mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | NOUVIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 février 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. A D.
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés au greffe du tribunal administratif de Lille les 7 et 9 février 2024 et un mémoire enregistré le 21 mars 2024 au tribunal administratif d'Amiens, M. A D, représenté par Me Nouvian, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu garanti par les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors que la préfète de l'Oise a estimé à tort qu'il est célibataire, qu'il est sans enfants à charge, qu'il ne justifie pas d'attaches familiales sur le territoire français et qu'il est sans domicile fixe ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors que, la décision l'obligeant à quitter le territoire français l'est également ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors que, la décision l'obligeant à quitter le territoire français l'est également ;
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors que la préfète de l'Oise a estimé à tort qu'il est célibataire, qu'il est sans enfants à charge, qu'il ne justifie pas d'attaches familiales sur le territoire français et qu'il est sans domicile fixe ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français et la décision de refus de délai de départ volontaire sont illégales ;
- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors que la préfète de l'Oise a estimé à tort qu'il est célibataire, qu'il est sans enfants à charge, qu'il ne justifie pas d'attaches familiales sur le territoire français et qu'il est sans domicile fixe ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Galle, vice-présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant turc né le 12 juin 1992 est entré en France en mars 2008 selon ses déclarations. Il a formé une demande d'asile le 11 juillet 2008, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 6 octobre 2008 confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 19 avril 2010. L'OFPRA a de nouveau rejeté sa demande d'asile par une décision du 29 novembre 2011, confirmée par la CNDA le 17 septembre 2012. Le 3 juillet 2008, le préfet des Ardennes a ordonné sa reconduite à la frontière. Par des décisions du 14 décembre 2011 et du 15 octobre 2018, M. D a fait l'objet de mesures d'obligation de quitter le territoire français auxquelles il n'a pas déféré. Le 6 février 2024, M. D a été interpellé par les services de police à l'occasion d'un contrôle d'identité. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de l'arrêté en date du 6 février 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Oise le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise sous réserve d'exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions résultant de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions légales et règlementaires sur lesquelles il se fonde notamment les articles L. 611-1, L. 611-3, L.612-1, L. 721-3 et L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne les éléments de fait relatifs à la vie privée et familiale de M. D, dont la durée de sa présence sur le territoire français, en précisant également qu'il ne justifie pas de la régularité de son entrée en France et qu'il s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par suite la décision d'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Le paragraphe 2 de ce même article prévoit que : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense.
5. M. D soutient que l'éventualité de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne lui a pas été exposée, de sorte qu'il n'a pu présenter ses observations, et fait notamment valoir qu'il n'a pas pu faire état, d'une part, de sa situation de concubinage avec une ressortissante française et d'autre part de sa présence depuis 2008 sur le territoire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que lors de son audition par les services de police de Beauvais le 6 février 2024, M. D a exposé sa situation personnelle, en déclarant notamment qu'il était célibataire et dépourvu de logement, et a été invité à présenter ses observations sur sa situation et sur la perspective d'une mesure d'éloignement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, M. D soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que la préfète de l'Oise indique, à tort, qu'il est célibataire, sans enfants à charge et sans domicile fixe. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des procès-verbaux d'audition du 6 février 2024 du commissariat de police de Beauvais que M. D a déclaré ne plus avoir d'hébergement. En outre, ainsi qu'il a été dit au point qui précède, il n'établit pas la réalité de la relation de concubinage qu'il invoque. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Si M. D se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2008 et de ses attaches familiales en France, il n'établit pas la continuité de sa résidence sur le territoire français depuis 2008. En outre, il ressort des pièces du dossier que le PACS qu'il a conclu en 2015 avec Mme B, ressortissante française, a été dissous à la demande conjointe des intéressés le 22 mai 2017. Si le requérant produit à l'instance une attestation de Mme B indiquant qu'elle héberge M. D et une autre indiquant qu'elle vit avec lui à son domicile, ces attestations peu circonstanciées ne sont assorties d'aucun document probant de nature à établir l'ancienneté, la stabilité et l'intensité de la relation de concubinage invoquée, alors que l'intéressé a déclaré lors de son audition du 6 février 2024 être célibataire et sans enfants à charge et n'avoir aucun logement. Le requérant n'établit nullement entretenir des liens avec l'enfant de Mme B, dont il produit les certificats de scolarité. En outre, M. D indique dans son procès-verbal du 6 février disposer d'attaches dans son pays d'origine où résident sept de ses frères et six sœurs. Par ailleurs, par les pièces qu'il produit, le requérant ne justifie pas d'une intégration ancienne, intense et stable dans la société française. Enfin, il est constant que M. D a fait l'objet de mesures d'éloignement les 3 juillet 2008, 14 décembre 2011 et 15 octobre 2018 auxquelles il n'a pas déféré. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète de l'Oise n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté litigieux a été pris et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
11. En deuxième lieu, la décision de refus de délai de départ volontaire, qui vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce les motifs pour lesquels l'intéressé peut être regardé comme risquant de se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet, notamment la circonstance que M. D s'est soustrait à l'exécution de mesures d'éloignement prises les 3 juillet 2008, 14 décembre 2011 et 15 octobre 2018. La préfète de l'Oise rappelle également, que M. D ne présente pas de garanties de représentation, dès lors qu'il est entré irrégulièrement en France, ne présente pas de documents de voyage en cours de validité et qu'il ne justifie pas d'un logement effectif et stable. Par suite la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée.
12. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
14. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré irrégulièrement sur le territoire français et entrait dans le cas prévu au 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel le risque de soustraction à une mesure d'éloignement peut être regardé comme établi. En outre, il n'établit pas disposer d'une résidence effective et permanente au sens de du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé ne fait pas état, hormis sa relation de concubinage qui n'est pas établie ainsi qu'il a été dit précédemment, de circonstances particulières de nature à faire regarder le risque de soustraction à la mesure d'éloignement comme non établi. Par suite, l'autorité préfectorale a légalement pu refuser d'accorder à M. D un délai de départ volontaire en application des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2, et du 1° et 8° de l'article L. 612-3 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
18. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination, qui précise la nationalité de l'intéressé et vise les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est suffisamment motivée.
19. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
20. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
21. M. D soutient qu'il a fui la Turquie en raison de ses origines kurdes et qu'il pourrait subir des atteintes à son droit à la vie ainsi que des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans ce pays. Toutefois, M. D a vu sa demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et la Cour nationale du droit d'asile. En outre, il n'apporte à l'appui de sa requête aucun élément de précision ni de justification de nature à établir la réalité des risques qu'il encourt en cas de retour en Turquie. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions et stipulations citées au point qui précède doit donc être écarté
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la décision fixant le pays de renvoi ne méconnait pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
23. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
24. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise la durée du séjour en France de l'intéressé, et indique, s'agissant de sa situation familiale, que ses attaches familiales en France ne sont pas anciennes et stables. Elle précise enfin que M. D a fait l'objet de trois mesures d'éloignement les 3 juillet 2008, 14 décembre 2011 et le 15 octobre 2018 qu'il n'a pas respecté. Par suite, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.
25. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
26. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
27. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle et familiale de M. D.
28. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
29. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J-F Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026