seule circonstance que cette formalité, dont les modalités sont définies par arrêté du 9 mars 1995, aurait été impossible à respecter à la date de son entrée sur le territoire français. Par conséquent, le moyen tiré de ce que la déclaration d'entrée prévue par l'article 22 de l'accord de Schengen ne lui serait pas applicable doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français." Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance de la carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. () ". Aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
9. M. B qui ne conteste pas les affirmations du préfet de l'Aisne selon lesquelles il ne s'est pas déclaré aux autorités françaises lors de son entrée sur le territoire français, n'est pas fondé à soutenir qu'il justifie d'une entrée régulière en France. Il ne justifie pas davantage de la détention d'un visa de long séjour. Ainsi, il ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français. Dans ces conditions, le préfet de l'Aisne a légalement pu, refuser de lui délivrer un titre de séjour sollicité sur le fondement des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en dépit de son mariage avec une ressortissante française.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".
11. M. B se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France, où il réside depuis ses quatorze ans, ainsi que du sérieux et de l'assiduité avec lesquels il a suivi, en France, sa scolarité jusqu'à l'obtention du baccalauréat avec mention en 2021, et de son impossibilité de poursuivre ses études à défaut de titre de séjour. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B n'établit ni même n'allègue avoir présenté une demande de titre de séjour antérieurement au 15 février 2023, alors qu'il était majeur depuis le 3 janvier 2018 et était donc soumis à l'obligation de régulariser sa situation. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de sa sœur jumelle, en situation régulière, de ses deux parents et de son épouse, ressortissante française, avec laquelle il réside, il ressort des pièces du dossier que ses parents ne disposent pas d'un droit au séjour, son père ayant de surcroît déjà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement. En outre, il ne justifie pas l'ancienneté et la stabilité de sa vie commune avec son épouse antérieurement à leur mariage en 2022, lequel est au demeurant récent. Enfin, s'il se prévaut de sa volonté de s'insérer professionnellement et produit à ce titre une promesse d'embauche pour exercer les fonctions de rayonniste au sein d'une pharmacie, cette circonstance n'est pas suffisante pour établir une intégration ancienne, intense et stable dans la société française, alors même qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a déjà fait l'objet d'une première mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, et alors qu'il n'existe aucun obstacle à ce que M. B retourne au Maroc le temps nécessaire à l'accomplissement des démarches permettant son entrée régulière en France, le préfet de l'Aisne en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale ", n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces mêmes circonstances, il n'a pas davantage entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité en résultant, au vu des pièces du dossier, sur la situation de l'intéressé. Il s'ensuit que les moyens soulevés en ce sens doivent être écartés.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
13. Dans les circonstances de l'espèce rappelées au point 11, le préfet l'Aisne, en estimant que la situation de M. B, prise dans son ensemble, ne présentait pas un caractère exceptionnel ou humanitaire justifiant de l'admettre au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il sollicitait le bénéfice, n'a ni méconnu ces dispositions ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'objet et des effets de cette décision.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Parisi et Mme C, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
J. PARISI
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026