mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SORRIAUX JONATHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 23 novembre 2023 et le 3 février 2024, M. A F D, représenté par Me Sorriaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer la carte de séjour temporaire sollicitée ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la préfète de l'Oise a entaché sa décision portant refus de titre de séjour d'erreur de fait en considérant ses documents d'identité comme n'étant pas de nature à prouver ni son identité, ni sa nationalité ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont dépourvues de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- l'arrêté attaqué, dans son ensemble, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés ;
- en tout état de cause, il y a lieu de substituer le motif tiré du caractère frauduleux des documents produits par M. D au soutien de sa demande de titre de séjour à celui tiré de ce qu'il ne remplit pas l'ensemble des conditions prévues aux dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 8 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,
- et les observations de Me Doré substituant Me Sorriaux, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F D déclare être entré en France le 19 janvier 2021, dénué de tout visa régulièrement délivré. Par un arrêté du 3 octobre 2023, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer une carte de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ". L'article R. 431-10 de ce code dispose que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité () ". L'article R. 431-11 du même code précise que : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Enfin, le tableau figurant à l'annexe 10 dudit code vise, en sa rubrique n° 36, au nombre des pièces justificatives à fournir " dans tous les cas " à l'appui d'une demande de carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" délivrée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22, à l'étranger confié au service de l'aide sociale à l'enfance : un justificatif d'état civil à savoir " une copie intégrale d'acte de naissance comportant les mentions les plus récentes accompagnée le cas échéant de la décision judiciaire ordonnant sa transcription (jugement déclaratif ou supplétif) " et un justificatif de nationalité correspondant à un " passeport (pages relatives à l'état civil, aux dates de validité, aux cachets d'entrée et aux visas) ou, à défaut, autres justificatifs dont au moins un revêtu d'une photographie permettant d'identifier le demandeur (attestation consulaire, carte d'identité, carte consulaire, certificat de nationalité, etc.) ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ", lequel dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française ".
4. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
5. Il résulte des dispositions et principes exposés aux points qui précèdent que, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, dont les évaluations des services départementaux et les mesures d'assistance éducative prononcées, le cas échéant, par le juge judiciaire, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité et de l'âge du demandeur.
6. En l'espèce, il est constant que, à l'appui sa demande de titre de séjour, le requérant, se disant ressortissant guinéen né le 27 février 2005, s'est prévalu d'un jugement supplétif n° 632/TPI/S/2020, d'un extrait du registre de l'état civil n° 1341/CU/SI/2020, d'un certificat de nationalité n° 718/TPI/S/2020, d'une carte consulaire n° 144WRBOC, de déclarations de décès de ses parents ainsi que de leurs transcriptions sur les registres de l'état civil nos 04 et 05/CU/SI/2023 et enfin, d'un jugement n° 10 du 8 mai 2023 tenant lieu d'acte de décès de son père. L'ensemble de ces documents a été soumis à une analyse documentaire réalisée par les services spécialisés de la police aux frontières, lesquels ont conclu à leur irrégularité et leur absence de validité au terme de cinq rapports du 22 mai 2023 en relevant des erreurs et des irrégularités dans les tampons humides des officiers d'état civil, des incohérences dans les dates et les communes ainsi que dans les numéros de référence des actes et enfin, une absence de " sur-légalisation française ".
7. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. D, la préfète de l'Oise, s'appropriant les conclusions des analyses menées par la police aux frontières, a estimé que la fraude commise par l'intéressé, concernant son identité et sa nationalité, faisait obstacle à l'examen au fond de sa demande et partant, à la délivrance du titre de séjour qu'il sollicite.
8. Toutefois, M. D produit une attestation d'authentification du 16 octobre 2023, laquelle, signée par M. E C, premier secrétaire en charge des affaires consulaires de l'ambassade de la République de Guinée en France, atteste de l'authenticité de l'ensemble des documents produits par l'intéressé dans le cadre de sa demande de titre de séjour. En tout état de cause, les anomalies relevées dans l'analyse, succincte et non technique, de ces documents par la police aux frontières, à les supposer même caractérisées, n'affectent pas, par elles-mêmes, la véracité des mentions inscrites sur les actes litigieux se rapportant à l'identité et à l'âge du requérant. Dans ces conditions, c'est à tort que la préfète de l'Oise s'est fondée sur ce que les documents présentés par M. D, à l'appui de sa demande de titre de séjour, pour justifier de son état civil, présentent un caractère frauduleux et a écarté les mentions qui y sont portées s'agissant de son identité et de sa nationalité.
