lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KORNMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2023, Mme E C, représentée par Me Kornman, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 6 octobre 2023, par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation et de prendre en charge l'instruction de sa demande d'asile en procédure normale, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché du vice d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu sans examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision de transfert a été prise sur une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas bénéficié des garanties attachées à la mise en possession de l'ensemble des documents d'information prévus par les dispositions de l'article 4 du règlement communautaire n° 604/2013 du 26 juin 2013, au bénéfice d'un entretien individuel respectant les prescriptions de l'article 5 de ce règlement et à la délivrance de l'information prévue à l'article 29 du règlement communautaire n° 603/2013 dit " B " ;
- cette décision n'a pas respecté le délai de deux mois à compter du relevé " B " imparti par les articles 21 et 22 du règlement communautaire n° 604/2013 pour saisir les autorités italiennes d'une demande de prise en charge et obtenir leur accord implicite ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la situation de défaillance systématique des conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Italie ainsi que sa situation de vulnérabilité particulière justifient la mise en œuvre des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les décisions relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, magistrat désigné,
- et les observations de Mme C, assistée de Me Niquet, substituant Me Kornman.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante ivoirienne née le 18 mars 1984, a présenté le 30 juin 2023 une demande d'asile auprès des services de la préfecture de l'Oise. La consultation du système d'information " B " a fait apparaître, à cette occasion, qu'elle avait présenté une demande d'asile en Italie de 3 janvier 2023. Par cette requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 6 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités italiennes pour l'examen de sa demande d'asile.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les autres conclusions de la requête :
3. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié, le même jour, au recueil des actes administratifs de la préfecture numéro 158, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D A, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile, à l'effet de signer, en particulier, la décision de transfert attaquée. Le moyen d'incompétence de Mme A pour signer la décision litigieuse manque donc en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et qui permet d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application. En l'espèce, il ressort des motifs exposés dans l'arrêté contesté que le préfet du Nord s'est fondé sur ce que les autorités italiennes ont donné implicitement leur accord à la prise en charge de Mme C, qui leur avait été demandée par la France le 6 juillet 2023 sur le fondement du 1 de l'article 13 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès lors que l'Italie était le premier des Etats membres traversés par l'intéressée. En énonçant ces considérations, le préfet du Nord, qui n'avait pas à décrire l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de Mme C a mis cette dernière à même de comprendre les motifs de droit et de fait sur lesquels l'arrêté litigieux est fondé et donc de les discuter devant le juge de l'excès de pouvoir. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, la requérante soutient qu'elle a été privée de son droit à être informée des conditions d'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en vertu duquel son transfert a été ordonné, dès lors qu'elle n'a reçu aucune brochure d'information dans une langue qu'elle comprend, en méconnaissance des prescriptions de l'article 4 de ce règlement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, produites en défense, que la brochure commune A et B, visée au paragraphe 2 de l'article 4 de ce règlement, a été portée à la connaissance de Mme C le 30 juin 2023 en langue française, qu'elle a expressément déclaré lire et comprendre à cette occasion. Par suite, et alors que ni le document d'information relatif au système " B " ni celui dénommé " guide du demandeur d'asile " ne sont au nombre des documents qui, pour satisfaire à l'obligation d'information prévue par ces dispositions, doivent être remis au demandeur d'asile avant la prise d'une décision de transfert, le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C a bénéficié d'un entretien individuel le 30 juin 2023 dans les locaux de la préfecture de l'Oise qui a été réalisé en langue française, qu'elle comprend ainsi qu'il a été dit. Elle ne fait état devant le tribunal d'aucun élément laissant supposer que cet entretien, dont le résumé expose des considérations qui lui sont propres, ne se serait pas déroulé dans les conditions prévues par les dispositions de l'article 5 du règlement n° 604-2013 du 26 juin 2013 et qu'elle n'aurait ainsi pas eu la possibilité de faire part de toute information pertinente relative à la détermination de l'Etat responsable. Il ressort des mentions de ce résumé, dont Mme C a eu connaissance comme l'atteste l'apposition de sa signature sans émettre aucune réserve, que l'intéressée a été reçu par un agent de la préfecture de l'Oise qualifié pour ce faire en vertu du droit national. Ainsi, l'entretien ayant été mené par un agent qualifié au sens du 5 de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, l'absence d'indication de l'identité dudit agent sur son résumé est, en tout état de cause, sans incidence sur la régularité de la procédure suivie dès lors qu'elle n'a pas privé la requérante de la garantie tenant au bénéfice de cet entretien et à la possibilité de faire valoir toutes observations utiles et, en l'espèce, n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
7. En cinquième lieu, à la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoit un document d'information sur les droits et obligations des demandeurs d'asile, dont la remise doit intervenir au début de la procédure d'examen des demandes d'asile pour permettre aux intéressés de présenter utilement leur demande aux autorités compétentes, l'obligation d'information prévue par le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Il s'ensuit que Mme C ne peut utilement invoquer la méconnaissance de cette obligation d'information à l'encontre de la décision de transfert en litige.
