lundi 30 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ERILERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés les 26 et 30 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Erileri, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours de 5h30 à 7h30, l'a obligé à se présenter tous lundi, mardi et vendredi matin à l'unité de gendarmerie de Clermont, à remettre son passeport ou tout document justificatif de son identité et lui a fait interdiction de quitter le département de l'Oise sans autorisation ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire :
- elles sont entachées d'un vice d'incompétence, dès lors que le préfet n'établit pas que la délégation de signature a bien été publiée et qu'il était bien territorialement compétent ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen complet et particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent son droit à être entendu, garanti par le droit de l'Union européenne ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il a des craintes en cas de retour en son pays ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est insuffisamment motivé ;
- il révèle un défaut d'examen complet de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, alors qu'il n'a aucune attache dans la commune de Clermont (Oise) et qu'il est hébergé chez son cousin à Argenteuil.
Par un mémoire en défense, enregistré 27 octobre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fumagalli, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, magistrat désigné ;
- les observations de Me Erileri, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en précisant qu'il renonce au moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Me Erileri soutient également, s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. A a informé les services de gendarmerie lors de son audition qu'il préparait une demande de réexamen de sa demande d'asile en raison d'éléments nouveaux dont il souhaite faire état auprès de l'administration, eu égard notamment à son engagement pour la protection de la population kurde en Turquie et à sa situation familiale, circonstance faisant obstacle à l'édiction de la mesure d'éloignement. Me Erileri précise également le danger que représenterait un renvoi en Turquie et demande au tribunal, à titre subsidiaire, de fixer un autre pays de destination. Enfin, elle précise que l'adresse de M. A à Argenteuil était connue des services de la préfecture de l'Oise avant l'édiction de l'arrêté portant assignation à résidence et que, malgré cette circonstance, l'arrêté l'a assigné à Clermont, où il n'a aucun lien.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc né le 25 septembre 1988, déclare être entré en France le 20 novembre 2020 selon ses déclarations. La demande d'asile de M. A a été rejetée par une décision du 30 septembre 2021 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), et son recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a été rejeté pour irrecevabilité par une ordonnance du 9 février 2022. A la suite d'une interpellation par les services de gendarmerie le 24 octobre 2023, la préfète de l'Oise a le même jour pris à son encontre deux arrêtés par lesquels elle l'a obligé, d'une part, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. A demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire et refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne que M. A n'est pas entré régulièrement sur le territoire français, qu'il s'est y maintenu sans titre de séjour, qu'il n'a pas d'emploi déclaré et ne justifie pas d'une intégration ancienne intense et stable dans la société française et que son épouse et ses trois enfants résident en Turquie. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui mentionne les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée. L'arrêté attaqué vise également les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne également que M. A s'est soustrait à une précédente obligation de quitter le territoire français prononcée par le préfet du Val-d'Oise le 4 août 2022 et que le risque de soustraction à une mesure d'éloignement peut être regardé comme établi. Ainsi, la décision refusant à M. A un délai de départ volontaire satisfait aux exigences de l'article L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : "'Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union°". Aux termes du paragraphe 2 du même article : "'Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ()'". Si l'article 41 de la charte précitée s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense.
6. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
7. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal d'audition produit en défense, que M. A a été entendu par la compagnie de gendarmerie de Clermont le 24 octobre 2023, notamment sur l'irrégularité de son séjour en France et sur l'éventualité de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, éventuellement assortie d'une assignation à résidence. A cette occasion, M. A a indiqué qu'il souhaitait rester en France et faire une nouvelle demande d'asile. Par ailleurs, le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu préalablement à l'intervention de décisions qui l'affecteraient défavorablement doit être écarté.
8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Oise a procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant. Le moyen afférent doit donc être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3°. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. () ".
10. Il résulte des dispositions précitées que l'étranger qui demande l'asile a le droit de se maintenir à ce titre sur le territoire national jusqu'à ce que la décision rejetant sa demande lui a été notifiée régulièrement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ou, si un recours a été formé devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), jusqu'à la date de lecture en audience de la décision de la CNDA ou, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de sa notification.
11. Il ressort des pièces produites par la préfète en défense, et notamment du relevé " télémofpra ", que le recours à l'encontre de la décision du directeur général de l'OFPRA a été rejeté pour tardiveté. Il est constant que M. A n'a pas de titre de séjour et qu'il n'en a pas sollicité la délivrance. Si le requérant allègue avoir préparé un dépôt de demande de réexamen au titre de l'asile, il ne l'établit par aucune pièce. Dans les circonstances de l'espèce, M. A, qui se borne à faire état de persécutions en Turquie, ne doit pas être regardé comme ayant formulé une demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui n'a pas d'emploi déclaré, résiderait depuis trois ans en France à la date des décisions litigieuses. Il ressort également du procès-verbal d'audition produit par la préfète de l'Oise que M. A n'est pas dépourvu d'attaches familiales en son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans et où vit sa famille proche ainsi qu'il a été dit au point 4. Il est constant que l'intéressé est entré et qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, alors que sa demandé d'asile a été rejetée. Il ressort également des pièces produites en défense que M. A a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, ainsi qu'il a exposé au point 4, à laquelle il n'a pas déféré. Dans ces conditions, compte tenu des conditions du séjour en France de l'intéressé, les décisions attaquées n'ont pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. Pour le même motif qu'exposé au point précédent, la préfète de l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.
En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. (). ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
16. En premier lieu, la décision vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que M. A est entré sur le territoire en août 2020 d'après ses déclarations, qu'il est dépourvu d'attaches familiales proches en France, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de la décision attaquée doit être écarté.
17. En deuxième lieu, alors que M. A se borne à alléguer que rien ne justifie l'interdiction de retour sur le territoire français, les éléments cités au point 11 permettaient à la préfète de l'Oise de prendre légalement la décision attaquée, qui n'est pas disproportionnée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. Il ne ressort pas des pièces ni des débats à l'audience que la décision contestée l'exposerait personnellement à un risque de torture ou d'emprisonnement en Turquie. M. A n'est pas davantage fondé à solliciter le tribunal d'enjoindre à la préfète de fixer un autre pays de destination. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté méconnaît les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'arrêté du 24 octobre 2023 portant assignation à résidence :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées ".
21. L'arrêté attaqué cite les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et développe les motifs retenus au soutien de la décision en litige. A cet égard, la préfète de l'Oise a indiqué que M. A a fait l'objet, le 24 octobre 2023, d'une obligation de quitter le territoire sans délai, dont l'exécution, bien que ne pouvant intervenir immédiatement pour des raisons matérielles, demeure toutefois une perspective raisonnable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué, lequel comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé, doit être écarté.
22. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Oise a procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant avant de prendre l'arrêté litigieux. Par conséquent, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation du requérant ne peut être qu'écarté.
23. En dernier lieu, en se bornant à affirmer que la décision a été édictée sans en prendre en compte la circonstance qu'il vivrait à Argenteuil, et en produisant une attestation postérieure à l'arrêté attaqué, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision est entaché d'une erreur d'appréciation.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et celles relatives aux dépens, en l'absence de tels frais.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Oise et à Me Erileri.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
E. FUMAGALLILe greffier,
Signé
P. VROMAINE
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026