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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2302425

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2302425

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2302425
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU3
Avocat requérantSCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2023, Mme D, représentée par Me Pereira, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2023, par lequel le préfet de la Somme a abrogé son attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Colombie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une attestation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle a fui son pays d'origine en raison de menaces dont elle a fait l'objet par des individus armés, lesquels avaient procédé à une tentative de racket sur son mari ;

- pour les mêmes raisons, il est porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la même convention.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2023.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes telles que celle faisant l'objet du présent litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thérain, vice-président désigné,

- et les observations de Me Pereira, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante colombienne, est entrée sur le territoire français le 25 août 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 30 décembre 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 1er juin 2023. Par un arrêté du 5 juillet 2023, le préfet de la Somme a abrogé son attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Colombie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Selon l'article 8 de la même convention : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

3. Si Mme B, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée, soutient qu'elle et son époux courent des risques en cas de retour dans leur pays d'origine notamment à raison des tentatives de racket dont ils ont fait l'objet, la réalité de ces risques n'est pas démontrée. Il en va de même de l'atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, qui est invoquée à raison des mêmes considérations. Il s'ensuit que l'arrêté ne méconnait pas les stipulations précitées.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au préfet de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.

Le vice-président désigné,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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