8. En sixième lieu, il ressort des pièces versées au dossier par le préfet du Nord que les autorités italiennes ont été saisies par la France, le 6 juillet 2023, d'une demande de prise en charge de Mme C sur le fondement des dispositions du 1 de l'article 13 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que, faute d'avoir respecté le délai de deux mois après le résultat positif " B ", obtenu le 30 juin 2023, imparti par le deuxième paragraphe du 1 de l'article 21 du règlement du 26 juin 2013 pour demander aux autorités italiennes de la prendre en charge, la France serait devenue l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande de protection internationale en vertu du troisième paragraphe du 1 de cet article, en dépit de l'accord implicite né, en application du 7 de l'article 22 de ce règlement, de l'absence de réponse de ces autorités.
9. En septième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. () ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 :
" 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".
10. D'une part, l'Italie est un État membre de l'Union européenne, partie à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, cette présomption peut être renversée, sur la base d'éléments objectifs, fiables, précis et dûment actualisés et au regard du standard de protection des droits fondamentaux garantis par le droit de l'Union, s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant, notamment en raison du fait que, en cas de transfert, le demandeur de protection internationale se trouverait, indépendamment de sa volonté et de ses choix personnels, dans une situation de dénuement matériel extrême.
11. D'autre part, il résulte des dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe, cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
12. Pour soutenir que l'examen de sa demande d'asile doit être pris en charge en France, la requérante se prévaut les défaillances de caractère systémique du système d'asile italien. Toutefois, la circulaire du gouvernement italien du 5 décembre 2022 relative à la suspension temporaire de transferts vers l'Italie en raison d'une saturation des capacités d'accueil des demandeurs d'asile, les déclarations du ministre de l'intérieur faisant état en mars 2023 des difficultés très importantes rencontrées par la France pour l'exécution des décisions de transfert vers l'Italie, la déclaration le 18 avril 2023 d'un état d'urgence migratoire pour une durée de six mois par la présidente du conseil des ministres italien et l'absence d'acceptation explicite de son transfert qu'elle fait valoir, ne permettent pas d'établir l'existence dans ce pays, à la date de l'arrêté de transfert attaqué, de défaillances systémiques faisant obstacle à ce qu'elle y soit prise en charge et donc de renverser la présomption mentionnée au point 10. Dans ces conditions, en prenant l'arrêté attaqué, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions des articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.
13. En huitième lieu, il ressort des déclarations de Mme C, réitérées à l'audience, qu'elle ne dispose d'aucune attache familiale en France, où elle est entrée le 31 mai 2023. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de Mme C, le préfet du Nord n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté de transfert contesté n'a pas été procédé de l'examen approfondi de la situation personnelle de Mme C. Par suite, le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme C doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, au préfet du Nord et à Me Kornman.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
C. BINANDLa greffière,
signé
F. JOLY La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026