vendredi 15 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | Samy DJEMAOUN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 8 et 11 décembre 2023, M. E B, représenté par Me Djemaoun, demande au tribunal :
1°) de transmettre au Conseil d'Etat, en application de l'article L. 113-1 du code de justice administrative, le dossier de la présente requête en soumettant à son examen la question suivante : " le moyen tiré de l'illégalité du contrôle d'identité devient-il opérant à l'encontre d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai dès lors que ce dernier est assorti d'une mesure d'assignation à résidence et qu'aucune mesure de rétention administrative préalable n'a permis au juge des libertés et de la détention de contrôler la régularité du contrôle d'identité ' " ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays à destination duquel il doit être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence sur la commune de Creil pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui restituer son passeport ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français, le refus de délai de départ volontaire, la fixation du pays de renvoi et l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, d'une part en ce que la préfète de l'Oise ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'empêchement de M. A, signataire de l'acte par délégation, d'autre part en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;
- la préfète de l'Oise n'était pas compétente territorialement dès lors qu'il n'est pas établi que son interpellation a eu lieu dans le ressort de sa compétence territoriale ;
- la préfète de l'Oise a commis une erreur de fait en considérant qu'il a été placé en retenue pour vérification du droit au séjour, qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne dispose pas d'un contrat de travail ;
- l'arrêté est entaché d'illégalité et d'un défaut de base légale en ce que la préfète de l'Oise n'établit pas les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour édicter l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté est illégal en raison de l'illégalité de son contrôle d'identité, au regard de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation en omettant de préciser des éléments importants relatifs à sa situation personnelle et familiale ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- son droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;
En ce qui concerne spécifiquement l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne spécifiquement le refus de délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'incompétence en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;
- la décision est entachée d'une insuffisante motivation ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce que la préfète de l'Oise a considéré qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne dispose pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète de l'Oise ne fait valoir qu'il ne " justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière de nature à justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour " qu'après avoir cité l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui ne constitue pas un motif de nature à caractériser un risque de se soustraire à l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment quant au risque de soustraction à la mesure d'éloignement et à l'absence de garanties de représentation suffisantes ;
En ce qui concerne spécifiquement la fixation du pays de renvoi :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne spécifiquement l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète n'a pas tenu compte des quatre critères visés au III de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour avoir considéré, compte tenu des circonstances de l'espèce, que la durée de l'interdiction de retour d'une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- la décision a été prise par une autorité incompétente, d'une part en ce que la préfète de l'Oise ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'empêchement de M. A, d'autre part en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions portant assignation à résidence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait le champ d'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence en estimant de manière erronée qu'il ne pouvait quitter immédiatement le territoire français alors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité et peut quitter immédiatement le territoire ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce que la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence en estimant de manière erronée qu'il ne pouvait quitter immédiatement le territoire français, alors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité et peut quitter immédiatement le territoire ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'elle fixe le périmètre de l'assignation au département de l'Oise alors qu'il réside à Clichy, ce qui ne lui permet pas d'exécuter l'arrêté ;
- la décision attaquée n'est ni nécessaire, ni adaptée, ni proportionnée aux finalités poursuivies.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2023, la préfète de l'Oise conclut à la jonction des requêtes n°s 2304204, 2304207 et 2304227 et à leur rejet.
