vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302183 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 juin et 28 juillet 2023, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 12 juin 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 2 241 euros pour la période de juillet 2021 à mars 2022, et de lui accorder cette remise de dette.
Il soutient que :
- il est de bonne foi ;
- il se trouve dans une situation de précarité financière l'empêchant de rembourser l'indu litigieux.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2024, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. Wavelet et les observations de M. B, représentant le département de l'Oise, qui s'en rapporte à ses écritures, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 11 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à M. C un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 241 euros pour la période de juillet 2021 à mars 2022. L'intéressé a sollicité la remise gracieuse de sa dette par courrier du 18 mai 2023. Par une décision du 12 juin 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté sa demande. M. C demande au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que la remise de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
5. Pour solliciter la remise totale de sa dette, M. C doit être regardé comme soutenant qu'il se trouve dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 241 euros qui lui a été notifié. Au soutien de ses prétentions, le requérant produit des pièces justificatives desquelles il ressort que ses seules ressources mensuelles, constituées de ses droits au RSA, s'établissent en juin 2023 à 526,72 euros avant une retenue de 69 euros pour le remboursement de l'indu litigieux. Dès lors qu'il est hébergé à titre gratuit chez ses parents, qui selon ses indications prennent en charge les frais d'énergie ainsi ses cotisations d'assurance automobile, ses seules charges mensuelles, relatives à un abonnement téléphonique, peuvent être regardées comme établies à hauteur d'un montant 9,99 euros. Dans ces conditions M. C, quelle que soit sa bonne foi dans l'omission déclarative à l'origine de l'indu litigieux, ne peut être regardé en l'espèce comme se trouvant dans une situation de précarité telle que le remboursement de sa dette de revenu de solidarité active excéderait ses capacités contributives. Il est cependant loisible à M. C, s'il s'y croit fondé, de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Oise un échelonnement du paiement de sa dette adaptée à sa situation financière.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la remise de sa dette de revenu de solidarité active.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département de l'Oise.
Copie du jugement en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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