lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 septembre 2023, enregistrée le 27 septembre 2023 au greffe du tribunal administratif d'Amiens, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés les 20 et 21 septembre 2023, par lesquels M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de délivrer une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle méconnait son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 621-1 et L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a exprimé le souhait d'être réadmis en Italie ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 621-2 et L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des garanties de représentation dont il justifie.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée faute de faire état de ses attaches familiales ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision fixant l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation de cette décision emportera l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations ente le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Binand, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant de la République du Congo né le 13 mai 1993, a été interpellé par les services préfectoraux démuni de tout document pouvant attester de la régularité de son séjour. Par cette requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé la République du Congo ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 15 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Aisne a donné délégation à M. Alain Ngouoto, secrétaire général de la préfecture de l'Aisne et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de l'Aisne à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, si M. B soutient que l'arrêté a méconnu son droit d'être entendu, garanti par le droit de l'Union européenne, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de son audition le 19 septembre 2023 dans le cadre de la vérification de son droit au séjour, que l'intéressé a été en mesure de présenter toutes observations utiles concernant tant sa situation personnelle que la perspective de son éloignement du territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, le préfet de l'Aisne a indiqué de manière suffisamment précise l'exposé des motifs de droit et des considérations de fait sur lesquels il s'est fondé pour prendre son arrêté, tirés notamment de ce que M. B ne peut plus se maintenir sur le territoire français en raison de son entrée irrégulière et du défaut de démarches de régularisation de sa situation. Par suite, le préfet n'a pas entaché cet arrêté d'un défaut de motivation. Compte tenu du caractère détaillé de la motivation de l'arrêté attaqué, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris sans examen de sa situation personnelle par l'autorité préfectorale.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfants à charge. S'il se prévaut de la présence en situation régulière de ses sœurs sur le territoire français, ses allégations, peu circonstanciées, ne permettent pas de démontrer la nécessité de sa présence à leur côté en France, où il ne séjourne pas habituellement selon la teneur même de ses déclarations effectuées le 19 septembre 2023, ce alors qu'il conserve des attaches dans son pays d'origine où réside notamment sa mère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 621-1 de ce code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7 () ". L'article L. 621-3 du même dispose que : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français sans se conformer aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20, et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21, de cette convention, relatifs aux conditions de circulation des étrangers sur les territoires des parties contractantes, ou sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité ". Enfin, aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009 ".
8. Il résulte de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre État ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application des articles L. 621-1 et suivants, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1.
9. Il est constant que M. B, entré sur le territoire français pour y rejoindre une partie de sa famille régulièrement présente, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par suite, le préfet de l'Aisne, qui n'était pas tenu de décider de remettre l'intéressé aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union européenne d'où il indiquait provenir, en l'occurrence l'Italie, plutôt que de l'obliger à quitter le territoire français dès lors que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre, a pu légalement choisir de l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans méconnaître celles des articles L. 621-1 et suivants de ce code. L'intéressé ne peut davantage utilement faire valoir à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français que le préfet n'a pas examiné les conditions de son éloignement en Italie dès lors que cette décision n'a pas pour objet de fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé. Il s'ensuit que le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
11. En deuxième lieu, pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de l'Aisne, a indiqué, au visa des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile les considérations de fait pour lesquelles il a estimé qu'il existait des risques que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet et de la menace à l'ordre public qu'il a caractérisée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire doit être écarté.
