jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARLU HAGEGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Hagège, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'annuler la décision l'interdisant de retour sur le territoire français et celle le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté et les décisions attaqués ont été pris par une autorité incompétente ;
- cet arrêté et la décision l'interdisant de retour sur le territoire français sont insuffisamment motivés ;
- cet arrêté et la décision l'interdisant de retour sur le territoire français sont entachés d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- cet arrêté est entaché d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas établi qu'il dispose de liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ;
- cet arrêté et la décision l'interdisant de retour sur le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- la décision l'interdisant de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions des articles L. 612-10 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français et de celle l'interdisant de retour sur le territoire français ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 29 décembre 2023 à 12 heures.
Par un courrier du 3 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision interdisant M. C de retour sur le territoire français et de celle le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dès lors que ces dernières sont matériellement inexistantes.
M. C a répondu à ce moyen d'ordre public le 3 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les observations de Me Le Bouill, substituant Me Hagège, représentant M. C.
Une note en délibéré présentée pour M. C a été enregistrée au greffe le 29 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 4 avril 2005, déclare être entré sur le territoire français le 27 mai 2019 sous couvert d'un visa de court séjour et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance le 4 août 2021. Le 22 mai 2023, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 octobre 2023, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure. M. C demande l'annulation de cet arrêté ainsi que d'une décision l'interdisant de retour sur le territoire français et le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions interdisant M. C de retour sur le territoire français et le signalant aux fins de non-admission :
2. En se bornant, par l'arrêté attaqué, à informer M. C de la possibilité de faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans en cas d'inexécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète de l'Oise n'a ni édicté une telle interdiction ni décidé de signaler l'intéressé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Dans ces conditions, les conclusions de M. C dirigées à l'encontre de telles décisions sont irrecevables.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature de la préfète de l'Oise en date du 14 septembre 2023 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à M. C vise les dispositions internationales, légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde, et notamment l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les éléments de la situation professionnelle et personnelle de l'intéressé que la préfète a pris en considération pour le prendre. Par ailleurs, la décision obligeant M. C à quitter le territoire français vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision lui refusant un titre de séjour. En outre, en visant l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant que M. C était ressortissant de la République démocratique du Congo et n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. Enfin, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que la situation personnelle de M. C n'ait été dument prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de cette dernière doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B D, qui a été déclarée comme étant la mère de M. C dans l'acte de naissance de ce dernier, a obtenu à quatre reprises des visas de court séjour pour se rendre en Belgique en 2019, 2020, 2021 et 2022, avec son compagnon et leurs trois enfants mineurs communs. Par ailleurs, celle-ci a publié des photographies sur les réseaux sociaux lors de congés durant lesquels elle a rendu visite à M. C et a accompli des démarches le 18 avril 2022 pour aider ce dernier à obtenir son passeport. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir qu'il ne serait pas établi qu'il dispose de liens avec sa famille restée dans son pays d'origine.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. C déclare résider depuis le 27 mai 2019 sur le territoire français où il a été confié à l'aide sociale à l'enfance le 4 août 2021 tout en étant hébergé par son oncle. Par ailleurs, l'intéressé est célibataire, sans enfant et ne dispose pas d'autre attache particulière en France. En outre, M. C n'établit pas ne plus disposer d'attaches dans son pays d'origine où résident sa mère, le compagnon de celle-ci ainsi que les trois enfants mineurs du couple avec qui il entretient des liens, ainsi qu'il a été dit. Enfin, si M. C est inscrit en terminale professionnelle dans le domaine de la logistique, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette formation ait un caractère réel et sérieux alors que les seules pièces produites établissent ses nombreuses absences et ses très faibles résultats. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, cet arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de M. C.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Richard
La présidente,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2303750
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026