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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2303668

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2303668

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2303668
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDORE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête non motivée, enregistrée le 27 octobre 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023, par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le Sénégal comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête n'est pas recevable, faute d'exposer des moyens et conclusions.

- les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes telles que celle faisant l'objet du présent litige.

Les parties ont été régulièrement convoquées par tous moyens à l'audience publique.

Ont été entendus au cours de cette audience publique :

- le rapport de M. Thérain, vice-président ;

- et les observations de Me Doré, avocate commise d'office représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, en soutenant que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation, dès lors qu'il n'expose pas les considérations relatives à sa vie personnelle et familiale sur le territoire français, et notamment sa présence sur le territoire français depuis l'âge de quatorze ans ainsi que celle de ses parents ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, compte tenu, d'une part, de sa présence sur le territoire français depuis l'âge de quatorze ans et de celle de ses parents et, d'autre part, des titres de séjour dont il a précédemment bénéficié.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant sénégalais né le 10 avril 1998, actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Beauvais jusqu'au 14 novembre 2023, a présenté le 25 janvier 2022 une demande titre de séjour au titre d'un regroupement familial. Par un arrêté du 24 octobre 2023, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le Sénégal comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur les conclusions dirigées à l'encontre de l'arrêté attaqué en tant qu'il oblige M. B à quitter sans délai le territoire français, fixe le Sénégal comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :

2. En premier lieu, la décision attaquée expose les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde, notamment celles pour lesquelles l'autorité administrative a estimé que la présence de l'intéressé sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public, tout en relevant que l'intéressé déclarait être entré sur le territoire français en 2012 à l'âge de quatorze ans, de même qu'il déclarait la présence de ses parents et de sa fratrie sur le territoire français et avoir été titulaire de titre de séjour entre 2017 et 2020. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait insuffisamment motivé doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

4. En admettant même établies les circonstances tirées de ce que l'intéressé serait présent sur le territoire français depuis l'âge de quatorze ans, de ce que ses parents et sa fratrie y seraient également présents, et qu'il aurait été titulaire de titres de séjour entre 2017 et 2020, ce qui ne ressort au demeurant d'aucune pièce du dossier, il ressort des mentions du casier judiciaire de M. B que celui-ci a fait l'objet le 4 octobre 2021 d'une condamnation à un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits de transports non autorisé de stupéfiant, de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint ou concubin et de menace de crime. Ainsi compte tenu de la menace que représente sa présence sur le territoire français, la préfète de l'Oise, en l'obligeant à quitter le territoire français et en prenant les autres décisions visées ci-dessus issues de l'arrêté attaqué, n'a pas porté d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

5. Il résulte de ce qui précède les conclusions dirigées à l'encontre de l'arrêté attaqué en tant qu'il oblige M. B à quitter sans délai le territoire français, fixe le Sénégal comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, doivent être rejetées.

Sur les conclusions dirigées à l'encontre de l'arrêté attaqué en tant qu'il refuse un titre de séjour à M. B :

5. Il résulte des articles L. 614-9 et suivant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquels renvoie son article L. 614-15, et du deuxième alinéa de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, auquel renvoie son article R. 776-29, qu'il y lieu de renvoyer ces conclusions à une formation collégiale du tribunal.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. B dirigées à l'encontre de l'arrêté attaqué en tant qu'il l'oblige à quitter sans délai le territoire français, fixe le Sénégal comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, sont rejetées.

Article 2 : Le surplus des conclusions aux fins d'annulation de la requête est renvoyé devant une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

Le vice-président désigné,

Signé

S. ThérainLe greffier,

Signé

P. Vromaine

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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