mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303076 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 12 septembre 2023, la présidente de la 2éme chambre du tribunal administratif de Rouen a transmis à la présidente du tribunal administratif d'Amiens la requête de M. B enregistrée le 12 septembre 2023 au greffe de ce tribunal.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre et 3 novembre 2023, M. A B demande au tribunal :
- d'annuler la décision en date du 16 février 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refuser de lui délivrer son nouveau permis de conduire ;
- d'enjoindre la délivrance du permis sollicité.
M. B rappelle l'historique du processus ayant conduit à l'invalidation de son permis de conduire, les examens médicaux subis et épreuves passées avec succès. Il demande en conséquence que le permis de conduire nécessaire à l'exercice de son activité de chauffeur lui soit délivré.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
La préfète fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier et notamment le mémoire tardivement produit par M. B, le 7 mai 2024, et non communiqué.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 mai 2019 à 17h45, M. B a été contrôlé au volant de son véhicule alors qu'il conduisait sous l'empire d'un été alcoolique. Le préfet de l'Eure a décidé de la suspension de son permis de conduire. En état de récidive, le tribunal judiciaire d'Evreux a décidé de l'annulation de son permis de conduire pour une journée avec interdiction de solliciter la délivrance d'un nouveau permis avant le délai réglementaire de neuf mois. Ce jugement du 28 février 2020 est devenu définitif le 10 mars 2020. Après avoir réalisé l'examen psychotechnique le 29 janvier 2021, M. B est passé devant la commission médicale de l'Oise le 4 février 2021 et a repassé l'épreuve théorique générale le 2 avril 2021. Il a sollicité le 22 juin 2021 la délivrance d'un nouveau permis. Le bénéfice lui en sera refusé par décision du 16 février 2022. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 224-20 du code de la route : " Tout conducteur dont le permis de conduire a perdu sa validité en application de l'article L. 223-1 ou a été annulé à la suite d'une condamnation pour une infraction prévue par le présent code ou par les articles 221-6-1, 222-19-1 ou 222-20-1 du code pénal, et qui sollicite un nouveau permis doit répondre à nouveau aux conditions fixées à l'article D. 221-3. / Toutefois, pour les conducteurs titulaires du permis de conduire depuis trois ans ou plus à la date de la perte de validité du permis ou à la date de son annulation, et auxquels il est interdit de solliciter un nouveau permis pendant une durée inférieure à un an, l'épreuve pratique ou la formation prévue à l'article R. 221-3 est supprimée sous réserve qu'ils sollicitent un nouveau permis moins de neuf mois après la date à laquelle ils sont autorisés à le faire ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le permis de conduire de M. B, délivré le 11 septembre 2018, a été annulé par une décision judiciaire du 28 février 2020 devenue définitive le 10 mars 2020. En application des dispositions précitées, il devait solliciter un nouveau permis dans un délai de neuf mois, pour être dispensé de l'épreuve pratique. Si les pièces produites par M. B établissent qu'il s'est soumis à la visite médicale dans les neuf mois suivant la période d'interdiction, elles ne suffisent pas à établir qu'il a sollicité un nouveau permis, en remplissant l'intégralité des conditions requises, et notamment celle relative à l'épreuve théorique, dans ce même délai faute pour lui d'avoir sollicité la délivrance d'un nouveau permis dans le délai imparti. Par suite, la préfète de l'Oise pouvait légalement refuser sa demande de délivrance d'un nouveau permis de conduire avec dispense de l'épreuve pratique sans qu'influe la circonstance que M. B aurait besoin de son permis pour l'exercice de son activité professionnelle de chauffeur routier.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. TruyLa greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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