jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303456 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DEVOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Devos, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer quatre points illégalement retirés sur son permis de conduire à la suite d'une infraction en date du 20 décembre 2021 ayant donné lieu à un jugement de relaxe, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus, malgré plusieurs demandes, de lui restituer quatre points à la suite d'une infraction pour laquelle elle a finalement été relaxée, a pour conséquence de maintenir la décision d'invalidité de son permis de conduire, et la prive de la possibilité de se déplacer, et de continuer à exercer son activité professionnelle en qualité d'animatrice de centre socio-culturel, emploi qui nécessite, outre des trajets quotidiens, de nombreux déplacements ; cette impossibilité de se déplacer met en péril le maintien de son emploi alors qu'elle a contracté un prêt et a de nombreuses charges ;
- le ministre de l'intérieur porte une atteinte grave à la liberté d'aller et venir et à celle de se déplacer librement en utilisant un moyen de locomotion autorisé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a demandé au ministre de l'intérieur, par des courriers datés du 15 mai,
1er juin et 10 juillet 2023, de lui restituer quatre points retirés de son permis de conduire à la suite d'une infraction en date du 20 décembre 2021, et qui avait conduit à l'invalidation de son permis de conduire pour solde nul le 29 juillet 2022, en raison de l'intervention d'un jugement de relaxe en date du 13 avril 2023 concernant l'infraction du 20 décembre 2021. Le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté sa demande. Mme B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer quatre points illégalement retirés de son permis de conduire.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, Mme B soutient que la décision invalidant son permis de conduire porte préjudice de manière grave et immédiate à sa situation dès lors qu'elle travaille en contrat à durée indéterminée en qualité d'animatrice dans un centre socio-culturel, et qu'outre les trajets quotidiens pour se rendre à son travail, son activité professionnelle implique de nombreux déplacements, de sorte que le maintien de son emploi serait en péril. Toutefois, si le contrat de travail produit par la requérante conclu le 1er septembre 2022, soit à une date où le permis de conduire de l'intéressée était déjà invalidé, précise que l'activité de la requérante s'exerce sur les différents sites gérés par le centre socioculturel les portes du Valois, soit les sites de " Auger-Saint-Vincent, Nanteuil-le-Haudoin, Silly-le-long, Betz ", l'intéressée, qui déclare résider à Nanteuil-le-Haudoin, n'apporte aucun élément de précision ni de justification sur la nature exacte de ses trajets quotidiens à la date de la présente ordonnance pour se rendre à son travail et ne fournit d'ailleurs aucune explication sur les moyens de transport qu'elle utilise pour aller travailler depuis le mois de septembre 2022. Si elle soutient que son emploi serait menacé, son contrat de travail ne comporte aucune clause imposant la détention d'un permis de conduire et Mme B ne fournit aucun document de nature à accréditer l'hypothèse qu'il pourrait être mis fin à bref délai à son contrat de travail au motif de l'absence de détention d'un permis de conduire en cours de validité. Enfin, la requérante ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle serait placée, du fait de la décision contestée, dans une situation de précarité financière. Dans ces conditions, Mme B ne justifie pas de l'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de Mme B.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Amiens, le 12 octobre 2023.
La juge des référés,
Signé
C. Galle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026