mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | POUGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2023, Mme E B F, représentée par Me Pouget, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de l'Oise de lui délivrer un récépissé de titre de séjour, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision est entachée d'une erreur de fait, dès lors que la circonstance qu'elle peut bénéficier du regroupement familial ne la prive pas de la possibilité de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle vit avec son époux et leurs enfants depuis 2020 ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale, dès lors que la préfète a omis le caractère exceptionnel de sa demande de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Parisi, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B F, ressortissante de la République Démocratique du Congo née le 28 octobre 1990 est entrée sur le territoire français le 24 février 2020, selon ses déclarations, munie d'un visa court séjour délivré par les autorités belges, valable du 21 février au 17 mars 2020. Le 9 mars 2022, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 19 octobre 2023, dont Mme B F demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
3. Pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme B F, la préfète de l'Oise a considéré que l'intéressée ne justifie pas d'une intégration ancienne, stable et ancienne en France, notamment eu égard à la circonstance qu'elle ne justifie pas d'une résidence habituelle et continue en France depuis 10 ans, qu'elle ne justifie d'aucune attache familiale en France en dehors de son époux et que deux de ses enfants résident en République démocratique du Congo.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B F, qui déclare être entrée en France le 24 février 2020, est mariée depuis le 14 juin 2019 avec M. C A, ressortissant congolais, titulaire, à la date de la décision attaquée, d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 23 mai 2029. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, deux enfants étaient nés de cette union, les 4 décembre 2020 et 4 décembre 2022, et que Mme B était enceinte de leur troisième enfant. Il ressort enfin des pièces du dossier, et n'est pas contesté par la préfète en défense, que les deux conjoints résident ensemble depuis l'arrivée de Mme B F en France. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu de la durée du séjour de Mme B F et de l'intensité des attaches dont elle justifie avec la France, la préfète de l'Oise a, en prenant la décision attaquée, porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme B F au respect de sa vie privée et familiale et, par suite, méconnu les stipulations précitées.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 19 octobre 2023 portant refus de titre de séjour doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et celle fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise de délivrer à Mme B F un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B F et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 19 octobre 2023 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de délivrer à Mme E B F un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme E B F une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B F et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme D et Mme Parisi, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
J. PARISI
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026