vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303276 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LELOUP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 septembre et
17 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Leloup, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023, par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi qu'une autorisation de travail ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour revêtue de la mention "salarié" ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une autre incompétence, dès lors que la préfète s'est crue à tort en situation de compétence liée en se fondant uniquement sur l'avis de la DIRECCTE ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen, dès lors que son emploi est en adéquation avec sa formation ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 422-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il en remplit l'ensemble des conditions et qu'en particulier, son emploi est en adéquation avec sa formation ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de son ancienneté de séjour en France, de son insertion professionnelle, ainsi que de la présence en France de deux de ses enfants ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors qu'il a la garde exclusive de ses deux enfants qui résident sur le territoire français ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les observations de Me Leloup, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais, né le 8 décembre 1981, a bénéficié d'un titre de séjour mention "recherche d'emploi, créateur d'entreprise" d'un an et parvenu à échéance le 2 février 2021. En octobre 2020, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour mention "salarié" sur le fondement des articles L. 421-1 et L. 422-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel la préfète de l'Oise a refusé une première fois de lui délivrer ce titre de séjour, a été annulé par la cour administrative d'appel de Douai aux termes d'un arrêt n°22DA01091 du 2 novembre 2022 au motif que la préfète, après avoir constaté que M. B ne remplissait pas les conditions de délivrance du titre de séjour sollicité, s'était estimé en situation de compétence liée pour rejeter cette demande. Aux termes de ce même arrêt, la cour a enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de M. B et, par un arrêté du 25 juillet 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise a de nouveau refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur la légalité de l'arrêté :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
3. M. B, qui peut utilement se prévaloir des dispositions précitées dès lors que la préfète de l'Oise, dans le cadre du réexamen ordonné par la cour administrative d'appel, a également refusé de lui délivrer un titre de séjour sur leur fondement, est entré régulièrement en France en octobre 2018, où il a bénéficié, le 20 novembre 2018, de la délivrance d'un titre de séjour mention "étudiant", et a suivi une formation de "manager humanitaire, parcours opérationnel", sanctionnée par l'obtention, le 5 novembre 2019, d'un diplôme de deuxième année de master. A l'issue de sa formation, M. B a été recruté, le 21 octobre 2019, en qualité de préparateur de commandes, au sein de la société DAT, pour une durée de trois mois. M. B a alors obtenu un titre de séjour "recherche d'emploi - création d'entreprise", valable entre le 3 février 2020 et le 2 février 2021. Dans ce cadre, la société DAT l'a recruté en vertu d'un deuxième contrat de travail, dès le 21 janvier 2020, cette fois en qualité de "manager export", pour une durée de six mois, puis lui a proposé, le 9 septembre 2020, de pérenniser sa situation au sein de l'entreprise en le recrutant, par un contrat à durée indéterminée, en qualité de "manager logistique international". Le contrat de travail dont se prévaut M. B, signé le 3 mai 2021, a par la suite fait l'objet d'un avenant, signé le 6 janvier 2022, en vertu duquel son statut a de nouveau évolué pour devenir cadre de la société DAT, laquelle lui a confié des missions de supervision d'équipe et a augmenté son salaire, qui dépasse désormais d'1,7 fois le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Si ce poste n'est pas en adéquation avec son diplôme de "manager humanitaire" au sens des articles L. 421-1 et L. 422-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels sa demande de titre de séjour était également fondée, il n'est cependant pas dépourvu de tout lien avec celui-ci. Par ailleurs, s'il est constant que l'un de ses enfants réside en Italie avec sa mère, ses deux autres enfants, issus d'une précédente union et dont il a la garde exclusive, sont scolarisés en France depuis le mois de septembre 2021, et sont respectivement inscrits, au titre de l'année scolaire 2023/2024, en classe de terminale pour l'aîné, qui est âgé de 15 ans, et en cours préparatoire pour la benjamine, âgée de 6 ans. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, et alors même que l'intéressé a bénéficié de titres de séjour en Italie avant d'entrer en France, M. B est fondé à soutenir que la préfète a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour au titre des motifs exceptionnels pouvant en justifier l'obtention sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté préfectoral du 25 juillet 2023 doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique que la préfète de l'Oise délivre à M. B un titre de séjour temporaire mention "salarié" sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 juillet 2023 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de délivrer à M. B un titre de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mention "salarié" dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026