mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304121 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PEREIRA EMMANUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2023, M. A E C, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait, dès lors que c'est à tort qu'il indique que toutes ses attaches familiales se trouvent en situation irrégulière sur le territoire français compte tenu de la présence de son oncle, ressortissant français ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. A E C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Parisi, conseillère ;
- et les observations de Me Pereira représentant M. A E C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E C, ressortissant algérien né le 7 juin 2003 est entré sur le territoire français le 11 août 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 12 octobre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 octobre 2023, dont M. A E C demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si, pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de l'Oise a notamment retenu que l'oncle de M. C, présent en France, est en situation irrégulière et a vocation à quitter le territoire français, alors même qu'il ressort des pièces du dossier que ce dernier est de nationalité française, cette erreur de fait est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que cette seule circonstance n'ouvre aucun droit au séjour au requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Oise, qui a retenu à juste titre l'inapplicabilité de ces dispositions à la situation de M. C, régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et qui a examiné sa demande au regard de son pouvoir général de régularisation, a estimé que l'intéressé ne se prévaut d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire d'admission au séjour.
5. Il ressort des pièces du dossier que si M. C se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France, où il réside depuis ses treize ans, ainsi que de la circonstance qu'il y a suivi toute sa scolarité jusqu'à l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle spécialité équipier polyvalent du commerce le 20 octobre 2022, et de sa volonté de s'insérer désormais professionnellement, ces seules circonstances ne sont pas suffisantes pour établir une intégration ancienne, intense et stable dans la société française. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de sa mère, de sa sœur et de son frère, il ressort des pièces du dossier que ces derniers ne disposent pas d'un droit au séjour, sa mère ayant de surcroît déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et son frère d'un refus de titre de séjour assorti d'une mesure d'éloignement. En outre, s'il se prévaut de la présence de son oncle, ressortissant français, qui avait été désigné, par acte de kafala, comme bénéficiaire de droit de son recueil légal, il n'établit pas l'intensité des relations qu'il entretiendrait avec ce dernier depuis sa majorité. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches en Algérie, où il a vécu jusqu'au mois d'août 2016. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, et en dépit de la durée de son séjour effectué dans des conditions irrégulières depuis sa majorité, la préfète de l'Oise n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A E C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur le montant de la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle :
7. Aux termes de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " La part contributive versée par l'Etat à l'avocat, ou à l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, choisi ou désigné pour assister plusieurs personnes dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire dans les autres matières est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire () ".
8. En l'espèce, l'arrêté attaqué par la requête de M. A E C correspond à un litige similaire à celui enregistré sous le n° 2304054 dirigé par son frère, M. B C, contre l'arrêté qui le concerne. Pour contester ces arrêtés de la préfète de l'Oise, les intéressés bénéficient de l'aide juridictionnelle totale et sont assistés par Me Pereira. En conséquence, il y a lieu de faire application des dispositions ci-dessus rappelées et d'appliquer un abattement de 30% sur le montant de l'aide juridictionnelle correspondant à la requête de M. A E C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Il est appliqué une réduction de 30 % sur le montant de la part contributive à l'aide juridictionnelle versée à Me Pereira au titre de la requête de M. A E C.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C, à la préfète de l'Oise et à Me Pereira.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme D et Mme Parisi, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
J. PARISI
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026