lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 septembre 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif d'Amiens, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal la requête de M. B, initialement enregistrée le 29 août 2023.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 11 octobre 2023 M. B, représenté par Me Traoré demande :
1°) à titre principal d'annuler l'arrêté du 27 août 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, à titre subsidiaire d'annuler cet arrêté en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'authentification de l'agent notifiant ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- c'est à tort que l'autorité préfectorale a estimé qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation pour lui faire application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Binand, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 2 août 1999 qui est entré sur le territoire français en 2023, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 août 2023 par lequel le préfet du Val d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur le moyen tiré des conditions de notification de l'arrêté litigieux :
2. M. B ne peut utilement soutenir, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 août 2023 du préfet de Val-d'Oise, que les mentions portées sur cet arrêté ne permettent pas d'identifier l'agent qui a procédé à sa notification et donc l'habilitation de cet agent pour ce faire, dès lors que les conditions de notification d'un acte sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
3. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise a indiqué de manière suffisamment précise l'exposé des motifs de droit et des considérations de fait caractérisant la situation de M. B sur lesquels il s'est fondé, d'une part pour faire obligation à l'intéressé de quitter le territoire français en application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison de son entrée irrégulière sans procéder à une régularisation de sa situation, d'autre part pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, en application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 de ce code en exposant qu'il existe un risque qu'il se soustraie à cette mesure d'éloignement faute notamment de présenter des garanties suffisantes de représentation. Par suite, le préfet n'a pas entaché ces décisions d'un défaut de motivation.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français moins d'un an avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Il est célibataire et sans enfants à charge, et ne démontre pas disposer de liens suffisamment stables, anciens et intenses en France en se bornant à faire valoir que des membres de sa famille seraient régulièrement présents sur le territoire sans apporter d'éléments circonstanciés permettant d'apprécier le bien-fondé de ses allégations. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement sans délai dont il fait l'objet méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En troisième lieu, M. B ne saurait utilement se prévaloir d'un droit au séjour tiré des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants algériens, dont les conditions d'admission au séjour en France sont intégralement régies par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il ne peut davantage utilement soutenir qu'il tire un droit au séjour du pouvoir de régularisation dont dispose l'autorité préfectorale, dès lors d'une part, que le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si un étranger peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part qu'un étranger susceptible d'être admis au séjour par l'usage de ce pouvoir de régularisation ne se trouve pas dans la situation dans laquelle la loi prévoit qu'il doit se voir délivrer de plein droit un titre de séjour et ne pouvant comme tel faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, de tels moyens, à les supposer soulevés, doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, si M. B justifie disposer d'un passeport en cours de validité, quand bien même il n'a pu le présenter lors de la vérification de son droit au séjour, il ressort des motifs de l'arrêté du 27 août 2023 que, pour estimer qu'il existait un risque de soustraction à la décision d'obligation de quitter le territoire français qu'il a prononcée, le préfet ne s'est pas fondé de manière déterminante sur la seule circonstance que l'intéressé était dépourvu de document d'identité ou de voyage mais également sur ce qu'il ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente ainsi que sur son intention explicite de ne pas se conformer à une mesure d'éloignement du territoire français, cas respectivement prévus au 8° et 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dans lesquels un tel risque de soustraction est regardé en principe comme établi. La matérialité de ces faits est corroborée par le procès-verbal rédigé le 27 août 2023 dans le cadre de la vérification du droit au séjour de M. B, que le préfet du Val d'Oise verse au dossier, et dont il résulte notamment que l'intéressé a indiqué être hébergé par un ami dont l'identité n'est pas précisée, dans la commune de Le Blanc Mesnil, et n'est pas démentie par l'attestation d'hébergement sur la commune de Boran-sur-Oise produite en cours d'instance, qui est postérieure à l'arrêté litigieux ni par les dénégations du requérant sur son intention de ne pas quitter le territoire français retranscrite au procès-verbal qu'il a signé. Dans ces conditions, le préfet du Val d'Oise a pu à bon droit faire application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
8. En premier lieu, il résulte des points 2 à 6 que la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai n'est entachée d'aucune des illégalités invoquées par M. B. Il s'ensuit que l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, doit être écartée.
9. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce rappelées aux points 4 et 5, qui ne présentent aucune considération humanitaire, le préfet du Val d'Oise n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en faisant interdiction à M. B, compte tenu de la faible durée de son séjour, de la faible intensité de ses attaches avec la France et de l'absence d'une précédente mesure d'éloignement du territoire français, de retourner sur le territoire français pour une durée de douze mois.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Val-d'Oise, et à Me Traoré.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction 30 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026