9. Néanmoins, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
10. Pour établir que l'arrêté en cause était légal, la préfète de l'Oise invoque, dans son mémoire en défense, qui a été communiqué, un autre motif, tiré de ce que le requérant ne remplit pas l'ensemble des conditions prévues aux dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. A cet égard, lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, le préfet ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.
12. Il est constant que M. D, né le 27 février 2005 et qui déclare être entré sur le territoire français le 19 janvier 2021, a été confié à l'aide sociale à l'enfance le 4 février suivant, soit avant l'âge de seize ans.
13. Premièrement, les pièces du dossier révèlent que, après avoir réalisé un stage au sein d'une entreprise de pose de carrelage, le requérant a intégré, en cours d'année scolaire 2021-2022 une formation en vue de l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) mention " carreleur mosaïste rénové " dans le cadre de laquelle il a conclu un contrat d'apprentissage pour la période du 23 août 2021 au 31 juillet 2024. A cet égard, les bulletins de notes produits par M. D fait état de moyens satisfaisantes de 12,70 et 11,03 au titre des deux semestres de l'année scolaire 2022-2023 ainsi que d'appréciations encourageantes de ses professeurs témoignant de sa volonté et des efforts qu'il déploie en vue de dépasser les difficultés qu'il rencontre.
14. Deuxièmement, la structure, qui a accueilli M. D dès son entrée dans le dispositif de l'aide sociale à l'enfance, le décrit en des termes mélioratifs comme un jeune homme " très respectueux ", " souriant ", " autonome " qui " entretient de bonnes relations avec ses pairs " et qui, " acteur de sa situation " est surtout " très investi dans ses perspectives d'avenir tant sur le plan des démarches administratives que sur le plans professionnel ".
15. Troisièmement et enfin, les erreurs et incohérences relevées par la police aux frontières dans les rapports du 22 mai 2023 ne sauraient suffire, à elles seules, à caractériser tant le caractère apocryphe des actes dont M. D se prévaut que l'intention de ce dernier de s'en prévaloir sciemment auprès des services de la préfecture de l'Oise, ce d'autant que la note éducative versée au dossier indique que l'intéressé, dont l'état d'isolement a d'ailleurs été reconnu par les deux décisions de justice décidant de son placement à l'aide sociale à l'enfance, ne s'exprime pas sur sa famille avec qui il " n'entretient aucun contact ". En outre, la préfète de l'Oise ne démontre pas davantage par les captures d'écrans de réseaux sociaux qu'elle produit que M. D conserverait des contacts avec les membres de sa famille demeurés dans son pays d'origine.
16. Eu égard à l'ensemble des éléments exposés aux quatre points qui précèdent et alors qu'aucune pièce du dossier ne révèle que le comportement de M. D représente une menace pour l'ordre public, il s'ensuit que le motif invoqué par la préfète de l'Oise, dans le cadre de la présente instance, ne peut se substituer au motif erroné retenu à l'appui de la décision du 3 octobre 2023 portant refus de titre de séjour. Le motif invoqué en défense n'étant pas de nature à fonder légalement la décision attaquée, il n'y a, par suite, par lieu de procéder à la substitution sollicitée.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 3 octobre 2023 portant refus de délivrance d'une carte de séjour doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, celles portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
18. Compte tenu de son motif, l'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement qu'il soit délivré la carte de séjour temporaire sollicitée par M. D. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
19. Il résulte des dispositions combinées des articles 37, 43 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit la partie perdante qu'au paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat. L'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
20. M. D n'établit, ni même n'allègue, avoir exposé des frais autres que ceux pris en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été accordée par la décision du 8 novembre 2023. Dans ces conditions, les conclusions qu'il présente à son profit sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 octobre 2023 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de délivrer une carte de séjour temporaire à M. D sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F D, à la préfète de l'Oise et à Me Sorriaux.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
P. BEAUCOURTLe président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026