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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2304038

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2304038

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2304038
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPORCHER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 24 novembre 2023 et le 23 janvier 2024, M. C A, représenté par Me Porcher, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et l'a obligé à se présenter tous les mardis et vendredis à 8h30 auprès des services de la gendarmerie de Wassigny afin d'indiquer les démarches qu'il a engagées dans le cadre de la préparation de son départ ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont dépourvues de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- la décision portant obligation de se présenter aux services de la gendarmerie de Wassigny est disproportionnée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'étant étudiant, il ne peut, en outre, s'y soumettre du fait des horaires contraignants fixés par son école.

- l'arrêté attaqué, dans son ensemble, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 janvier 2024 à 12h00.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision complétive du 10 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,

- et les observations de M. A, assisté de Me Porcher.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant égyptien né le 24 octobre 2004, déclare être entré en France en juillet 2021, dénué de tout visa régulièrement délivré. Par un arrêté du 3 novembre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et l'a obligé à se présenter tous les mardis et vendredis à 8h30 auprès des services de la gendarmerie de Wassigny afin d'indiquer les démarches qu'il a engagées dans le cadre de la préparation de son départ.

Sur les moyens communs à l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, par un arrêté du 13 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil n° 02-2023-143 des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Aisne a donné délégation à M. Alain Ngouoto, secrétaire général de la préfecture de l'Aisne, sous-préfet de l'arrondissement de Laon et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de l'Aisne à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". En outre, dans le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que " la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

4. Les arrêtés du 3 novembre 2023 mentionnent les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que, au demeurant, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et développent les motifs de fait qui fondent chacune des décisions attaquées.

5. Premièrement, pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A, le préfet de l'Aisne indique que l'intéressé, qui ne justifie pas d'une nécessité liée au déroulement d'études, ni du suivi d'une scolarité en France depuis l'âge de ses 16 ans, ni y poursuivre des études supérieures, ni être entré régulièrement sur le territoire, ni avoir satisfait aux épreuves du concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur ayant signé une convention avec l'État, ne remplit pas les conditions prévues aux articles L. 422-1 et L. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Par ailleurs, l'autorité préfectorale souligne, au visa des articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code, que le requérant fait état de conditions d'existence précaires en France et ne démontre pas disposer de liens personnels et familiaux intenses, anciens et stables et que sa situation tant personnelle, constituée par le fait qu'il soit hébergé par les parents de la ressortissante française avec qui il forme un couple, que professionnelle, ne représente pas davantage des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels permettant son admission exceptionnelle au séjour. En tirant de ce refus, suffisamment motivé, la conséquence que M. A entrait dans le champ des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code, le préfet de l'Aisne a suffisamment motivé la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui conformément aux prescriptions de l'article L. 613-1 de ce code n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour.

6. Deuxièmement, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

7. Les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile laissent, par principe, un délai de départ volontaire de trente jours à l'étranger qui fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative, lorsqu'elle accorde ce délai de trente jours, n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'intéressé n'a présenté aucune demande tendant à l'octroi d'un délai supérieur. En l'espèce, M. A n'établit, ni même n'allègue avoir sollicité l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur à la durée de principe de trente jours.

8. Troisièmement, en précisant que le requérant, au demeurant non demandeur d'asile, n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet de l'Aisne a suffisamment motivé ses décisions fixant le pays de destination.

9. Quatrièmement, la décision faisant obligation à M. A, en application des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de se présenter bihebdomadairement auprès des services de la gendarmerie de Wassigny constitue une mesure de police visant à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, qui doit être motivée en application des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Une telle motivation peut, toutefois, se confondre avec celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire, laquelle est, ainsi qu'il a été dit au point 5, suffisamment motivée.

10. Compte tenu des six points qui précèdent, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué, qui, contrairement à ce que soutient le requérant, n'est pas rédigé de façon stéréotypée et n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances propres à sa situation, doit être écarté, nonobstant la circonstance avancée par le requérant que le préfet de l'Aisne a fait mention de la convention internationale relative aux droits de l'enfant pourtant inapplicable à sa situation.

11. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que : " 1) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

