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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400157

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400157

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400157
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMALIK FAZAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 15 janvier 2024, enregistrée le 16 janvier 2024 au greffe du tribunal, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal, en application de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B D.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Lille le 2 janvier 2024, une pièce complémentaire enregistrée le 10 janvier 2024, et un mémoire complémentaire enregistré au greffe du tribunal administratif d'Amiens le 18 janvier 2024, M. D, représenté Me Malik Fazal, avocate commise d'office, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er janvier 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2024 par lequel le préfet de la Somme l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Somme de procéder à nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté du 1er janvier 2024 pris dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il a été notifié en l'absence d'interprète ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- sa durée est entachée d'une erreur d'appréciation ;

En ce qui concerne l'arrêté du 5 janvier 2024 portant assignation à résidence :

- il doit être annulé par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet de la Somme qui a produit des pièces le 18 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fumagalli, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Fumagalli.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant marocain né le 29 janvier 1982, est entré en France le

7 mai 2009 muni d'un visa court séjour. L'intéressé a fait l'objet d'une interpellation par les services de gendarmerie de la Somme le 1er janvier 2024 à l'issue de laquelle par un arrêté du même jour, le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du 5 janvier 2024, la même autorité a assigné M. D à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. D demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : "Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () "

3. M. D a bénéficié de l'assistance d'une avocate commise d'office. Il n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 1er janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de renvoi et interdisant le retour sur le territoire français :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. A C, directeur de cabinet du préfet de la Somme. Il ressort des pièces produites en défense que l'intéressé disposait d'une délégation de signature en application d'un arrêté du préfet de la Somme du 31 juillet 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, l'autorisant à signer en cas d'absence ou d'empêchement de M. Emmanuel Moulard, secrétaire général, " toutes les décisions () en matière de police des étrangers ". Alors que le requérant n'établit pas que ce dernier n'était ni absent ni empêché, M. A C pouvait donc légalement signer la décision litigieuse. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. "

6. La décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 3° de l'article L. 611-1, et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que

M. D est dépourvu de titre de séjour et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 15 novembre 2013 à laquelle il n'a pas déféré. En application de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.

7. En troisième lieu, les conditions de notification de la décision attaquée sont sans incidence sur sa légalité. Par conséquent, les allégations du requérant sur ce point sont inopérantes.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur les décisions accompagnant cette décision, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

9. Il ressort des pièces produites en défense que M. D a été entendu le 1er janvier 2024 notamment sur l'irrégularité de son séjour en France et sur l'éventualité de faire l'objet d'arrêtés l'obligeant à quitter le territoire français et l'assignant à résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu préalablement à l'édiction de la décision attaquée doit être écarté.

10. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen, qui en tout état de cause ne serait opérant qu'à l'encontre d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, ne peut être qu'écarté.

11. En sixième lieu, ux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le requérant est entré en France en 2009 et qu'il a obtenu des titres de séjour en 2009 et 2012 du fait de son mariage avec une ressortissante française. L'administration lui a toutefois refusé le renouvellement de son titre de séjour le 15 novembre 2013 dès lors que M. D ne satisfait plus aux conditions sur ce fondement, la communauté de vie ayant cessé. Si le requérant allègue en réplique être marié, il ressort du procès-verbal d'audition de l'intéressé qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. D a déclaré être célibataire et sans charge de famille. Par ailleurs, en dépit de l'ancienneté de séjour dont il se prévaut, il ne produit aucune pièce établissant des liens intenses et stables en France, et notamment les liens familiaux allégués. Enfin, le requérant n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. D, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen afférent doit donc être écarté.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point précédent, le préfet de la Somme n'a pas entaché sa décision d'un erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. D.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, la délégation de signature accordée à M. A C, s'étend aux décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

15. En second lieu, la décision vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont l'article L. 612-2. Elle indique que le préfet de la Somme s'est fondé sur la circonstance qu'il existe un risque que M. D se soustraie à la décision à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Dans ces conditions, la décision est suffisamment motivée. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.

16. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative ne peuvent être utilement invoquées et sont sans incidence sur celle-ci. Les allégations du requérant sur ce point sont donc inopérantes.

17. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision litigieuse est fondée à tort sur la circonstance qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, le préfet n'ayant pas retenu ce motif, ainsi qu'il a été dit au point 15.

18. En cinquième lieu, il est constant que M. D s'est maintenu en France malgré l'obligation de quitter le territoire français qui lui avait été notifiée en 2013. Par ailleurs, il ressort des pièces produites par le préfet de la Somme que M. D a déclaré lors de son audition vouloir rester en France. Dans ces conditions, le préfet de la Somme n'a pas fait une inexacte application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen afférent doit donc être écarté.

19. En dernier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant écartés, le moyen tiré de ce que la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, la délégation de signature accordée à M. A C, s'étend aux décisions refusant fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

21. En second lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment son article 3. Elle précise que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont le pays dont M. D a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il sera légalement admissible. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante doit donc être écarté.

22. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des conditions de notification de la décision attaquée.

23. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

24. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il ne peut être qu'écarté.

25. En dernier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant écartés, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement doit être écarté.

En ce qui concerne la décision interdisant le retour sur le territoire français :

26. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, la délégation de signature accordée à M. A C, s'étend aux décisions interdisant le retour sur le territoire français. Le moyen afférent doit donc être écarté.

27. En second lieu, la décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision indique que M. D ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière et que l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

28. En troisième lieu, les allégations du requérant quant à la notification de la décision litigieuse sont inopérantes.

29. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement (). ".

30. Compte tenu de tout ce qui précède, et notamment des conditions de séjour en France de M. D, et de l'absence en l'espèce de considération humanitaire, le préfet de la Somme n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour à un an. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être qu'écarté.

31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 1er janvier 2024 du préfet de la Somme doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté du 5 janvier 2024 portant assignation à résidence :

32. Les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant écartés, le moyen tiré de ce que l'arrêté portant assignation à résidence doit être annulé par voie de conséquence de l'illégalité de la décision obligeant M. D à quitter le territoire doit être écarté.

33. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 5 janvier 2024 du préfet de la Somme assignant M. D à résidence doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.

34. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Malik Fazal et au préfet de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

Le magistrat désigné,

Signé :

E. FUMAGALLILa greffière,

Signé :

S. GRARE

La République mande et ordonne au préfet de la Somme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400157

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