II. Par une requête enregistrée le 8 décembre 2023, M. E B, représenté par Me Djemaoun, demande au tribunal :
1°) de transmettre au Conseil d'Etat, en application de l'article L. 113-1 du code de justice administrative, le dossier de la présente requête en soumettant à son examen la question suivante : " le moyen tiré de l'illégalité du contrôle d'identité devient-il opérant à l'encontre d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai dès lors que ce dernier est assorti d'une mesure d'assignation à résidence et qu'aucune mesure de rétention administrative préalable n'a permis au juge des libertés et de la détention de contrôler la régularité du contrôle d'identité ' " ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays à destination duquel il doit être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence sur la commune de Creil pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
4°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui restituer son passeport ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français, le refus de délai de départ volontaire, la fixation du pays de renvoi et l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, d'une part en ce que la préfète de l'Oise ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'empêchement de M. A, signataire de l'acte par délégation, d'autre part en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;
- la préfète de l'Oise n'était pas compétente territorialement dès lors qu'il n'est pas établi que son interpellation a eu lieu dans le ressort de sa compétence territoriale ;
- la préfète de l'Oise a commis une erreur de fait en considérant qu'il a été placé en retenue pour vérification du droit au séjour, qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne dispose pas d'un contrat de travail ;
- l'arrêté est entaché d'illégalité et d'un défaut de base légale en ce que la préfète de l'Oise n'établit pas les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour édicter l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté est illégal en raison de l'illégalité de son contrôle d'identité, au regard de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation en omettant de préciser des éléments importants relatifs à sa situation personnelle et familiale ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- son droit d'être entendu prévu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu ;
En ce qui concerne spécifiquement l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne spécifiquement le refus de délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'incompétence en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire ;
- la décision est entachée d'une insuffisante motivation ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce que la préfète de l'Oise a considéré qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète de l'Oise ne fait valoir qu'il ne " justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière de nature à justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour " qu'après avoir cité l'article
L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui ne constitue pas un motif de nature à caractériser un risque de se soustraire à l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment quant au risque de soustraction à la mesure d'éloignement et à l'absence de garanties de représentation suffisantes ;
En ce qui concerne spécifiquement la fixation du pays de renvoi :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne spécifiquement l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète n'a pas tenu compte des quatre critères visés au III de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour avoir considéré, compte tenu des circonstances de l'espèce, que la durée de l'interdiction de retour d'une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- la décision a été prise par une autorité incompétente, d'une part en ce que la préfète de l'Oise ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'empêchement de M. A, d'autre part en ce que la délégation ne s'étend pas aux décisions portant assignation à résidence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait le champ d'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence en estimant de manière erronée qu'il ne pouvait quitter immédiatement le territoire français alors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité et peut quitter immédiatement le territoire ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce que la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence en estimant de manière erronée qu'il ne pouvait quitter immédiatement le territoire français, alors qu'il dispose d'un passeport en cours de validité et peut quitter immédiatement le territoire ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en fixant le périmètre de l'assignation au département de l'Oise alors qu'il réside à Clichy, ce qui ne lui permet pas d'exécuter l'arrêté ;
- la décision attaquée n'est ni nécessaire, ni adaptée ni proportionnée aux finalités poursuivies.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2023, la préfète de l'Oise conclut à la jonction des requêtes n° 2304204, 2304207 et 2304227 et à leur rejet.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été présentée le 11 décembre 2023 dans le dossier de la requête n° 2304207.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9, L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5,
L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- les observations de Me Djemaoun, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre que la retenue administrative a duré plus de 24 heures, que le champ matériel de la délégation de signature de la préfète de l'Oise, en mentionnant l'ensemble des décisions et procédures du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est trop général et insuffisamment précis, que s'agissant de l'assignation à résidence la préfète de l'Oise a commis une erreur de fait, n'a pas examiné sérieusement sa situation s'agissant de son lieu de résidence et a commis une erreur manifeste d'appréciation, que la préfète n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation s'agissant du refus de délai de départ volontaire,
