jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PEREIRA EMMANUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2024, M. B A, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 9 février 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités portugaises en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de prendre en charge l'instruction de sa demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Pereira son conseil, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision de transfert attaquée méconnaît l'article 9 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dès lors que sa mère, qui l'héberge, a été admise au séjour en France en qualité de réfugiée et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa situation justifie dans ces conditions la mise en œuvre des dispositions de l'article 17 de ce règlement.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les décisions relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, magistrat désigné,
- et les observations de Me Pereira représentant M. A qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens à l'exception de celui tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 du règlement communautaire du 26 juin 2013 dès lors que sa mère n'a pas été admise au séjour en qualité de réfugiée avant d'être naturalisée française.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérian, né le 24 mai 2002, a présenté le 7 novembre 2023 une demande d'asile auprès des services de la préfecture de l'Oise. La consultation du système d'information " Visabio " a fait apparaître, à cette occasion, qu'il était entré en France muni d'un visa délivré par les autorités portugaises périmé depuis moins de six mois. Par cette requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 9 février 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile.
2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : / " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".
3. Pour soutenir que sa demande d'asile doit être examinée en France en vertu des dispositions de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013, le requérant se prévaut de la présence de sa mère, naturalisée française qu'il a retrouvée après son entrée en France en octobre 2023 et qui se déclare prête à lui apporter un soutien matériel et moral durant l'instruction de sa demande d'asile. Toutefois, les pièces du dossier ne font apparaître aucun élément caractérisant une situation de vulnérabilité de M. A, qui est célibataire sans enfant. Le requérant n'est pas francophone, n'est entré en France qu'au mois d'octobre 2023, et ne justifie pas d'attaches d'une intensité particulière avec sa mère, qui est entrée en France avant l'année 2015 dont il ne disposait pas, au demeurant, des coordonnées précises lors de sa propre son entrée en France. Il n'est pas justifié, davantage, du caractère effectif de l'hébergement de M. A par sa mère à Creil allégué depuis le 9 novembre 2023, par la seule production d'une attestation sur l'honneur en ce sens datée de la veille de l'arrêté litigieux, ce alors que l'intéressé n'établit pas qu'il a été mis fin à l'hébergement à Beauvais qu'il a accepté le 7 novembre 2023 au titre des conditions matérielles d'accueil. Dans ces circonstances, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord, en refusant de faire application des dispositions de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013, a entaché la décision de transfert en litige d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Nord et à Me Pereira.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BINANDLa greffière,
Signé
F. JOLY La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026