jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, dès lors que son insertion professionnelle est établie et que les récépissés délivrés par l'administration l'autorisent à travailler depuis 2021 ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête, qui ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, est irrecevable ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, conseiller ;
- et les observations de Me Pereira, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 10 août 2001, est entré sur le territoire français, à l'âge de seize ans le 30 décembre 2017 selon ses déclarations, et a été confié à l'aide sociale à l'enfance. L'intéressé, devenu majeur, a été titulaire d'un premier titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " du 12 novembre 2019 au 11 novembre 2020, qui a été renouvelé jusqu'au 11 novembre 2021. M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et s'est vu délivrer plusieurs récépissés dont le dernier l'autorisait à se maintenir sur le territoire français jusqu'au 27 septembre 2023. Par un arrêté du 25 juillet 2023, dont M. A demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui renouveler son titre de séjour en qualité de salarié, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination de sa reconduite à la frontière.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise :
2. La requête de M. A comporte l'énoncé de moyens et de conclusions. La motivation de la requête, qui est suffisante, satisfait ainsi aux exigences prévues par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
4. Les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne font d'ailleurs et en tout état de cause nullement obstacle à l'exercice par le préfet du pouvoir discrétionnaire qui lui permet de régulariser la situation d'un étranger compte tenu de l'ensemble des éléments caractérisant sa situation personnelle, peuvent être invoquées, à l'appui d'une demande de renouvellement de titre de séjour, par un étranger pour le cas où il ne remplirait pas les conditions de renouvellement de ce titre. La circonstance que le demandeur soit encore en situation régulière ne fait pas obstacle à ce qu'il sollicite son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a suivi une formation d'apprenti afin de travailler dans la restauration. Son parcours l'a conduit à obtenir le diplôme du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) de cuisine le 9 septembre 2020 puis à obtenir un diplôme de mention complémentaire de niveau 3 dans la spécialité " cuisinier en desserts de restaurant " le 17 septembre 2021. Il a alors signé un contrat de travail à durée indéterminée le 18 septembre 2021 avec la SARL de Oliveira pour laquelle il a exercé le métier de pâtissier. S'il ressort des pièces produites par le requérant, et notamment de ses bulletins de salaire depuis décembre 2021, que l'intéressé a rompu ce contrat et qu'il a été ensuite embauché en tant que cariste, puis en tant que manutentionnaire au sein de la société Supplay, pour laquelle il a réalisé des missions d'intérim, ces missions l'ont conduit à travailler de manière stable et continue chaque mois depuis le mois de décembre 2021, générant des revenus mensuels nets compris entre 1039,82 euros et 1969,06 euros, qu'il a déclarés à l'administration fiscale. Il a également obtenu son permis de conduire ainsi qu'un certificat d'aptitude à la conduite en sécurité de chariots à conducteur porté. M. A, qui séjourne régulièrement sur le territoire français depuis son arrivée et a obtenu à sa majorité des titres de séjour portant la mention " travailleur temporaire " régulièrement renouvelés, s'est formé et a travaillé de manière ininterrompue, ainsi qu'il ressort des bulletins de salaire qu'il produit. Ainsi, contrairement à ce qu'a estimé la préfète en retenant que M. A ne se prévalait que d'un contrat d'intérim de courte durée de juin à juillet 2023 et d'une promesse d'embauche, et qu'il ne justifiait pas de la pérennité de sa situation professionnelle, les conditions de son séjour démontrent son intégration professionnelle et sociale. Dans ces circonstances, eu égard à l'ancienneté et à la stabilité du séjour régulier en France de l'intéressé, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de refus de renouvellement de titre de séjour en date du 25 juillet 2023 de la préfète de l'Oise doit être annulée, ainsi, par voie de conséquence, que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination contenues dans le même arrêté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, son exécution implique nécessairement que la préfète de l'Oise délivre à M. A une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire ". Il y a lieu d'enjoindre à cette autorité d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. M. A n'a pas demandé l'aide juridictionnelle. Dès lors, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 juillet 2023 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de délivrer une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire " à M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Oise et à Me Pereira.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La présidente,
Signé
C. Galle
Le rapporteur,
Signé
E. Fumagalli Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026