vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302273 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, le président de la 9ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis au tribunal administratif d'Amiens la requête de Mme B A.
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2023 au greffe du tribunal administratif de Lyon, Mme B A, représentée par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 juin 2023 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- son état de santé fait obstacle à son éloignement du territoire français ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit d'observations.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, a été entendu :
- le rapport de Mme Galle, magistrate désignée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de la République démocratique du Congo, est entrée en France en 2022 selon ses déclarations. Elle a formé une demande d'asile le 6 juillet 2022, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 25 octobre 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 20 avril 2023. Mme A demande l'annulation de l'arrêté en date du 7 juin 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jour, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite.
2. En premier lieu, si la requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait en ce qu'il expose qu'elle ne justifie pas d'une intégration ancienne et stable dans la société française, alors qu'elle séjourne en France depuis un an et qu'elle suit un traitement médical lourd, ces deux éléments ne contredisent aucun des motifs de l'arrêté attaqué, qui se borne à indiquer, au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que Mme A ne justifie pas d'une vie privée et d'une insertion stable et ancienne sur le territoire français de nature à établir le caractère disproportionné de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Si Mme A fait valoir qu'elle vit en France depuis un an, qu'elle est gravement malade, et qu'elle a tissé de nombreux liens sociaux en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle est célibataire et sans enfant, qu'elle réside en France depuis un an à la date de la décision attaquée, et qu'elle ne justifie aucunement des liens sociaux qu'elle déclare avoir noués sur le territoire français. Si la requérante produit divers documents médicaux, il est constant qu'elle n'a pas sollicité de titre de séjour pour raisons médicales, et les éléments produits relatifs à un suivi dans un service de gynécologie, qui ne sont assortis d'aucun certificat médical explicitant la nature de son éventuelle pathologie, ne permettent pas de conclure que son état de santé nécessiterait un traitement médical en France. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En dernier lieu, si la requérante fait valoir que la décision fixant le pays de renvoi méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle se borne à soutenir que la décision de l'OFPRA et celle de la CNDA ne s'imposent ni à la préfecture ni au tribunal, et qu'elle craint pour sa vie et sa sécurité dans son pays d'origine en raison de son homosexualité. Toutefois, la requérante ne fournit aucun élément de précision ni aucune pièce de nature à établir la réalité de cette allégation, alors que la cour nationale du droit d'asile a jugé peu crédibles ses allégations relatives à son orientation sexuelle et celles relatives aux conditions de son départ de République démocratique du Congo et aux risques encourus dans ce pays. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 7 juin 2023 de la préfète de l'Oise doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence les conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Tourbier et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J-F Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026