vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP E. FORGEOIS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 26 septembre 2023, le préfet de la Somme demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Pendé a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel positif à M. A B pour un projet de division tendant à la construction de trois maisons d'habitation situé rue de Pendé à Sallenelle sur le territoire de la commune.
Il soutient que :
- son déféré est recevable pour avoir été introduit dans le délai de recours contentieux ;
- le projet méconnait l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas situé en continuité avec les agglomérations et villages existants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la commune de Pendé, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le moyen soulevé par le préfet de la Somme n'est pas fondé.
Le déféré a été communiqué à M. A B qui n'a pas présenté d'observations.
Par une ordonnance du 8 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 août 2024 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lapaquette, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- et les observations de Me Forgeois, représentant la commune de Pendé.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 janvier 2023, M. A B a déposé auprès du maire de la commune de Pendé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel portant sur un projet de division d'une parcelle cadastrée ZC n°277 en vue de la réalisation de trois maisons individuelles. Par un arrêté du 30 mars 2023, le maire de Pendé a estimé le projet réalisable et a délivré à M. B un certificat d'urbanisme positif. Le préfet de la Somme, auquel cet arrêté a été transmis au titre du contrôle de légalité, en a demandé le retrait par un courrier du 17 mai 2023, reçu le 26 mai suivant. Ce recours gracieux a été implicitement rejeté par le maire de Pendé. Par le présent déféré, le préfet de la Somme demande l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, applicable à la commune de Pendé, qui est riveraine de la mer : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais que, en revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.
4. D'autre part, l'exigence de continuité étant directement applicable aux autorisations d'occupation ou d'utilisation du sol, l'autorité administrative, qui se prononce sur une demande d'autorisation d'urbanisme dans une commune littorale, doit vérifier, à moins que le terrain d'assiette du projet soit situé dans une zone destinée à l'accueil d'un hameau nouveau intégré à l'environnement, si, à la date à laquelle elle statue, l'opération envisagée est réalisée " en continuité avec les agglomérations et villages existants " et ce alors même que le plan local d'urbanisme, en compatibilité avec les orientations des schémas de cohérence territoriale et des schémas de secteur ou, en l'absence de ces schémas, avec les dispositions particulières au littoral du code de l'urbanisme, le cas échéant précisées par une directive territoriale d'aménagement ou par un document en tenant lieu, aurait ouvert à l'urbanisation la zone dans laquelle se situe le terrain d'assiette.
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section ZC n°277 d'assiette du projet est située rue de Pendé à proximité d'un secteur qui, compte tenu du grand nombre et de la densité significatifs de constructions qu'il comporte, constitue un village au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Ce dense tissu urbain se délite toutefois de manière relativement significative à environ 80 mètres de l'intersection de la rue de Pendé avec la route départementale 940 pour s'interrompre une première fois au niveau de la vaste parcelle cadastrée section ZC n°190, non bâtie. Si quatre terrains, contigus à la parcelle d'assiette du projet, sont ensuite bâtis, ils sont cependant séparés de la parcelle cadastrée section ZC n°190 par une voie ferrée bordant la façade sud de cette dernière et marquant une nette coupure d'urbanisation. Enfin, à l'instar de ces mêmes terrains, la parcelle cadastrée section ZC n°277 jouxte, sur plusieurs de ses côtés, des espaces agricoles étendus et vierges de toute construction. Dans ces conditions, cette parcelle se situe en continuité, non du village existant, mais d'une zone d'urbanisation diffuse éloignée de celui-ci et aucune construction ne pouvait dès lors y être autorisée en dépit de son classement en zone urbaine par le plan local d'urbanisme de la commune de Pendé. Le préfet de la Somme est, par suite, fondé à soutenir qu'en délivrant un certificat d'urbanisme positif pour la construction de trois maisons sur la parcelle en cause, le maire de Pendé a méconnu les dispositions du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Somme est fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2023 portant certificat d'urbanisme opérationnel positif s'agissant de la division de la parcelle cadastrée ZC n°277 pour la réalisation de trois maisons individuelles.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Pendé la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 30 mars 2023 du maire de la commune de Pendé portant certificat d'urbanisme opérationnel positif s'agissant de la division de la parcelle cadastrée
ZC n°277 pour la réalisation de trois maisons individuelles est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pendé en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Somme, à la commune de Pendé et à M. A B.
Copie en sera adressée à la ministre du partenariat avec les territoires et la décentralisation.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Lapaquette, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Lapaquette
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2303268
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026