12. M. A, qui indique être entré en France en juillet 2021, soit il y a plus de deux ans à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, se prévaut de la présence sur le territoire de son père, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 24 juillet 2026, du fait que ce dernier a récemment eu deux autres enfants, qui sont dès lors ses demi-frère et demi-sœur, et de la circonstance qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française, depuis le 5 février 2023. Toutefois, le requérant, qui affirme s'être engagé dans cette relation à compter du 14 août 2022 et avoir noué des " liens forts " avec sa belle-famille qui l'héberge, n'établit, ni même n'allègue avoir tissé d'autres liens sociaux depuis son arrivée sur le territoire français. A cet égard, les pièces d'identité et autres documents officiels des membres de la famille de M. A produits au dossier ne permettent pas, à eux seuls, de caractériser l'intensité des liens familiaux qu'il entretiendrait avec son père et ses demi-frères et demi-sœurs présents sur le territoire, ce alors que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches en Egypte, pays qu'il a quitté à l'âge de dix-sept ans et où résident toujours sa mère et un frère, ainsi qu'il l'a lui-même déclaré dans son formulaire de demande de titre de séjour. Il ne fait pas davantage état d'un quelconque obstacle à la poursuite de sa formation ou à l'exercice d'une activité professionnelle dans son pays d'origine. Par ailleurs, la circonstance que M. A a participé à de nombreux entraînements du club de football d'Hannapes ne saurait suffire à traduire son insertion suffisante sur le territoire national. Dans ces conditions, le préfet de l'Aisne n'a pas, en prenant l'arrêté attaqué, méconnu les stipulations citées au point précédent, ni porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :

13. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Aisne, saisi de la demande de M. A tendant à son admission exceptionnelle au séjour, a, en outre, examiné d'office la demande de ce dernier à la lumière des dispositions des articles L. 422-1, L. 422-2, L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ", lequel dispose que " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Par ailleurs, l'article L. 422-2 de ce code précise que : " La carte de séjour prévue à l'article L. 422-1 est également délivrée lors de sa première admission au séjour, sans avoir à justifier de ses conditions d'existence et sans que soit exigée la condition prévue à l'article L. 412-1, à l'étranger ayant satisfait aux épreuves du concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur ayant signé une convention avec l'État ".

15. A supposer même que M. A justifie de moyens d'existence suffisants dès lors qu'il est hébergé par les parents de sa concubine, qui subviennent à l'ensemble de ses besoins, l'intéressé, ainsi qu'il l'a au demeurant confirmé dans ses déclarations au cours de l'audience publique, ne justifie toutefois pas suivre, à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, un enseignement ou poursuivre des études sur le territoire français par la seule production d'un certificat de scolarité et de bulletins scolaires pour l'année 2021-2022, d'une attestation de pré-inscription en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) mention " moniteur en installation sanitaire " et d'une promesse d'embauche en contrat d'apprentissage à compter du 1er juillet 2023. De surcroît et en tout état de cause, le requérant ne satisfait pas, ainsi que l'a retenu le préfet de l'Aisne, à la condition de disposer d'un visa de long séjour, requise en application de l'article L. 412-1 du même code pour prétendre à la délivrance du titre de séjour portant la mention " étudiant " en vertu du premier alinéa de l'article L. 422-1 de ce code, ni aux différentes conditions, notamment relatives à l'entrée régulière sur le territoire français, lui permettant, en application des dispositions du second alinéa et l'article L. 422-1 et de l'article L. 422-2, de se voir délivrer ce même titre de séjour sans que soit exigé de sa part la production un tel document. Dans ces conditions, et quand bien même certains de ses professeurs ont souligné les efforts qu'il a déployés durant son année de seconde " classe accueil " au lycée polyvalent André Sabatier de Bobigny, le préfet de l'Aisne n'a pas, en refusant de délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " à M. A, méconnu les dispositions des articles L. 422-1 et L. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ".

17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le préfet de l'Aisne n'a pas, en refusant un titre de séjour à M. A, méconnu les dispositions citées au point précédent.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

19. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions par un étranger, il appartient à l'autorité administrative de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, ou s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

20. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui fait état d'une présence en France depuis un peu plus de deux années à la date d'édiction de l'arrêté attaqué ainsi que de son concubinage avec une ressortissante française, ne suit actuellement aucune formation, ainsi que cela vient d'être exposé au point 15. Par suite, la situation tant personnelle que professionnelle du requérant n'est pas caractéristique de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

Sur l'autre moyen dirigé contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

21. Eu égard à l'ensemble des développements qui précèdent, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont dépourvues de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux services de la gendarmerie de Wassigny :

22. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ".

23. La décision attaquée fait obligation à M. A de se présenter les mardis et vendredis à 8 heures 30 aux services de la gendarmerie de Wassigny et d'indiquer les démarches qu'il a engagées dans le cadre de la préparation de son départ du territoire français. A cet égard, si le requérant soutient que " du fait des horaires contraignants fixés par son école ", il ne peut se présenter aux jours et heures indiqués aux services de gendarmerie, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer la réalité de ses allégations ce d'autant que, comme il vient d'être dit au point 15, l'intéressé n'a pas justifié, dans le cadre de sa demande de titre de séjour, ni davantage dans celui de la présente instance, de son inscription effective au sein une quelconque formation. Par suite, les moyens tirés du caractère disproportionné et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la mesure prise en application des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction de la requête ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de l'Aisne et à Me Porcher.

Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt et Mme B, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.

La rapporteure,

Signé

P. BEAUCOURTLe président,

Signé

C. BINAND

Le greffier,

Signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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