jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Gozlan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour revêtu de la mention "salarié" ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, dès lors qu'il est employé en vertu d'un contrat de travail depuis le 13 mars 2023 pour lequel son employeur a présenté une demande d'autorisation de travail ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, compte tenu de son intégration au sein de la société française et du caractère isolé des faits délictuels qui lui sont reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 janvier 2024, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure, a été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien, né le 12 février 2002, déclare être entré en France en septembre 2018. Il a présenté, le 20 juin 2023, une demande de renouvellement du titre de séjour revêtu de la mention " salarié " qui lui avait été délivré le 8 novembre 2022 et arrivant à expiration le 2 août 2023. Par un arrêté du 14 novembre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention " salarié ".
3. M. A a été recruté en qualité d'employé polyvalent de restauration sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 13 mars 2023. S'il se prévaut des démarches entreprises par son employeur en vue d'obtenir le visa de ce contrat de travail, il ressort des pièces du dossier, sans que cela ne soit contesté par l'intéressé, que les services instructeurs de cette demande l'ont clôturée, faute d'avoir obtenu, en dépit des relances adressées à l'employeur à cette fin, les documents utiles à son analyse. Par suite, et sans qu'ait d'incidence la circonstance qu'il avait précédemment obtenu un titre de séjour revêtu de la mention "salarié", délivré à raison d'un précédent contrat de travail, conclu avec un autre employeur et pour exercer une profession différente, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté qu'il conteste est intervenu en méconnaissance des stipulations citées au point précédent.
4. En second lieu, M. A, qui est entré sur le territoire français alors qu'il était encore mineur, a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de l'Aisne le 1er octobre 2018. Après avoir fait l'objet d'un rappel à la loi, par décision du 22 mai 2019, à raison de faits de violence envers un autre mineur non accompagné commis le 10 décembre 2018, l'intéressé ne conteste pas plus les faits de vol simple, violences volontaires sur personne chargée d'une mission de service public et dégradation de bien privé commis le 19 septembre 2023. Enfin, il ne ressort ni de ce qui a été exposé de sa situation au point 3, ni des pièces du dossier d'éléments de nature à établir l'intégration particulière dont l'intéressé se prévaut. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché l'arrêté contesté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026