mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 juillet 2023, enregistrée le 25 juillet 2023, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal la requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 24 juillet 2023, par lesquels M. A B, représenté par Me Tourbier, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder à un réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation de son conseil à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle a été prise sans respect de son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle a été prise sans respect de son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement ;
- c'est à tort que le préfet de l'Aisne a estimé qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisantes alors qu'il a séjourné en France sous couvert de titres de séjour et qu'il y dispose d'attaches familiales constituées notamment par sa compagne ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle a été prise sans respect de son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée dès lors qu'il n'est pas fait état de ses liens avec la France ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision portant refus de départ volontaire qui en constituent le fondement ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation de cette décision emporte en conséquence celle de son signalement au fichier d'information Schengen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023 le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Binand, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 25 juillet 1994, déclare être entré en France en 2017 muni d'un visa " étudiant ". Par cette requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué et de la privation du droit d'être entendu :
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 15 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de l'Aisne a donné délégation à M. Alain Ngouoto, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal d'audition par un officier de police judiciaire établi le 3 juillet 2023 qui est produit par le préfet de l'Aisne, que M. B a été informé lors de sa garde à vue consécutive à son interpellation le 2 juillet 2023 pour des faits de violences conjugales, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et a pu faire valoir l'ensemble des éléments tenant à sa situation personnelle, et notamment ceux relatifs aux conditions de son séjour en Algérie et en France ainsi que ses liens privés et familiaux dans ces deux pays, susceptibles de faire obstacle à son éloignement. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris sans respecter le droit d'être entendu qui fait partie des principes fondamentaux reconnus par le droit de l'Union européenne.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte de manière suffisamment précise les motifs de droit et les considérations de fait sur lesquels le préfet de l'Aisne s'est fondé pour faire obligation à M. B de quitter le territoire français, tirés notamment de ce que ce dernier entre dans le champ d'application des dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour s'être maintenu sur le territoire français depuis le 17 septembre 2022 sans avoir demandé le renouvellement de son titre de séjour et de ce qu'il ne peut, au regard des éléments propres à sa situation que cette autorité a exposés, prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit ou à titre gracieux. Par suite, le préfet de l'Aisne, qui n'était pas tenu de décrire l'ensemble de la situation de l'intéressé, n'a pas entaché cet arrêté d'un défaut de motivation.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré régulièrement en France au mois de septembre 2017 et qu'il s'est vu délivrer des certificats de résidence afin, dans un premier temps de poursuivre des études supérieures puis, dans un second temps, d'exercer une activité commerciale, et qu'il n'a pas demandé le renouvellement de son dernier titre de séjour venu à expiration le 16 septembre 2022. S'il se prévaut d'une relation de concubinage avec une ressortissante français, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette relation qui ne remonte, selon ses déclarations, qu'au premier semestre de l'année 2022 présente un caractère de stabilité, à la date de l'arrêté litigieux, alors d'ailleurs qu'une altercation avec sa compagne l'a conduit le 2 juillet 2023 à quitter le domicile de celle-ci avec ses effets personnels. En outre, M. B, qui ne fait valoir d'autres attaches en France que des collatéraux, avec lesquels il ne justifie pas entretenir des relations d'une intensité particulière, n'établit pas être isolé dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans. Enfin, il ne dispose pas de ressources propres et n'a ni demandé le renouvellement de son titre de séjour destiné à lui permettre d'exercer une activité commerciale, ni sollicité, à la date de l'arrêté attaqué, l'admission au séjour sur un autre fondement, sans justifier que cette circonstance serait directement imputable, comme il l'allègue, au vol de certains de ses documents d'identité en octobre 2022. Dans ces conditions, et en dépit du séjour en situation régulière durant cinq années en France dont il se prévaut, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire qui lui est faite méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni que le préfet a entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que cette mesure d'éloignement emporte sur sa situation.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, le préfet de l'Aisne a indiqué dans l'arrêté attaqué les dispositions dont il a fait application pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, ainsi que les considérations de fait sur lesquelles il a fondé cette décision, tenant à ce qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à cette mesure d'éloignement faute de présenter des garanties suffisantes de représentation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté sur ce point doit être écarté.
8. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit, l'arrêté du préfet de l'Aisne, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, n'est entaché d'aucune des illégalités invoquées par le requérant. Par suite, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'encontre de cet arrêté en tant qu'il porte refus d'accorder un délai de départ volontaire, doit être écartée.
9. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, corroborés par les écritures en défense, que le préfet de l'Aisne, s'il a visé concomitamment le 1° et le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé d'accorder à M. B un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français au motif non que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public mais en raison du risque de soustraction de ce dernier à cette mesure d'éloignement, risque qu'il a regardé comme établi en relevant que l'intéressé entrait dans les prévisions d'une part, du 3° de l'article L. 612-3 de ce code, pour s'être maintenu au-delà de la durée de validité de son titre de séjour sans en avoir demandé le renouvellement, et, d'autre part, du 8°de cet article, faute de justifier d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Si le requérant, qui conteste le bien-fondé de l'appréciation portée sur l'un et l'autre de ces points par l'autorité préfectorale, fait valoir qu'il s'est trouvé dans l'impossibilité matérielle de demander le renouvellement de son titre de séjour, valable jusqu'au 16 septembre 2022, en raison du vol de ce document à son domicile, il ne l'établit pas en se bornant à produire un dépôt de plainte faisant état d'un cambriolage survenu dans la nuit du 15 au 16 octobre 2022, soit un mois après l'expiration de la validité de son titre de séjour et plus de huit mois avant la date de l'arrêté attaqué, sans qu'il ait effectué dans l'intervalle aucune démarche de régularisation. En outre, s'il se prévaut d'une résidence stable et effective chez sa compagne, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard de la teneur des déclarations formulées tant par M. B que par celle-ci lors de leurs auditions le 3 juillet 2003 que, à la date de l'arrêté attaqué, cette situation était appelée à perdurer, alors que M. B avait quitté le domicile avec ses effets personnels à la suite de l'altercation survenue la veille ainsi qu'il a été dit. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de l'Aisne a pu à bon droit estimer qu'il existe un risque que M. B se soustraie à la décision d'éloignement dont il fait l'objet pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :
10. En premier lieu, en indiquant, au visa des dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. B ne faisait pas état de risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet a suffisamment motivé la décision fixant l'Algérie, pays dont il est constant que le requérant est ressortissant, comme pays de destination. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
11. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit, l'arrêté du préfet de l'Aisne, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, n'est entaché d'aucune des illégalités invoquées par le requérant. Par suite, l'exception d'illégalité de cette mesure d'éloignement soulevée à l'encontre de cet arrêté en tant qu'il fixe le pays de renvoi, doit être écartée.
12. En troisième lieu, au regard de ce qui a été dit au point 6 s'agissant des attaches privées et familiales du requérant respectivement en France et en Algérie, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tant qu'il est soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
13. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
14. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour fixer la durée de l'interdiction de retour faite à l'étranger obligé de quitter sans délai le territoire français, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs.
15. En l'espèce, le préfet de l'Aisne, s'il a visé les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a mentionné dans l'arrêté attaqué aucune considération de fait se rapportant aux critères prévus par les dispositions précitées pour fonder sa décision d'interdire M. B de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par suite, M. B est fondé à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée et à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'il soulève à son encontre.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Aisne en tant qu'il porte interdiction de retour sur territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. L'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement l'effacement de l'inscription de M. B aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Aisne d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que M. B demande sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de l'Aisne du 3 juillet 2023 est annulé en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à l'encontre de M. B.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Aisne de procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement à l'effacement de l'inscription de M. B aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Aisne et à Me Tourbier.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 6 février 2023.
Le magistrat désigné,
signé
C. BINAND
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026