lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | PEREIRA EMMANUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 février 2024, enregistrée le 22 février 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal la requête, enregistrée le 20 janvier 2024, par laquelle M. B A C demande :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,54 euros par jour de retard, ou de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, magistrat désigné ;
- et les observations Me Pereira, avocate désignée d'office représentant
M. A C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant algérien né le 27 octobre 1987, a été interpellé par les services de police le 20 janvier 2024 dépourvu de titre attestant de la régularité de son séjour. Par cette requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2024, en tant que par cet arrêté, le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. E D, préfet délégué pour la défense et la sécurité, agissant dans le cadre de l'intérim des fonctions de préfet dans lesquelles il a été régulièrement nommé. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contenues dans cet arrêté ont été prises par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le préfet du Nord, qui vise dans son arrêté le 5° de l'article
L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué de manière suffisamment précise l'exposé des motifs de droit et des considérations de fait sur lesquels il s'est fondé pour prendre son arrêté, tirés notamment de ce que M. A C ne peut plus se maintenir sur le territoire français en raison de la menace à l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire français. Par suite, et alors que le préfet du Nord n'était pas tenu de décrire l'ensemble de la situation de l'intéressé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. "
5. M. A C déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2017. Il est célibataire et sans enfants à charge et ne démontre pas disposer de liens privés ou familiaux d'une intensité particulière en France alors qu'il conserve des attaches dans son pays d'origine où résident notamment ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. Il est défavorablement connu notamment pour des faits de violence et détention illicite de substances stupéfiantes et a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 15 juillet 2018 qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions, compte tenu de la durée de son séjour et de la menace à l'ordre public qu'il représente, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes raisons, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que cette mesure d'éloignement emporte sur sa situation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A C doit être rejetée, en ce compris les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 30 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026