lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2023, et un mémoire complémentaire enregistré le 29 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 13 septembre 2023, par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités suédoises en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de prendre en charge l'instruction de sa demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnait l'article 3 paragraphe 1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Le préfet du Nord a produit les pièces du dossier de Mme A le 29 septembre 2023.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les décisions relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, magistrat désigné,
- les observations de Me Homehr, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, soutient en outre que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et précise que les violences exercées en Suède par son ex époux sont la cause du divorce de l'intéressée ;
- les observations de Mme A, qui fait valoir qu'elle a vécu en Suède de 2010 à 2023 ; qu'elle craint des violences de la part de son ex-époux en cas de retour en Suède, dès lors que celui-ci a déjà exercé de telles violences par le passé, que lors de son divorce en 2021, la garde exclusive des enfants a été confiée à la mère, que son ex-époux souhaite emmener la famille en Somalie, où ses trois enfants nés en Suède n'ont jamais vécu ; qu'elle craint que son ex-époux fasse exciser sa fille ; qu'elle n'a pas pu trouver de protection auprès des autorités suédoises, qui ont cessé en mai 2023 de lui verser une allocation lui permettant de nourrir ses enfants ; que C a rejeté à plusieurs reprises leur demande d'asile mais sans jamais les éloigner vers la Somalie.
Une note en délibéré a été produite pour Mme A le 26 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante somalienne née le 21 septembre 1989, a présenté le 5 juillet 2023 une demande d'asile auprès des services de la préfecture de Loire-Atlantique. La consultation du système d'information " Eurodac " a fait apparaitre, à cette occasion, qu'elle avait déposé une demande de protection internationale en Suède. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 13 septembre 2023 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités suédoises pour l'examen de sa demande d'asile.
2. D'une part, aux termes de l'article 6 du règlement (UE) n°604/2013 : " 1. L'intérêt supérieur de l'enfant est une considération primordiale pour les Etats membres dans toutes les procédures prévues par le présent règlement ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a vécu en Suède de 2010 à 2023, et que ses trois enfants y sont nés en 2012, 2013 et 2016. Elle a divorcé le 14 juillet 2022 et elle est arrivée en France en juin 2023 accompagnée de ses trois enfants mineurs. Il est constant que ses demandes d'asile ont été rejetées en Suède. Si la requérante soutient que son ex-époux souhaite emmener sa fille mineure en Somalie afin de l'y faire exciser, et qu'il a déjà par le passé été violent, ce qui a conduit le tribunal à lui accorder la garde exclusive de ses trois enfants lors du divorce, et si elle fait valoir qu'elle a quitté C car elle n'a pas pu obtenir de protection de la part des autorités suédoises à la suite des violences dont elle aurait été victime de la part de son ex époux et des craintes relatives au projet d'excision de sa fille, la requérante ne produit aucun document de nature à accréditer la réalité des risques encourus par elle-même ou par ses enfants en cas de retour en Suède. Il n'est pas établi en particulier que la garde exclusive des enfants lui a été confiée en raison d'un comportement violent ou menaçant de son ex époux ni que Mme A ne pourrait utilement rechercher la protection des autorités suédoises en cas de retour en Suède, pays dont elle n'a jamais été éloignée depuis 2010 malgré plusieurs rejets de sa demande d'asile. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée a méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants en méconnaissance des stipulations de l'article 3, paragraphe 1 de la convention relative aux droits de l'enfant. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme B A, au préfet du Nord et à Me Homehr.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023
La magistrate désignée,
Signé
C. GalleLa greffière
Signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026