12. En troisième lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 2 à 9, le moyen tiré de ce que la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
13. En quatrième lieu, si M. B, qui a déclaré lors de son audition du 19 septembre 2023 être sans domicile fixe, soutient qu'il présente des garanties suffisantes de représentation au sens des dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de l'Aisne a fait application pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, dès lors qu'il dispose d'un document d'identité en cours de validité et d'un hébergement par sa sœur depuis le mois d'août 2023, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que l'autorité préfectorale s'est également fondée sur ce que la présence de M. B constitue une menace pour l'ordre public, cas prévu au 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile et qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, cas prévu au 3° de ce même article dès lors premièrement qu'il est entré irrégulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, deuxièmement qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à cette mesure d'éloignement prise en 2022, et troisièmement qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, situations dans chacune desquelles un tel risque est réputé en principe établi en vertu des dispositions figurant respectivement au 1° au 4° et au 5° de l'article L. 612-3 de ce code. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Aisne se serait fondé de manière déterminante sur l'insuffisance des garanties de représentation, ou sur la menace à l'ordre public que M. B conteste présenter, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
15. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les éléments tenant à la durée du séjour sur le territoire français et aux différents liens avec la France, sur l'existence de précédentes mesures d'éloignement et sur la menace à l'ordre public que présente le comportement de M. B, que le préfet de l'Aisne a pris en considération pour apprécier la situation de ce dernier. Il indique que cette autorité a décidé de lui faire application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, M. B a été en mesure, à sa seule lecture, de connaitre les motifs caractérisant sa situation, au regard des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 de ce code, qui est également visé, qui ont conduit le préfet de l'Aisne à l'interdire de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par suite, et alors que le bien-fondé de ces motifs est sans incidence sur la satisfaction à l'obligation de motivation, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
16. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 9, le moyen tiré de ce que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, compte tenu des attaches privées et familiales de
M. B qui ne présentent pas une intensité particulière avec la France ainsi qu'il a été dit au point 6 et de l'existence de deux précédentes mesures d'éloignement, le préfet de l'Aisne n'a pas entaché la décision d'interdiction de retour sur le territoire français contestée d'erreur d'appréciation.
Sur le pays de renvoi :
18. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
19. En deuxième lieu en se fondant, au visa des stipulations et dispositions pertinentes, sur la nationalité de M. B et sur la circonstance qu'il ne justifie pas être exposé au risque de subir des traitements inhumains, dégradants ou attentatoires à sa vie ou à sa liberté, en cas de retour en République du Congo, le préfet de l'Aisne a suffisamment motivé la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision le moyen doit être écarté,
20. En troisième lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 2 à 9, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
21. En quatrième et dernier lieu, dans le cas mentionné au point 8, si l'étranger demande à être éloigné vers l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient ou s'il est résident de longue durée dans un État membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel État, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet État ou de le réadmettre dans cet État.
22. Il est constant que M. B, titulaire d'un permis de séjour à durée illimitée délivré par les autorités italiennes, a déclaré, lors de son audition par les services de police le 19 septembre 2023, être entré en France pour rendre visite à ses sœurs, muni d'un titre de séjour italien, pays dans lequel il déclare être légalement admissible et dans lequel il souhaite retourner dès lors qu'y réside son père. Par suite, le préfet de l'Aisne, ayant eu connaissance du titre de séjour italien dont disposait l'intéressé, a entaché la décision fixant le pays de renvoi d'excès de pouvoir et d'erreur manifeste d'appréciation en y mentionnant l'éventualité d'une reconduite à destination du pays dont M. B a la nationalité, à savoir la République du Congo, sans avoir indiqué, par priorité, la possibilité du renvoi de l'intéressé en Italie, État membre de l'Union européenne d'où celui-ci provient directement et au sein duquel il a expressément et préalablement manifesté le souhait d'être reconduit.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 19 septembre 2023 par laquelle le préfet de l'Aisne a fixé le pays de renvoi en tant qu'il n'a pas indiqué l'Italie comme pays à destination duquel il pourra être reconduit le requérant, par priorité au pays dont il a la nationalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui se borne à annuler la décision fixant le pays de destination en tant qu'elle n'a pas prioritairement fixé l'Italie comme pays à destination duquel M. B pourra être reconduit, n'implique pas la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, ni aucune autre mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 septembre 2023 fixant le pays de destination est annulée en tant qu'elle ne fixe pas prioritairement l'Italie comme pays à destination duquel M. B pourra être reconduit.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 30 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026