- et les observations de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 7 janvier 2004, est entré sur le territoire français le 9 avril 2023. Le 5 décembre 2023, à la suite d'un contrôle d'identité judiciaire sur la commune de Creil, il a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit de circulation ou de séjour. Par la présente requête, M. B demande l'annulation, d'une part, de l'arrêté du
6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays à destination duquel il doit être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, d'autre part, de l'arrêté du même jour par lequel la préfète de ce même département l'a assigné à résidence sur la commune de Creil pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2304207 et 2304227 ont été introduites par le même requérant, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
3. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. D A, sous-préfet de Beauvais, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Contrairement à ce que soutient le requérant, la circonstance que cet arrêté confère à M. A compétence pour signer toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'entache pas cette délégation d'insuffisance de précision, eu égard en particulier à la qualité du délégataire. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, la délégation de signature consentie à M. A comprend les décisions refusant d'accorder un délai de départ volontaire. Enfin, M. B ne peut en tout état de cause utilement soutenir que la préfète de l'Oise ne rapporte pas la preuve de l'absence ou de l'empêchement de M. A, dès lors que l'intéressé est le signataire de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, dès lors qu'il ressort du procès-verbal de vérification du droit de circulation ou de séjour du requérant, établi le 5 décembre 2023, que le contrôle d'identité dont l'intéressé a fait l'objet, à l'origine de l'arrêté attaqué, a eu lieu sur le territoire de la commune de Creil dans le département de l'Oise, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Oise n'était pas territorialement compétente pour prendre l'arrêté attaqué en raison de ce que son interpellation n'a pas eu lieu dans le ressort de sa compétence territoriale.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger doit être en mesure de présenter les pièces ou documents sous le couvert desquels il est autorisé à circuler ou à séjourner en France à toute réquisition d'un officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale et, sur l'ordre et sous la responsabilité de celui-ci, des agents de police judiciaire et agents de police judiciaire adjoints mentionnés à l'article 20 et au 1° de l'article 21 du code de procédure pénale, dans les conditions prévues à la présente section ". Aux termes de l'article L. 812-2 du même code : " Les contrôles des obligations de détention, de port et de présentation des pièces et documents prévus à l'article L. 812-1 peuvent être effectués dans les situations suivantes : / () / 2° A la suite d'un contrôle d'identité effectué en application des articles 78-1 à 78-2-2 du code de procédure pénale, selon les modalités prévues à ces articles, si des éléments objectifs déduits de circonstances extérieures à la personne même de l'intéressé sont de nature à faire apparaître sa qualité d'étranger ; / () ". Aux termes de l'article L. 813-1 de ce code : " Si, à l'occasion d'un contrôle mentionné à l'article L. 812-2, il apparaît qu'un étranger n'est pas en mesure de justifier de son droit de circuler ou de séjourner en France, il peut être retenu aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français. Dans ce cadre, l'étranger peut être conduit dans un local de police ou de gendarmerie et y être retenu par un officier de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale ". Enfin, l'article L. 813-3 dispose que : " L'étranger ne peut être retenu que pour le temps strictement exigé par l'examen de son droit de circulation ou de séjour et, le cas échéant, le prononcé et la notification des décisions administratives applicables. La retenue ne peut excéder vingt-quatre heures à compter du début du contrôle mentionné à l'article L. 812-2. / () ".
6. Les mesures de contrôle et de retenue que prévoient ces dispositions sont uniquement destinées à la vérification du droit de séjour et de circulation de l'étranger qui en fait l'objet et sont placées sous le contrôle du procureur de la République. Elles sont distinctes des mesures par lesquelles le préfet fait notamment obligation à l'étranger de quitter le territoire français. Dès lors, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité des conditions du contrôle qui a, le cas échéant, précédé l'intervention de mesures d'éloignement d'un étranger en situation irrégulière, y compris lorsque ces mesures s'accompagnent d'une mesure d'assignation à résidence. Les conditions dans lesquelles M. B a été contrôlé le 5 décembre 2023 puis a fait l'objet d'une retenue administrative jusqu'au lendemain, en application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont ainsi sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la retenue administrative litigieuse, qui a débuté le 5 décembre 2023 à 12h00 pour s'achever au plus tard le lendemain à 11h25 au moment de la notification du second arrêté attaqué, n'a pas excédé vingt-quatre heures. Par suite, les moyens invoqués par M. B tirés, d'une part, de l'illégalité de l'arrêté attaqué en raison de l'illégalité de son contrôle d'identité au regard de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, de ce que la retenue administrative dont il a fait l'objet a excédé vingt-quatre heures, doivent être écartés comme inopérants, sans qu'il soit besoin de transmettre au Conseil d'Etat, en vertu de l'article L. 113-1 du code de justice administrative, la question objet des conclusions visées au 1°) de chacune des requêtes.
7. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : "'Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union°". Aux termes du paragraphe 2 du même article : "'Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ()'". Si l'article 41 de la charte précitée s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense.
8. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
9. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal d'audition établi le
5 décembre 2023 dans cadre de la vérification du droit de circulation et de séjour de l'intéressé, produit en défense, que M. B a été entendu par les services de police, notamment sur sa situation administrative en France et sur l'éventualité, sur laquelle il lui a été demandé s'il avait des observations à formuler, de faire l'objet d'une décision d'éloignement à destination de son pays d'origine, éventuellement assortie d'une assignation à résidence, d'une interdiction de retour en France et d'un placement en rétention administrative pour une durée n'excédant pas
90 jours. En outre, et en tout état de cause, le requérant ne démontre pas ni même n'allègue qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu préalablement à l'intervention de décisions qui l'affecteraient défavorablement doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :
1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
11. En l'espèce, l'arrêté en litige vise et mentionne les textes dont il fait application, notamment le 2° de l'article L. 611-1, le 3° de l'article L. 612-2 et l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs la préfète de l'Oise, qui n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'étranger faisant l'objet notamment d'une obligation de quitter le territoire français, précise en particulier que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa expiré le 17 mai 2023 sans être titulaire d'un premier titre de séjour régulièrement délivré, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il est célibataire sans enfant à charge et ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes en ce qu'il ne peut justifier de la possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il se réclame de la nationalité algérienne, qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou encore, s'agissant plus spécifiquement de l'interdiction de retour, que la durée de son séjour en France n'est pas particulièrement importante, que l'intéressé a des attaches familiales en France auprès de qui sa présence n'est pas indispensable, qu'il ne justifie pas d'une intégration notable dans la société française, que ses liens avec la France ne sont pas particulièrement anciens, intenses et stables, qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il n'est pas défavorablement connu et que sa présence ne semble pas présenter de menace particulière pour l'ordre public. Par suite, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation invoqué à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
12. En sixième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que la préfète de l'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de sa situation personnelle et familiale avant de prendre les décisions attaquées.
13. En septième lieu, M. B soutient que la préfète de l'Oise a commis une erreur de fait en considérant qu'il a été placé en retenue pour vérification de son droit au séjour, qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il ne dispose pas d'un contrat de travail. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé a bien été placé en retenue pour vérification de son droit de séjour et de circulation, ainsi que cela ressort d'ailleurs également de ce qui a été dit au point 6. Par ailleurs, si M. B justifie effectivement, contrairement à ce qui est indiqué dans l'arrêté attaqué, être titulaire d'un passeport algérien valable pendant une durée de cinq ans jusqu'en octobre 2026 ainsi que d'un contrat à durée indéterminée conclu à compter du 17 novembre 2023 avec la société Creil Auto Pièces, cette circonstance est cependant sans incidence sur la légalité des décisions attaquées dès lors notamment qu'eu égard à l'ensemble des motifs retenus par la préfète de l'Oise, il ressort des pièces et des circonstances du dossier que celle-ci aurait pris la même décision en se fondant sur la situation exacte du requérant. Le moyen tiré de l'erreur de fait, pris en ses différentes branches, doit par suite être écarté.
14. En huitième lieu, en se bornant à soutenir que l'arrêté est entaché d'illégalité et d'un défaut de base légale en ce que la préfète n'établit pas les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour édicter l'arrêté attaqué, sans en particulier distinguer un tel moyen des erreurs de fait examinées au point 13, M. B n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne spécifiquement l'obligation de quitter le territoire français :
15. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
16. M. B, entré en France le 9 avril 2023 à l'âge de 19 ans, est célibataire sans enfant à charge et est hébergé à Clichy dans le département des Hauts-de-Seine chez son frère Mehdi B, titulaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans valable jusqu'en 2031. Il fait valoir que l'intégralité de sa famille est désormais en France, qu'il souhaite y demeurer pour construire sa vie familiale et professionnelle, qu'il travaille et ne constitue pas une charge pour la société dans la mesure où il est soutenu par les membres de sa famille présents en France. Si au soutien de ses allégations il produit les titres d'identité et certificats de résidence algériens des membres de sa famille desquels il ressort que ses oncles et tantes ainsi que sa grand-mère maternels sont de nationalité française ou en situation régulière, les attestations rédigées par les intéressés concernant leurs liens avec le requérant ou sa prise en charge financière apparaissent cependant insuffisamment circonstanciées. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition de l'intéressé qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où résident toujours ses parents. Par ailleurs, s'il justifie occuper un emploi de " vendeur d'exécution " à temps partiel depuis le 17 novembre 2023 au sein de la société Creil Auto Pièces, sous contrat à durée indéterminée, une telle activité est récente. Dans ces conditions, eu égard en particulier à la situation personnelle et familiale de M. B et à son entrée récente en France, et nonobstant la circonstance qu'il n'est pas défavorablement connu et que sa présence ne semble pas présenter de menace particulière pour l'ordre public, la préfète de l'Oise ne peut être regardée en l'espèce comme ayant porté au doit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la mesure d'éloignement a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, la préfète de l'Oise n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé.
En ce qui concerne spécifiquement le refus de délai de départ volontaire :
17. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait en ce que la préfète de l'Oise a considéré qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13. Par ailleurs, le requérant ne peut utilement soutenir que la préfète aurait également commis une erreur de fait en considérant qu'il ne dispose pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale dès lors que la décision attaquée n'est pas fondée sur un tel motif.
18. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète de l'Oise ne fait valoir qu'il ne " justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière de nature à justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour " qu'après avoir cité l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui ne constitue pas un motif de nature à caractériser un risque de se soustraire à l'obligation de quitter le territoire français. Toutefois, il ne ressort pas de la décision attaquée que la préfète de l'Oise se serait fondé sur un tel motif pour refuser d'accorder au requérant un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
19. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1,
L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
20. Il ressort des pièces versées aux débats que M. B dispose d'un passeport en cours de validité et d'une adresse certaine, située 53 Boulevard Victor Hugo à Clichy (92110) chez son frère qui l'héberge, adresse qu'il a d'ailleurs déclarée au service de police ainsi qu'en atteste le procès-verbal d'audition du 5 décembre 2023 concernant la vérification de son droit de circulation et de séjour. Par suite, le requérant est fondé à soutenir qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes et que, dans la mesure où elle a retenu l'absence de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et une adresse chez son frère à Clichy pour estimer que pouvait être regardé comme établi le risque de soustraction à la mesure d'éloignement, la préfète de l'Oise a commis une erreur d'appréciation. Toutefois, la préfète de l'Oise a également fondé le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire sur un second motif, de nature à lui-seul à justifier la décision attaquée et tiré, au regard des dispositions précitées du 2° de l'article
L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa, qui expirait en l'espèce le 17 mai 2023, et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, ce qui n'est pas contesté. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet et en refusant, pour ce motif, de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne spécifiquement la fixation du pays de destination :
21. Dans la mesure où aucun des moyens invoqués par le requérant n'emporte l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, celui-ci n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 6 décembre 2023 par lesquelles la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé l'Algérie comme pays de destination.
En ce qui concerne spécifiquement l'interdiction de retour sur le territoire français :
23. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
24. En l'espèce, nonobstant son entrée récente en France, l'intéressé cherche à s'insérer professionnellement, ainsi qu'il l'a indiqué à l'audience assisté d'un membre de sa famille, et exerce depuis le 17 novembre 2023 une activité professionnelle sous contrat à durée indéterminée. Il dispose d'attaches familiales en France, en particulier son frère chez qui il réside, ainsi que de nombreux oncles et tantes et une grand-mère maternels, qui ont la nationalité française ou sont titulaires d'un certificat de résidence algérien. En outre, l'intéressé produit le certificat de résidence algérien valable de 1974 à 1980, délivré par le préfet de police, dont était titulaire son grand-père paternel, M. C B. Par ailleurs, l'intéressé n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, n'est pas connu défavorablement et ne semble pas représenter pas une menace pour l'ordre public. Par suite, dans les circonstances de l'espèce,
M. B est fondé à soutenir que la préfète de l'Oise a commis une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
25. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués à l'encontre de cette décision, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 6 décembre 2023 par laquelle la préfète de l'Oise a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :
26. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / () ".
27. En l'espèce par l'arrêté attaqué, qui indique que M. B est domicilié sur la commune de Creil (60), la préfète de l'Oise a assigné l'intéressé à résidence sur cette commune pour une durée de quarante-cinq jours, l'a obligé à se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de Creil et lui a fait interdiction de sortir du département de l'Oise, alors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du 5 décembre 2023 établi à la suite de la vérification du droit de circulation et de séjour du requérant, de l'arrêté attaqué du
6 décembre 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, de l'attestation d'hébergement du 5 décembre 2023 établie par son frère chez qui il réside ainsi que du premier bulletin de salaire du requérant, que l'intéressé vit à Clichy, dans le département des Hauts-de-Seine (92), et non à Creil (60). Il s'ensuit que M. B est fondé à soutenir que l'arrêté l'assignant à résidence à Creil et fixant les modalités d'exécution de cette mesure est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
28. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence sur la commune de Creil pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure, que M. B est fondé à demander l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
29. Le présent jugement, qui annule les mesures d'interdiction de retour sur le territoire français et d'assignation à résidence, implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise de restituer à M. B son passeport, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :
30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, le versement à M. B d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 décembre 2023 par laquelle la préfète de l'Oise a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel elle l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, de restituer à M. B son passeport.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n°s 2304207 et 2304227 est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F. Wavelet
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°s 2304207 et 2304227
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026